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La nouvelle Constitution thaïlandaise adoptée par référendum

Le premier ministre de la Thaïlande, Prayuth Chan-ocha, dépose son vote.

Le premier ministre de la Thaïlande, Prayuth Chan-ocha, dépose son vote.

Photo : Reuters/Jorge Silva

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Thaïlandais ont voté dimanche en faveur de la nouvelle Constitution voulue par la junte militaire au pouvoir depuis 2014, qui permettra à l'armée de contrôler les futurs gouvernements. C'est ce que montrent les résultats quasiment définitifs du référendum.

D'après un décompte effectué après dépouillement de 94 % des suffrages et diffusé par la commission électorale, 61,4 % des électeurs ont voté en faveur de la nouvelle loi fondamentale, et 37,9 % l'ont rejetée. Les résultats complets sont attendus mercredi.

La junte, connue formellement sous le nom de Conseil national pour la paix et l'ordre (CNPO) et dirigée par le premier ministre Prayuth Chan-ocha, a interdit tout débat et toute campagne sur cette Constitution.

Les autorités militaires ont interpellé et inculpé des dizaines de personnes qui s'étaient opposées à ce texte, notamment des étudiants et des responsables politiques.

Les militaires expliquent que cette Constitution permettra de réduire les querelles politiques qui minent le pays depuis plus de 10 ans et qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Les adversaires du projet ont dénoncé un texte visant à garantir de nouveaux pouvoirs aux militaires pour les années à venir.

Au siège du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), des larmes ont accueilli le résultat du référendum.

« Quelle sera la prochaine étape » a demandé Jatuporn Prompan, le président de l'UDD. « Dites à Prayuth que, même s'il semble l'emporter, ce n'est pas une victoire dont il peut être fier, car ses opposants n'ont pas pu se battre en raison des menaces et du harcèlement. »

Environ 200 000 policiers avaient été déployés pour cette consultation. Le vote s'est déroulé sans incident, selon la commission électorale.

Sans illusions

La vie politique thaïlandaise est rythmée depuis plus de 10 ans par le bras de fer entre les partisans de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, essentiellement les classes populaires et rurales du nord et nord-est du pays, et ceux de l'élite aristocratique et conservatrice, connus sous le nom de « chemises jaunes ».

Thaksin Shinawatra a été démis par les militaires en 2006, mais garde une influence importante sur la politique thaïlandaise en dépit de son exil, grâce à ses partisans regroupés sous le nom de « chemises rouges ».

Sa soeur Yingluck a en outre remporté les élections de 2011 à une large majorité, mais elle a elle aussi été renversée par les militaires en 2014. Exclue de la politique pour cinq ans par le régime à l'issue d'un procès en corruption qui s'est ouvert en janvier devant la Cour suprême, l'ex-première ministre a voté dimanche. Elle avait précédemment qualifié le projet d'antidémocratique.

Yingluck Shinawatra dépose son vote dans l'urne, le 7 août 2016.
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Yingluck Shinawatra dépose son vote dans l'urne, le 7 août 2016.

Photo : Reuters/Chaiwat Subprasom

« Je suis contente d'avoir pu quand même exercer mes droits de citoyenne thaïlandaise », a-t-elle dit à des journalistes.

Jeudi, Thaksin Shinawatra a qualifié de « folie » la nouvelle Constitution, jugeant qu'elle prolongerait le pouvoir de la junte et rendrait impossible un gouvernement indépendant.

Selon le texte, qui sera la vingtième Constitution du pays depuis l'abolition de la monarchie absolue en 1932, les membres du Sénat seront nommés par la junte et des sièges y seront réservés aux hauts responsables militaires, ce qui contrebalancera le pouvoir des législateurs élus.

« L'armée veut que les affaires d'État soient conduites plus ou moins sous sa supervision. »

— Une citation de  Gothom Arya, directeur d'un institut de recherche à l'université de Mahidol et critique du régime

À Khon Kaen, dans le nord-est du pays, bastion des « chemises rouges » favorables aux Shinawatra, Decha Shangkamanee, un travailleur saisonnier, dit avoir voté sans illusions contre la Constitution, car il ne s'attendait pas à voir le référendum « changer quoi que ce soit dans la manière dont le pays est aujourd'hui gouverné ».

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