•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Attentat dans une église : un « échec » judiciaire, reconnaît le gouvernement français

Le premier ministre français Manuel Valls a été vivement critiqué par la droite après les récentes attaques terroristes.

Photo : Philippe Wojazer / Reuters

Radio-Canada

Pour la première fois, le gouvernement français a reconnu vendredi que la justice avait laissé filer un terroriste, qui a ensuite tué un prêtre dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Un « échec », admet le premier ministre Manuel Valls.

L'un des deux auteurs de l'attaque contre l'église, Adel Kermiche, 19 ans, avait été emprisonné pendant une dizaine de mois pour avoir tenté de se rendre en Syrie à deux reprises l'an dernier. Des juges avaient finalement décidé de le remettre en liberté en mars.

C'est « un échec, il faut le reconnaître », a concédé le premier ministre dans une entrevue accordée au journal Le Monde, après que cette information eut provoqué un tollé au sein de la droite et de l'extrême droite. Certains ont même réclamé sa démission et celle du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

« Cela doit conduire les magistrats à avoir une approche différente, dossier par dossier, compte tenu des pratiques de dissimulation très poussées des djihadistes », a-t-il dit.

Le second assaillant de Saint-Étienne-du-Rouvray, Abdel Malik Petitjean, était pour sa part fiché pour radicalisation depuis le 29 juin, après avoir tenté de rejoindre la Syrie via la Turquie. Il apparaît en outre dans une vidéo diffusée par le groupe armé État islamique en train de proférer des menaces contre la France.

Un troisième suspect, un réfugié syrien, a été mis en garde à vue vendredi en lien avec cette affaire.

« Réforme de l'islam »

Manuel Valls a par ailleurs plaidé en faveur d'une suspension temporaire du financement de la construction de mosquées en France par des fonds provenant de l'étranger.

Il a aussi dit vouloir « inventer une nouvelle relation » avec l'islam en France.

« C'est bien un nouveau modèle que nous devons bâtir [...] Je souhaite, notamment, que les imams soient formés en France et pas ailleurs [...] Le salafisme n'a pas sa place en France. Il appartient donc à l'islam de France de réagir. Tous les citoyens ont un rôle à jouer et les musulmans aussi, bien sûr, dans la lutte contre la radicalisation », a-t-il affirmé.

Une réforme qui avait déjà été évoquée par le recteur de la grande mosquée de Paris Dalil Boubakeur, plus tôt cette semaine, lors d'une rencontre entre le président François Hollande et les représentants des cultes.

Avec les informations de Agence France-Presse

International