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Terrains de Rio Tinto : les riverains du lac Saint-Jean sont inquiets 

La valeur des propriétés a considérablement augmenté au Lac-Saint-Jean.

La valeur des propriétés a considérablement augmenté au Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada/Mélissa Paradis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les représentants de l'organisme Riverains lac Saint-Jean 2000 ont rencontré les responsables du programme de stabilisation des berges de Rio Tinto pour en savoir plus sur les intentions de la compagnie concernant la gestion des baux de villégiature.

Un texte de Chantale DesbiensTwitterCourriel

La semaine dernière, Rio Tinto a évoqué la possibilité de faire payer les riverains pour les terrains qu'ils occupent, soit en les louant ou en les vendant.

L'entreprise évalue la valeur foncière des terrains à 70 millions de dollars. Elle ne tire actuellement aucun revenu de la partie des terres qu'elle loue. Rio Tinto estime se priver en moyenne de 4500 $ par an pour chaque bail.

Cette possibilité soulève stupéfaction et colère chez les représentants des riverains. Le président de Riverains lac Saint-Jean 2000, Claude Duchesne, dit avoir reçu de nombreux appels de villégiateurs au cours des derniers jours.

La rencontre avec le directeur du programme de stabilisation des berges, Jean Pedneault, n'a pas permis d'éclaircir la volonté réelle de l'entreprise.

Claude Duchesne déplore aussi la déclaration de M. Pedneault, selon laquelle la valeur de ces terrains a explosé au cours des 30 dernières années et que la formule actuelle constituait une subvention aux riverains.

« Quand il nous dit que leurs terrains ont pris une valeur de 70 millions $, cette valeur-là en grande partie est due aux riverains aussi, affirme M. Duchesne. On a construit des chemins, il y a l'aménagement, il y a l'eau. Par exemple à Saint-Henri-de-Taillon, ils nous amènent l'eau. L'eau il va falloir la payer, ce n'est pas gratuit, ça donne une plus-value au terrain indirectement. À l'heure actuelle, Rio Tinto semble s'emparer de cette plus-value-là et disent passer à la caisse. »

Alors que Rio Tinto leur a affirmé que la réflexion se poursuit, les riverains se tournent vers les élus des municipalités où ils paient des taxes et le premier ministre Philippe Couillard pour inciter la compagnie à ne pas apporter de changement à la gestion des baux de villégiature. Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, interpelle lui aussi le premier ministre.

« S'ils pensent qu'ils vont refiler la facture aux citoyens, la réponse c'est non et s'ils trouvent qu'ils n'en ont pas assez, il est peut-être le temps qu'ils commencent à regarder tous les avantages qui leur sont conférés, affirme M. Cloutier. Un moment donné, il faut dire assez, c'est assez et cette fois-ci ils dépassent l'entendement. Ce sera une fin de non-recevoir et on attend que le premier ministre du Québec se positionne. »

Réaction municipale

Le maire de Roberval prévient Rio Tinto que si elle veut revoir la question des baux de villégiature autour du lac Saint-Jean, les municipalités pourraient examiner la possibilité de lui imposer des taxes foncières.

Guy Larouche pense qu'il s'agit d'un enjeu de négociation en prévision du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour le renouvellement du décret sur le programme de stabilisation des berges.

« On pourra peut-être regarder nous, les municipalités, pour leur charger peut-être une taxation à ce niveau-là étant donné qu'ils sont aussi propriétaires riverains, soutient le maire Larouche. Donc ça peut devenir une escalade qui serait désolante. Par contre, normalement il y a toujours place à discussion et à faire comprendre le gros bon sens. »

Guy Larouche ajoute que la multinationale a déjà un immense privilège d'exploiter le lac Saint-Jean à des fins hydroélectriques pour alimenter ses alumineries dans la région.

Pour sa part, le maire de Saint-Félicien se montre peu surpris de la réflexion amorcée par Rio Tinto. Il y voit aussi un exercice lié à la révision du décret qui vient à échéance cette année.

M. Potvin trouve normal que l'entreprise évalue toutes les avenues pour rééquilibrer le nouveau rapport de force qui devra s'établir entre Rio Tinto et les autres utilisateurs du lac Saint-Jean.

« Si on satisfait les attentes de tout le monde, il va y avoir des gagnants dans certains aspects de jouissance du lac, peut-être de villégiature, croit-il. Pour la production électrique, peut-être qu'éventuellement il y aura des diminutions de potentiels, donc ça va justifier d'établir sérieusement une table commune pour évaluer l'équilibre qu'on pourrait trouver dans l'exploitation du lac. »

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