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Edwin Moreno, l'engagement sans frontières

Edwin Moreno a été administrateur de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie avant d'être nommé président.
Edwin Moreno a été administrateur de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie avant d'être nommé président. Photo: ICI Estrie/Christine Bureau
Radio-Canada

« Je ne suis pas un immigrant qui s'implique. Je suis un citoyen issu des communautés culturelles qui s'implique », insiste Edwin Moreno. Et pour ce Colombien d'origine, qui vit à Sherbrooke depuis dix ans, la nuance est importante.

Un texte de Christine BureauTwitterCourriel

« Je suis obsédé par le dossier de la participation citoyenne. Pour moi, c'est essentiel pour pouvoir se sentir comme un citoyen à part entière », souligne-t-il.

Bénévolat, politique, participation à des activités communautaires : l'engagement peut prendre plusieurs formes, selon l'actuel président de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie

Lui-même est arrivé au Québec en 2005, avec l'intention de devenir un citoyen à part entière. « Je suis arrivé avec toutes les énergies du monde, toujours avec l'idée de m'intégrer, de participer », raconte-t-il. Et au risque même de se faire dire non.

Dès son arrivée à Sherbrooke, il se souvient avoir lancé une pétition pour tenter d'obtenir une émission quotidienne en espagnol à la radio, comme il le faisait du temps qu'il vivait en Colombie. Il avait réussi à amasser plus de 1000 signatures.

C'est sûr que ça n'a pas été accepté. C'est le cas typique de la personne qui arrive dans un nouveau pays et qui dit : "il faut aller de l'avant, il faut avoir de l'initiative".

Edwin Moreno

Rapidement, donc, la réalité l'a rattrapée. « Ça m'a fait réaliser que même si j'ai l'énergie, les capacités, il y a un processus à suivre : apprendre la langue française puis aller à l'université », soutient-il.

Et c'est ce qu'il a fait. En plus d'avoir participé à un projet d'émission de radio sur le web en « fragnol », il organise des activités d'intégration pour les nouveaux arrivants et il s'apprête à terminer une maîtrise à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke. Le sujet de son mémoire? La participation citoyenne, bien sûr.

« Je m'inspire toujours de mes activités en Colombie. Pour moi, c'était toujours ça. C'était ma vie toujours, les activités culturelles, sociales, communautaires », résume-t-il.

Edwin Moreno en compagnie du chargé de projet à la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, Henry MbatikaEdwin Moreno en compagnie du chargé de projet à la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, Henry Mbatika Photo : ICI Estrie/Christine Bureau

Tous les samedis, par exemple, il organisait dans le cadre de son émission de radio une activité dans un quartier. Il y avait toujours de la musique, de la nourriture. « Durant toute la journée, on nettoyait le quartier ou on faisait une activité », se remémore-t-il.

L'initiative a duré jusqu'à ce qu'il dénonce la corruption municipale durant son émission de radio, mais également devant des représentants de l'Organisation des États américains. C'était en 2005. Il a dû fuir d'abord sa ville, puis son pays, carrément.

La politique municipale

Malgré son départ précipité, Edwin croit toujours en l'importance de la politique. En 2013, il s'est présenté comme candidat aux élections municipales dans le district d'Ascot par souci de représentativité des communautés culturelles, principalement.

« Depuis que je suis arrivé ici, je travaillais avec des organismes, je m'impliquais, je participais de façon active. Et à partir de 2013, je me suis dit : "OK, je vais le faire de façon proactive". » 

Le président du c.a. de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie lors du dévoilement de la murale « Ce mur qui nous ressemble », au parc BelvédèreLe président du c.a. de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie lors du dévoilement de la murale « Ce mur qui nous ressemble », au parc Belvédère Photo : FCCE

Edwin n'a pas gagné, mais se félicite d'avoir fait une bonne campagne. Il réfléchit d'ailleurs à l'idée de tenter sa chance aux prochaines élections municipales, l'an prochain.

Je suis certain qu'il y aura un élu issu des communautés culturelles aux prochaines élections. J'en suis convaincu.

Edwin Moreno

L'un des défis à Sherbrooke, selon lui, est de sensibiliser les entrepreneurs à reconnaître l'expérience des candidats issus des communautés culturelles.

« Depuis 10 ans que je suis ici, je m'implique, je m'intègre, et jusqu'à maintenant je n'ai pas réussi à me trouver un emploi stable », dit-il. Rien, cependant, pour le convaincre de cesser de croire en l'importance de s'engager.

« Toujours, je travaille fort pour que ce non, je le transforme en oui. C'est comme ça depuis toujours depuis que je suis arrivé ici. » Une devise qu'il s'efforce de partager, chaque jour, avec ceux qu'il côtoie.

Engagement communautaire

Société