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Ces républicains tentés par le candidat libertarien

Les explications de Raphaël Bouvier-Auclair

Depuis plusieurs jours, des républicains insatisfaits de la candidature de Donald Trump affirment qu'ils ne voteront pas pour lui aux élections présidentielles de novembre. Tous ne sont toutefois pas prêts à appuyer la démocrate Hillary Clinton. Certains se tournent donc vers le candidat d'un tiers parti, le Parti libertarien.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Créé il y a quelques semaines sur Facebook, le nom de la page ne pourrait pas être plus clair : Républicains pour Gary Johnson. Une invitation lancée aux républicains déçus par la candidature de Donald Trump pour qu'ils donnent leur vote au candidat du Parti libertarien en novembre.

Le Texan qui a créé cette page, Dave Nalle, est républicain depuis environ 25 ans.

Je sens que le Parti républicain m'a trahi et plusieurs personnes ressentent la même chose. Le parti a la responsabilité d'avoir des candidats qui représentent ses meilleures valeurs.

Dave Nalle, républicain appuyant Gary Johnson

Il ne se reconnaît pas du tout dans les propositions de Donald Trump pour limiter l'immigration ou revoir des accords de libre-échange.

Pour des raisons similaires, Gary Teal de Washington a aussi décidé d'appuyer le candidat libertarien en vue de l'élection présidentielle. Ce républicain de longue date était membre de l'exécutif du parti pour la région de la capitale américaine. Il a démissionné lors de la convention, ne voulant pas être associé à Donald Trump.

C'est un peu comme votre oncle bizarre avec qui vous devez être dans vos fêtes de famille. Vous êtes toujours embarrassé par ce qu'il dit.

Gary Teal, républicain appuyant Gary Johnson
Des partisans de Gary JohnsonDes partisans de Gary Johnson Photo : Reuters / Patrick Fallon

Qui est Gary Johnson?

Le candidat libertarien qui courtise les électeurs qui ne veulent pas voter pour Donald Trump a lui-même été républicain.

Gouverneur du Nouveau-Mexique de 1995 à 2003, Gary Johnson a quitté son ancienne formation et s'est présenté pour le Parti libertarien aux élections présidentielles de 2012.

Par ses positions économiques, en faveur du libre-échange et des diminutions de taxes et d'impôts, Gary Johnson veut certainement convaincre des électeurs républicains de voter pour lui.

Mais, tout comme la candidate du Parti vert, Jill Stein, il tente aussi de séduire des démocrates désillusionnés. Johnson s'affiche contre les interventions militaires et en faveur de la légalisation de la marijuana.

Le défi du vote stratégique

Fondé au début des années 1970, le Parti libertarien n'a jamais réussi à s'imposer lors d'une élection présidentielle.

Malgré la nature du système américain où deux grands partis s'opposent, certains croient que cette élection présidentielle peut être différente. Tant le candidat républicain que son opposante démocrate sont peu populaires auprès de l'électorat. 

« C'est l'occasion pour le Parti libertarien d'avoir un plus grand impact », note Bruce Majors, militant de cette formation politique.

Le grand défi pour le parti demeure de se faire entendre. Pour que Gary Johnson puisse participer aux débats nationaux aux côtés de Donald Trump et de Hillary Clinton, sa candidature doit atteindre 15 % dans les sondages.

Ensuite, les libertariens doivent convaincre les républicains que s'ils votent pour le candidat, ils ne donneront pas un coup de main à Hillary Clinton.

« Si vous vivez dans un comté d'un État-clé, vous aurez peut-être un impact », reconnaît le libertarien Bruce Majors, qui ajoute que dans la plupart des États, il y a déjà une forte tendance pour l'un des deux grands partis.

Un président devenu indépendant

Le système politique américain est reconnu pour être bipartite. Dans ce contexte, il est difficile pour un candidat d'un tiers parti de s'imposer lors d'une élection présidentielle.

Cela n'a pas empêché l'ancien président Théodore Roosevelt de le faire en 1912 sous la bannière progressiste. Il avait alors obtenu 27,4 % du vote populaire, terminant la course devant le candidat républicain, son ancienne formation politique, mais derrière les démocrates de Woodrow Wilson.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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