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Enquête sur les femmes autochtones tuées et disparues : sentiments partagés en Alberta

Des fleurs en hommage aux femmes autochtones disparues ou assassinées.

Des fleurs en hommage aux femmes autochtones disparues ou assassinées.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les sentiments sont partagés en Alberta à la suite de l'annonce du mandat de la commission d'enquête sur les femmes disparues et assassinées.

Dans un mois et pour une durée de deux ans, l'enquête présidée par la juge Marion Buller examinera les causes des violences faites aux femmes autochtones pour trouver des mesures de protection mieux adaptées.

Selon Nathalie Kermoal, professeure à la Faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta, « l'enquête ne réglera pas les injustices subies par les femmes autochtones durant des décennies, mais c'est un pas vers la justice que réclament les familles de disparues ».

« Ce sera un point de départ pour mettre en place des systèmes qui, sur le long terme, vont faire en sorte que l'on verra moins de crimes envers les femmes autochtones et que les familles seront écoutées. »

— Une citation de  Nathalie Kermoal, professeure à l'Université de l'Alberta

En Alberta, plus de 200 femmes autochtones ont été tuées entre 1980 et 2012, au vu d'un rapport de la Gendarmerie royale du Canada de 2014. À l'échelle du pays, il s'agit de 1017 homicides, 164 disparitions et 225 enquêtes non élucidées.

Femmes autochtones assassinées ou disparues en Alberta.
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Femmes autochtones assassinées ou disparues en Alberta.

Photo : ICI Radio-Canada

Muriel Stanley-Venne, présidente et fondatrice de l'Institut pour l'avancement des femmes autochtones, établi à Edmonton, accueille favorablement la commission d'enquête annoncée par Ottawa.

« Je me réjouis du fait que ce gouvernement a finalement lancé cette très, très importante enquête sur la mort de nos femmes », a-t-elle exprimé d'un ton reconnaissant.

Muriel Stanley-Venne comprend également que certaines familles s'impatientaient, car cela fait longtemps que l'enquête est attendue.

« Les meurtres n'ont pas cessé, il y a urgence d'agir. »

— Une citation de  Muriel Stanley-Venne, Institut pour l'avancement des femmes autochtones

Soutien et besoin d'agir

L'avocate d'Edmonton Lise Frigault, qui représente des victimes des pensionnats autochtones, espère que les recommandations de l'enquête ne resteront pas lettre morte.

Maître Lise Frigault, avocate d'Edmonton.
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Maître Lise Frigault, avocate d'Edmonton.

Photo : ICI Radio-Canada

Elle a notamment évoqué la commission qui s'est penchée sur la crise d'Oka, au Québec. « Si vous regardez cette commission, qui a eu lieu il y a presque 25 ans maintenant, et le rapport final de la commission de vérité et réconciliation du Canada, on revoit les mêmes recommandations 20 ans plus tard », déplore-t-elle.

Me Frigault souhaite aussi que le soutien aux familles perdure.

« En lisant plus en détail [le mandat de l'enquête], on voit que le soutien va être donné seulement lors des témoignages. On ne parle donc pas d'un soutien à long terme, sauf que le traumatisme vécu par les familles et les communautés, lui, dure et perdure. »

— Une citation de  Me Lise Frigault, avocate

Michelle Robinson, coprésidente du comité Soeurs par l'esprit, un organisme faisant de la recherche et de la sensibilisation face aux taux alarmants de violence envers les femmes et les filles autochtones au Canada, reste sceptique.

« C'est difficile de faire confiance au gouvernement lorsqu'il enquête sur ses propres agissements. Le gouvernement, ce n'est pas la justice. »

— Une citation de  Michelle Robinson, Soeurs par l'esprit

Me Lise Frigault rappelle que, même si certaines familles sont désabusées, l'Association des femmes autochtones du Canada réclamait cette enquête depuis 2002. Ses préoccupations sont enfin reconnues, selon elle.

Le rapport et les recommandations des cinq commissaires, tous autochtones, sont attendus en décembre 2018.

Avec les informations de Camille Feireisen et Jean-Charles Lanciault

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