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Le policier de Toronto James Forcillo condamné à 6 ans de prison

Le policier James Forcillo (centre) à son arrivée au tribunal jeudi matin

Photo : La Presse canadienne / Michelle Siu

Radio-Canada

L'agent James Forcillo, reconnu coupable il y a 6 mois de tentative de meurtre après avoir abattu Sammy Yatim en 2013 alors que celui-ci brandissait un couteau dans un tramway à Toronto, écope d'une peine de 6 ans de prison.

Le policier a été emmené, impassible, les menottes aux poignets, en cellule au sous-sol du tribunal à midi. Toutefois, il demandera sa libération sous caution en après-midi, en attendant son appel. Entretemps, il a été suspendu sans solde.

La nuit fatidique du 26 au 27 juillet 2013, après une première série de trois coups de feu, Forcillo avait tiré six balles de plus sur la victime de 18 ans. Le policier a toujours soutenu qu'il croyait que Yatim était en train de se relever pour l'attaquer, une version que le jury avait rejetée.

Sammy Yatim ne représentait ni un danger ni une menace imminente, parce qu'il était en train de mourir.

Edward Then, juge 

6 ans de prison pour James Forcillo : réactions des proches de Sammy Yatim

Le juge Edward Then a rejeté l'argument de la défense qui contestait la constitutionnalité, pour un policier en service, de la peine minimum obligatoire de 5 ans dans les cas de tentative de meurtre.

Selon le juge Then, « l'entraînement de l'agent Forcillo aurait dû lui faire comprendre que Sammy Yatim ne représentait qu'une menace potentielle ». Le magistrat a ajouté : « L'agent James Forcillo n'a pas compris que son entraînement lui dicte de préserver toutes les vies et non seulement la sienne. »

Image d'une vidéo de surveillance du tramway dans lequel se trouvait Sammy Yatim avant d'être abattu par la police

Image d'une vidéo de surveillance du tramway dans lequel se trouvait Sammy Yatim avant d'être abattu par la police

Photo : Procès Forcillo

La vidéo des événements filmés par un passant et affichée sur Internet avait mené à une série de manifestations contre la police à Toronto. Le procès de Forcillo était hautement médiatisé.

Un « lâche », selon la Couronne

Le juge a trouvé exagérée la peine de 8 à 10 ans de prison que la Couronne avait exigée lors du procès au printemps de Forcillo à cause de son usage criminel et injustifié de son arme à feu. Dans leur réquisitoire, les procureurs avaient traité l'agent de « lâche » pour avoir tiré une seconde fois sur la victime au sol, par bravade et non en légitime défense.

Selon la Couronne, Forcillo a brisé la confiance du public, et il doit être tenu pour responsable au plus haut degré de ses erreurs, parce qu'il n'a pas suivi le protocole sur la désescalade de la violence.

La mère de Sammy Yatim, Sahar Bahadi, et d'autres membres de la famille à leur arrivée au tribunal, jeudi matin.

La mère de Sammy Yatim, Sahar Bahadi, et d'autres membres de la famille à leur arrivée au tribunal, jeudi matin.

Photo : La Presse canadienne / Michelle Siu

La mère de Sammy Yatim, Sahar Bahadi, avait affirmé après son témoignage à l'audience sur la détermination de la peine que chaque vie comptait, que son fils avait été assassiné et qu'elle ne pourrait jamais l'oublier. Les membres de la famille, satisfaits, se sont fait une accolade après l'annonce de la peine.

Justice est servie, même si Sammy ne reviendra jamais avec nous.

Sahar Bahadi, mère de la victime

La défense rejetée

Pour sa part, la défense du policier contestait la constitutionnalité des peines minimales d'emprisonnement. L'avocat Peter Brauti a soutenu qu'un tel châtiment était cruel et disproportionné par rapport à la gravité relative de l'accusation pour laquelle son client a été reconnu coupable.

La défense a ajouté que l'entraînement de l'agent Forcillo sous-entend le recours légitime à la force mortelle dans des situations de danger imminent. Elle demandait donc une condamnation avec sursis, assortie d'une assignation à résidence.

Années difficiles pour la police

Le chef de police de Toronto n'a pas voulu commenter la peine, en raison de l'appel du policier. 

Mark Saunders a toutefois dit : « Les trois dernières années ont été difficiles pour tout le monde, y compris les familles de Sammy Yatim et de James Forcillo. Le Service de police de Toronto va continuer à protéger et à appuyer le public. Je suis certain que nos membres vont continuer à faire leur travail de façon professionnelle et respectueuse. » 

Avec des informations fournies par Jean-Philippe Nadeau

Justice et faits divers