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Réfugiés syriens : la cuisine comme moyen d'intégration

Les résultats de plusieurs heures de travail.

Les résultats de plusieurs heures de travail.

Photo : ICI Radio-Canada / Amélie Gosselin

Radio-Canada

À Moncton, au Nouveau-Brunswick, des femmes syriennes cuisinent et vendent des mets pour s'initier au fonctionnement des petites entreprises.

Un texte d'Amélie GosselinTwitterCourriel

Depuis quelques semaines, ces nouvelles arrivantes ont un kiosque aux marchés des fermiers de Dieppe et de Moncton pour vendre des pâtisseries et des bouchées. Elles se réunissent dans une cuisine communautaire une fois par semaine pour cuisiner ces plats traditionnels syriens.

Le koubba ou kibbeh est fait d'une boule de viande recouverte de boulgour qu'on frit ensuite.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le koubba ou kibbeh est fait d'une boule de viande recouverte de boulgour qu'on frit ensuite.

Photo : ICI Radio-Canada / Amélie Gosselin

Ces femmes sont encadrées par le regroupement de développement économique et social pour les femmes syriennes, le SWESDI. L'objectif est de leur offrir une plateforme pour qu'elles développent un projet et qu'elles prennent leur place dans la communauté.

Véronica Carpenter est la présidente du SWESDI. Elle côtoie les réfugiées syriennes depuis leur arrivée. Pour elle, il était important d'offrir ce genre d'occasion aux femmes spécifiquement. « Ce sont les hommes qui ont la priorité de sortir de la maison et les femmes sont habituées d'attendre que leur mari soit là pour qu'elles sortent et maintenant, ces femmes, elles prennent l'autobus, elles viennent ici ensemble, toutes indépendantes. C'est vraiment l'indépendance qui était un de nos buts ».

Une des femmes coupe le basboussa, un gâteau à base de noix de coco et de sirop de fleur d'oranger.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des femmes coupe le basboussa, un gâteau à base de noix de coco et de sirop de fleur d'oranger.

Photo : ICI Radio-Canada / Amélie Gosselin

Il y a autant de raisons de s'impliquer dans cette cuisine collective qu'il y a de femmes participantes. Certaines viennent pour socialiser, d'autres sont motivées par la fierté de partager leur savoir culinaire. Puisqu'elles ne sont pas toutes originaires de la même région, elles découvrent de nouvelles façons d'apprêter certains mets syriens. L'une d'elles a même l'ambition d'ouvrir son propre restaurant.

Pour concocter les recettes, elles doivent s'ajuster. Le konafa, pâtisserie habituellement à base d'un fromage syrien, est créé ici grâce à un mélange de mozzarella et de ricotta. « C'est le plus près qu'on a pu trouver », souligne en riant l'une d'entre elles.

Communiquer à travers la cuisine

La nourriture permet d'échanger avec la population locale, selon l'une d'elles.

Ici, j'ai trouvé l'amour, j'ai trouvé le respect, j'ai trouvé ma famille. Maintenant je peux vivre ici. La nourriture, dans notre culture, c'est un moyen de communiquer pour dire merci, c'est une façon d'offrir quelque chose pour remercier les Canadiens de leur générosité et gentillesse.

Zakia, participante à la cuisine collective
Les tâches en cuisine sont partagées entre les femmes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les tâches en cuisine sont partagées entre les femmes.

Photo : ICI Radio-Canada / Amélie Gosselin

Puisqu'elles sont présentes aux marchés, ces nouvelles arrivantes mettent en pratique les cours de langue qu'elles suivent pendant la semaine. Véronica Carpenter constate la vitesse à laquelle elles progressent. « Cela touche le coeur, elles travaillent ensemble et je vois déjà comment elles osent parler aux gens de Moncton et ça, c'est vraiment incroyable que ça se fasse déjà, elles sont vraiment courageuses ».

Le konafa est une pâtisserie à base de fromage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le knaffa est une pâtisserie à base de fromage.

Photo : ICI Radio-Canada / Amélie Gosselin

L'argent amassé à la suite des ventes leur revient entièrement. Avec le temps, le SWESDI se retirera du projet et les femmes syriennes pourront assumer toutes seules les responsabilités.

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