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Les résidents de Churchill veulent que leur port reste ouvert

Nikki Clace est une résidente de Churchill, au Manitoba. Sur son bras droit, elle porte la longitude et la latitude du port.

Nikki Clace est une résidente de Churchill, au Manitoba. Sur son bras droit, elle porte la longitude et la latitude du port.

Photo : Lyzaville Sale/CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de 80 résidents de Churchill, soit 10 % de la population de cette communauté située au nord du Manitoba, se sont rassemblés jeudi soir devant le port. Ils ont dénoncé la décision de la compagnie américaine Omnitrax de fermer le seul port canadien en eau profonde sur les rives de l'océan Arctique.

Certains résidents sont venus avec des pancartes sur lesquelles étaient inscrits des messages décriant la compagnie établie à Denver. Celle-ci a acquis le port et le chemin de fer du gouvernement du Canada et du Canadien National en 1997.

Alan Spence fait partie d'un groupe 35 travailleurs qui ont reçu un avis de mise à pied. Après 16 ans de travail au port, son avenir est désormais incertain. Il pense que la seule solution pour les travailleurs et la Ville de Chuchill est que le gouvernement fédéral reprenne possession du port.

« Quand il était dans leurs mains, cela fonctionnait beaucoup mieux, estime Alan Spence. « Ils ont beaucoup investi dans ce port et il appartenait au gouvernement canadien et au peuple. »

Une préoccupation canadienne

Robert Demeules a passé 60 ans sur le port avant de prendre sa retraite en 2012. Il a élaboré un plan pour sauver ce dernier. Il propose que les employés du port, les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan et un investisseur privé deviennent propriétaires du port avec chacun une part de 33 %. « Mais le port doit rester une préoccupation canadienne », ajoute-t-il.

Une partie du grain produit en Saskatchewan et au Manitoba transite par le port de Churchill.

Wayne LeBlanc a commencé à travailler sur le port de Churchill en 1983 comme apprenti électricien.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wayne LeBlanc a commencé à travailler sur le port de Churchill en 1983 comme apprenti électricien.

Photo : Lyzaville Sale/CBC

L'idée de financer une partie du port de Churchill en offrant de l'aide financière à Omnitrax n'est pas accueillie à bras ouverts par le gouvernement conservateur du Manitoba. « Faire pression en utilisant les peurs et la sécurité des Manitobains est quelque chose que nous ne supporterons jamais », a fait savoir jeudi le premier ministre Brian Pallister.

Le premier ministre a ajouté que le précédent gouvernement de Greg Selinger avait signé une entente d'un an pour subventionner Omnitrax, à raison de 800 000 $. Selon lui, l'entreprise lui a demandé un accord semblable pour 2016, ce qu'il refuse. Brian Pallister dit vouloir plutôt conclure un accord à long terme avec Omnitrax.

Parmi les résidents venus manifester jeudi, nombreux sont ceux qui souhaitent continuer de vivre à Churchill et y travailler.

Nikki Clace porte la longitude et la latitude du port tatouée sur son avant-bras droit. Elle espérait être appelée pour travailler une nouvelle saison. « C'est un sentiment horrible de se réveiller au milieu de la nuit et de ne pas être sûr de ce que vous allez faire dans les prochains jours », explique-t-elle.

Mais Nikki Clace vient du Nord, et les gens là-bas semblent aussi déterminés que le refroidissement éolien qui sera bientôt de retour sur les rivages de la baie d'Hudson.

Gérer le port comme les aéroports canadiens

Le maire de Churchill, Mike Spence, estime de son côté que le port de Churchill peut être sauvé si le gouvernement fédéral le rachète et le gère comme une entreprise non cotée en bourse, comme cela est le cas dans les aéroports du pays.

Le gouvernement fédéral a vendu le port de Churchill à Omnitrax en 1997. Le maire souhaite désormais qu'Ottawa le rachète.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouvernement fédéral a vendu le port de Churchill à Omnitrax en 1997. Le maire souhaite désormais qu'Ottawa le rachète.

Photo : Lyzaville Sale/CBC

Il estime qu'il est temps pour Ottawa d'investir dans ce qui est le seul port du Canada en eau profonde ouvert sur l'Arctique.

Les aéroports canadiens sont gérés par des organisations, mais ne comptent pas d'actionnaires. La plupart des aéroports sont gérés par des conseils d'administration qui regroupent le gouvernement fédéral et des collectivités locales.

Le gouvernement canadien possède les aéroports et les terres environnantes et les loue à l'entreprise qui gère l'ensemble. Les revenus générés par celle-ci comme la vente de billets sont ensuite réinvestis dans l'aéroport.

Selon le maire de Churchill, c'est ce modèle économique qui permettra de faire fonctionner le port de Churchill et de rendre viable le transport de marchandises vers cette communauté du nord.

Avec des informations de Sean Kavanaugh, CBC

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