•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump critique les propos du père d'un soldat mort en Irak

Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, Donald Trump.
Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, Donald Trump. Photo: Getty Images / Scott Olson
Reuters

Donald Trump a réfuté samedi les accusations portées contre lui par le père d'un soldat américain mort en Irak qui a déclaré à la convention démocrate que le candidat républicain « n'avait jamais sacrifié quoi que ce soit » et s'est interrogé sur le silence de l'épouse de son détracteur.

« Je pense que j'ai fait beaucoup de sacrifices », a déclaré Donald Trump sur ABC news. « J'ai travaillé très, très dur. »

Khizr Khan, un citoyen américain d'origine pakistanaise et de confession musulmane, a ému les délégués démocrates et les téléspectateurs lorsqu'il s'est exprimé jeudi à la tribune, évoquant son fils, le capitaine Humayun Khan, tué en Irak en 2004 dans l'explosion d'une bombe.

Il a ensuite attaqué Donald Trump sur sa proposition d'interdire temporairement aux musulmans d'entrer sur le sol américain et a demandé si l'homme d'affaires n'avait jamais lu la Constitution avant d'en brandir un exemplaire et de proposer de le lui prêter.

Khizr Khan et sa femme Ghazala Khan lors de la convention démocrate à Philadelphie, le 28 juillet 2016.Khizr Khan et sa femme Ghazala Khan lors de la convention démocrate à Philadelphie, le 28 juillet 2016. Photo : GI / Alex Wong

« L'équipe de campagne d'Hillary lui a-t-elle écrit son discours », s'est interrogé Donald Trump, avant d'ajouter qu'il avait consenti d'énormes sacrifices en employant des milliers de personnes et en recueillant des « millions de dollars » pour les vétérans.

 « [Khizr Khan a été] très émouvant, et c'est sans doute un chic type », a ajouté le candidat républicain avant de s'interroger sur le silence de la mère du soldat américain Humayun Khan, présente au côté de son époux lors de la convention.

Elle se tenait là, elle n'avait rien à dire, peut-être que... Peut-être qu'elle n'était pas autorisée à dire quoi que ce soit, me direz-vous.

Donald Trump

Ghazala Khan réagit dans une lettre à Trump

La mère du soldat a tenu à expliquer les raisons de son silence dans une lettre à l'intention du candidat républicain, publiée sur le site du Washington Post.

« [Depuis la mort d'Humayun] je ne peux marcher dans une salle où se trouvent des photos de [lui]. J'avais du  mal à me contrôler, alors que je me tenais sur la scène de la convention, avec une immense photo de mon fils derrière moi », explique-t-elle.

Ghazala Khan a souligné l'ignorance de Donald Trump sur la question de l'Islam, se défendant d'avoir fait le choix de ne pas prendre la parole et non de se l'être fait imposer par son mari.

Donald Trump a dit qu'il avait fait beaucoup de sacrifices. Il ne sait pas ce que le mot sacrifice signifie

Ghazala Khan

Hillary Clinton réplique

Lors d'un rassemblement organisé samedi soir dans l'Ohio, Hillary Clinton a affirmé que la famille Khan et les musulmans dans leur ensemble étaient les derniers d'une longue liste de personnes visées par les insultes de Donald Trump, rappelant les nombreux dérapages de ce dernier.

« La liste est longue, mes amis. Je ne sais pas, peut-être n'a-t-il rien de positif à dire », a dit Hillary Clinton.

La candidate démocrate avait déclaré plus tôt dans un communiqué : « [J'ai] été très émue de voir Ghazala Khan se tenir courageusement [au côté de son époux] et avec dignité jeudi soir. [...] Et très émue de l'entendre hier soir, courageusement et avec dignité, évoquer la vie de son fils et le sacrifice ultime qu'il a fait pour son pays. »

Khizr Khan a, de son côté, expliqué au New York Times que l'équipe de campagne lui avait proposé de l'aide et du soutien pour son discours. « J'ai répondu : ''Je n'en ai vraiment pas besoin. J'ai tout en tête. [...] Laissez-moi dire ce que je veux. Je parlerai avec mon cœur.'' »

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

International