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5 fois plus de restaurants végétariens à Montréal qu'il y a 10 ans

Le reportage de Mathieu Papillon
Radio-Canada

Montréal compte aujourd'hui cinq fois plus de restaurants végétariens qu'il y a 10 ans. En 2005, il n'y en avait que 12. On en recense aujourd'hui 66, dont au moins une dizaine qui ont ouvert leurs portes depuis le début de l'année.

Élise Desaulniers, auteure et membre de l'Association végétarienne de Montréal, remarque que de plus en plus de gens, y compris des personnes non végétariennes, souhaitent réduire leur consommation de viande.

Pour eux, des restaurants végétariens et végétaliens, ça leur offre la possibilité de manger autre chose que du steak pour leur souper entre amis du vendredi soir.

Élise Desaulniers, auteure et membre de l'Association végétarienne de Montréal

Le restaurant L'Gros Luxe de la rue Saint-André, sur Le Plateau-Mont-Royal, ouvert depuis à peine trois semaines, est l'un d'entre eux.

Il y a quelques années, l'endroit avait accueilli le premier restaurant de la chaîne - qui compte maintenant six succursales ,- avant que celui déménage rue Duluth.

Le fondateur et propriétaire de la chaîne, Alex Bastide, est végétarien depuis 20 ans.

« J'ai toujours rêvé d'avoir un resto végé. Le premier menu Gros Luxe était à 60 % végétarien. Là, on est passé à 100 % végétarien avec cette adresse ici exclusivement. Et la réponse est vraiment positive. C'est plein tous les soirs et les gens sont vraiment contents. »

Aux Vivres, l'un des premiers

Le restaurant Aux Vivres a été l'un des précurseurs dans la métropole en offrant un menu complètement végétarien lors de son ouverture, en 1997.

Il s'agissait d'un pari jugé risqué à l'époque, soutient Charles Garant, directeur général de l'établissement.

Audacieux et probablement aussi marginal. Je pense que c'était quelque chose qui n'était vraiment pas dans la culture populaire. Il n'y avait pas de demande pour ça.

Charles Garant, directeur général, Aux Vivres

Mais la popularité de son menu a conduit le petit restaurant de la rue Saint-Dominique à déménager dans un local plus vaste, boulevard Saint-Laurent, puis à procéder à un agrandissement.

Aujourd'hui, Aux Vivres peut accueillir jusqu'à 200 clients en même temps.

Une alimentation qui se transforme

La diversification de l'offre végétarienne transforme la perception de ce type d'alimentation et contribue à le démocratiser, croit Élise Desaulniers.

C'était cette image du végétarisme classique, un peu santé, un peu grano. Là, on en a vraiment pour tous les goûts. Avec de l'alcool, dans une ambiance festive, un peu plus gastronomique aussi.

Élise Desaulniers, auteure et membre de l'Association végétarienne de Montréal

Alex Bastide est convaincu que ses clients vivent une expérience qui va bien au-delà de leurs idées préconçues au sujet du végétarisme.

Oui, les gens capotent, comme on dit en bon québécois, quand ils viennent manger ici. Ils tripent leur vie. Parce qu'il y a un menu vraiment intéressant qui n'est pas trop granola, qui est réconfortant.

Alex Bastide, fondateur et propriétaire des restaurants L'Gros Luxe

Une alimentation plus accessible

L'arrivée de nouveaux restaurants ne semble pas inquiéter le directeur général du restaurant Aux Vivres, qui y voit plutôt une démocratisation de l'alimentation végétarienne.

Moi, la compétition des restaurants végétariens ne me fait vraiment pas peur. Parce que ça va juste élargir un peu le bassin du, excuse mon expression, mainstream. Ça va devenir de plus en plus quelque chose d'accessible.

Charles Garant, directeur général, Aux Vivres

Le restaurateur Alex Bastide croit de son côté que Montréal est en mesure d'accueillir encore plus de restaurants végétariens.

« Pour moi, dans le fond, il n'y a pas de compétition. On mange tous trois fois par jour, donc on a besoin d'options dans la vie. Montréal, on est une ville avec 5000 bars et restaurants. S'il n'y a que 66 restaurants végétariens sur 5000 établissements, ce n'est pas beaucoup. On a encore beaucoup de travail à faire », croit-il.

Avec les informations de Mathieu Papillon

Grand Montréal

Économie