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Où les gens sont-ils le moins actifs? La réponse en carte

Alain Labelle
Mis à jour le 

Au moment où la planète a les yeux tournés vers les Jeux olympiques, symbole même de l'activité physique, la population mondiale se sédentarise au point où certains experts parlent maintenant d'une pandémie. État des lieux.

À l'échelle planétaire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que 23 % des adultes n'étaient pas suffisamment actifs en 2010. Le pourcentage d'inactivité dépasse même 50 % dans certains pays comme la Malaisie, l'Arabie saoudite, ou la Colombie.

Carte de l'inactivité par pays.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pourcentage d'inactivité par pays

Photo : Radio-Canada / Carto/OMS

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

Planète sédentaire

Des travaux menés par la Dre I-min Lee de l'École de médecine de l'Université Harvard, publiés en juillet dans The Lancet (Nouvelle fenêtre), montrent que le manque d'activité physique est associé à plus de 5 millions de décès par année dans le monde.

La sédentarité serait ainsi responsable d'un décès sur dix, à peu près autant que le tabac ou l'obésité. Elle est également directement liée aux maladies non transmissibles (le diabète, le cancer, et les maladies cardiaques) qui affectent la santé en général des populations.

Recommandations de l'OMS

  • Jeunes : au moins 60 minutes d'activité physique d'intensité modérée par jour;
  • Adultes : au moins de 150 minutes d'activité modeste par semaine ou 75 minutes d'activité soutenue.

« Notre mode de vie a complètement changé en l'espace de quelques décennies », note Suzanne Laberge, anthropologue et professeure en sociologie de l'activité physique et du sport au Département de kinésiologie de l'Université de Montréal.

Il y a cette image éloquente [...] où l'on voit l'homme des cavernes évoluer pour devenir un homme sédentaire accroupi devant son ordinateur. Cette image vaut mille mots.

Suzanne Laberge, professeure 

Les niveaux actuels d'inactivité s'expliquent notamment par une plus grande sédentarité au travail à la maison et un recul de l'exercice physique pendant les temps de loisirs.

L'utilisation des modes de transport « passifs », comme la voiture et l'autobus, est aussi associée à l'inactivité. C'est le cas en Chine, où l'automobile prend de plus en plus de place par rapport à la bicyclette. En Inde, la situation semble moins préoccupante parce que le transport actif reste le plus utilisé.

De plus, l'urbanisme décourage parfois les déplacements à pied (fin des commerces de proximité, disparition des trottoirs, etc.). La nature même de nos échanges (Internet, téléphonie) réduit aussi les rencontres, les jeux, les loisirs actifs, la danse et les activités sociales.

Quand riche rime avec sédentaire

Chez les individus qui ont des revenus élevés, 26 % des hommes et 35 % des femmes ont une activité physique insuffisante, contre 12 % des hommes et 24 % des femmes qui ont des revenus faibles.

Cette réalité peut possiblement s'expliquer par un plus grand nombre d'heures passées au bureau devant un ordinateur et le recours à un mode de transport passif pour s'y rendre.

Suzanne Laberge, professeure 

La situation canadienne

Les données publiées par l'OMS montrent que le pourcentage d'inactivité des Canadiens est de 23,2 %. Ce qui se compare aux taux d'inactivité en Australie et en France (23,8 %) ou encore en Allemagne (21 %). Les Canadiens se trouvent quelque part au milieu du « palmarès » de l'inactivité.

La professeure Laberge précise toutefois que le recours à une moyenne nationale pour comparer les pays entre eux peut être intéressant, mais ne permet pas d'établir de réelle comparaison ou d'expliquer les différences entre pays.

Une moyenne ne tient pas compte des écarts au sein d'une population, et c'est là qu'est le nerf de la guerre. C'est la source des inégalités sociales.

Suzanne Laberge, professeure

Ces inégalités (du revenu, d'accès aux soins de santé, au logement et aux loisirs) peuvent avoir des répercussions sur l'activité physique de certains groupes, ce que ne précise pas une moyenne.

Comment convaincre les gens de bouger?

Malheureusement, il n'existe aucune recette miracle pour faire bouger les gens. Le professeur Gregory Heath de l'Université du Tennessee, qui a étudié des campagnes de sensibilisation menées entre 2001 et 2011, estime que les messages les plus efficaces sont les campagnes de presse ou les phrases-chocs comme « monter à pied plutôt qu'en ascenseur ». Il pense que la création de clubs de randonnée et de pistes cyclables ou l'interdiction ponctuelle des centres-villes aux voitures peut également aider.

L'OMS a adopté sa Stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé en 2004. Elle décrit les mesures à prendre pour accroître l'activité physique dans le monde. Des politiques et plans tendant à renverser le phénomène de la sédentarité ont été élaborés dans près de 80 % des États membres de l'OMS, mais ne sont en place que dans 56 % de ces pays. 

Le saviez-vous?

Les problèmes de santé liés au manque d'activité physique représentaient un coût de 89 milliards de dollars en 2013 dans le monde, selon une étude publiée dans The Lancet (Nouvelle fenêtre).

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