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La police d'Edmonton dément l'utilisation d'un outil de surveillance controversé

Un homme marche dans une rue devant une murale avec son cellulaire à la main, noir et blanc

Le StingRay dupe les téléphones cellulaires à proximité en envoyant des signaux semblables à ceux des tours cellulaires.

Photo : Francisco Seco/Associated Press

Radio-Canada

Après avoir soutenu utiliser le système de surveillance téléphonique StingRay, la police d'Edmonton fait marche arrière et tente de démentir l'utilisation de cet outil controversé.

Dans un article publié la semaine dernière par Motherboard, une filiale du groupe Vice Media, la porte-parole du Service de police d'Edmonton, Anna Batchelor, avait déclaré que le dispositif StingRay avait été utilisé par les policiers de la ville dans le cadre d'enquêtes.

Comment fonctionne StingRay?

Le StingRay est utilisé par certaines forces policières aux États-Unis. Il dupe les téléphones cellulaires à proximité en envoyant des signaux semblables à ceux des tours cellulaires. Une fois connecté, un utilisateur de StingRay peut amasser de l'information transmise par le téléphone, comme son emplacement, ses données de transmission, ses messages textes, ses courriels et ses messages vocaux.

La police s'est depuis ravisée, faisant parvenir un communiqué à CBC News dans lequel elle tente de revenir sur ses propos. « Il y a eu un malentendu à l'interne, le Service de police d'Edmonton ne possède pas de système StingRay », est-il écrit.

Il est ajouté que les services de police ne donnent pas de détails quant à l'équipement utilisé dans la surveillance électronique ni sur les techniques d'enquête qu'ils emploient. « Le Service de police d'Edmonton ne peut donc pas fournir de plus amples informations sur ce sujet », est-il noté.

L'appareil de surveillance téléphonique controversé, StingRay.

L'appareil de surveillance téléphonique controversé, StingRay.

Photo : U.S. PATENT AND TRADEMARK OFFICE/THE ASSOCIATED PRESS

Une surveillance silencieuse

Quand un cellulaire est intercepté par un dispositif StingRay, la police accède aux identifiants de la carte SIM du téléphone, son emplacement et, parfois, les appels et les messages texte.

Quelqu'un qui utilise StingRay peut le mettre quelque part ou le porter sur soi et celui-ci intercepte toutes les données qui se passent autour.

Tom Keenan, professeur, Université de Calgary, chercheur à l'Institut canadien des affaires mondiales

D'après le chercheur à l'Institut canadien des affaires mondiales, Tom Keenan, la police justifie son utilisation en disant que cela lui permet d'arrêter des délinquants.

L'utilisation de ce dispositif est désormais répandue et connue aux États-Unis, mais son arrivée au Canada demeure assez opaque, selon l'expert, et la plupart des services de police refusent de confirmer s'ils le possèdent ou non.

Un problème pour le respect de la vie privée

Bien que le dispositif serve aux policiers, cette technologie pose des problèmes de confidentialité et d'atteinte à la vie privée, explique Tom Keenan. Avec StingRay, la police a accès à toutes les données personnelles d'un cellulaire intercepté.

« Aux États-Unis, il existe des règles disant qu'il faut détruire les informations après l'enquête, mais pas au Canada. Le gouvernement peut donc garder des informations personnelles pendant des années », regrette-t-il.

D'après Tom Keenan, ces règles fédérales sur la surveillance téléphonique ont besoin d'être revues afin que cette surveillance abusive ne soit utilisée qu'en dernier recours.

Alberta

Justice et faits divers