•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des crimes liés au terrorisme en hausse au Canada

Des gardiens de sécurité de GO en formation sur le terrorisme

Des gardiens de sécurité de GO en formation sur le terrorisme

Photo : CBC

Radio-Canada

Il y a eu 173 « affaires criminelles » en lien avec des actes terroristes en 2015 au pays. Le chiffre frappe d'autant plus qu'il s'agit d'une hausse de 126 % entre 2014 et 2015, a calculé Statistique Canada, en se basant sur les crimes déclarés par la police.

Selon les méthodes de l'agence, une « affaire criminelle » peut comprendre plusieurs infractions terroristes. Ces statistiques compilent donc une série d'infractions telles que la participation à un groupe terroriste, la tentative de quitter le Canada pour rejoindre un groupe terroriste outremer, le financement du terrorisme ou le fait d'héberger un terroriste.

Elles ne visent toutefois pas les attentats par fusillade ou l'explosion de bombes ayant causé la mort. Ces crimes sont alors calculés avec les autres homicides, souligne Statistique Canada.

Le pire en Ontario

En 2014, seulement 76 affaires avaient été compilées. L'agence fédérale prévient toutefois qu'il faut interpréter les chiffres avec prudence, notamment parce que de nouvelles infractions ont été ajoutées au Code criminel en 2015, ce qui pourrait être en partie responsable de la hausse.

L'Ontario est la province où le plus grand nombre d'affaires criminelles en lien avec le terrorisme sont survenues, soit 60 en 2015, suivi par la Colombie-Britannique, avec 36, et le Québec, avec 30.

Aucune infraction de terrorisme n'a été signalée en 2015 à l'Île-du-Prince-Édouard, au Yukon, au Nunavut, ni dans les Territoires-du-Nord-Ouest.

À l'origine de cette hausse

Toutefois, même si ces affaires terroristes ont subi une augmentation depuis 2014, l'expert Stéphane Leman-Langlois est d'avis qu'il ne faut pas s'inquiéter outre mesure. 

Le professeur de l'École de service social de l'Université Laval, aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque, croit que deux facteurs principaux ont contribué à l'augmentation des chiffres. D'abord, il y a le projet de loi C-51 du gouvernement conservateur de Stephen Harper, devenu la Loi antiterroriste de 2015, qui a ajouté de nouvelles infractions.

Stéphane Leman-Langlois, directeur, Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme au Canada, Université Laval.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Leman-Langlois, directeur, Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme au Canada, Université Laval.

Photo : Radio-Canada

Ensuite, il y a la vague de jeunes qui ont cherché à quitter le pays pour aller rejoindre les rangs des combattants du groupe armé État islamique.

Au Québec, plusieurs étudiants du Collège de Maisonneuve de Montréal ont été arrêtés à l'aéroport en 2015. L'établissement était aussi fréquenté par Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali, qui ont notamment été accusés la même année d'avoir voulu quitter le pays pour commettre un acte terroriste à l'étranger.

« Ça a fait gonfler les chiffres », constate M. Leman-Langlois.

Pas d'augmentation de la violence terroriste

Le professeur note cependant que les statistiques dévoilées ne sont pas le reflet d'une augmentation de la violence terroriste au pays.

Ce qu'on appelle du terrorisme, ici, ce ne sont pas des attaques avec de la violence, c'est toute une ribambelle d'actes terroristes qui sont étiquetés « terroristes » parce qu'on a changé la loi plusieurs fois depuis quelques années. 

Stéphane Leman-Langlois, professeur de l'École de service social de l'Université Laval

Ces chiffres ne signifient pas que « l'activité des gens radicalisés sur le territoire canadien est plus ou moins élevée » dit M. Leman-Langlois.

Selon lui, il n'est pas exclu qu'un gouvernement utilise des augmentations des cas rapportés pour durcir ses lois et réduire les libertés civiles des citoyens, quoiqu'il estime que le gouvernement actuel n'a montré aucun mouvement dans cette direction pour le moment.

Avec les informations de La Presse canadienne

Justice et faits divers