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Des traces de moisissure dans les frégates canadiennes

Le HMCS St. John's, au port d'Halifax

Le HMCS St. John's, au port d'Halifax

Photo : PC/ANDREW VAUGHAN

CBC
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une enquête de CBC révèle que des frégates de la marine canadienne ont de sérieux problèmes de moisissure qui ont régulièrement touché la santé des marins déployés à l'étranger.

La marine royale du Canada a eu du mal à gérer la dégénérescence des systèmes de ventilation des navires de guerre depuis le premier cas documenté à bord du NCSM St. John's à l'automne 2011. Un ancien supérieur de la Marine royale canadienne soutient toutefois que ses appels répétés pour régler le problème sont tombés dans l'oreille d'un sourd.

En fait, l'ancien premier maître Patrick MacLaughlin prétend que le défaut de conception aurait pu être entièrement redressé au cours du récent programme de modernisation des navires et de prolongation de la vie des frégates, mais les fonctionnaires fédéraux auraient jugé les coûts de 1,2 million de dollars par navire trop élevés.

Une série de documents et de vidéos obtenus par CBC montrent non seulement de la moisissure dans les systèmes de ventilation, les filtres, les conduits et des magasins d'alimentation, mais aussi de graves problèmes de sécurité résultant d'une accumulation extraordinaire de condensation, qui coule même sur les panneaux électriques.

« Lorsqu'il est question de l'entretien, la marine n'a pas d'argent. »

— Une citation de  Patrick MacLaughlin, ancien premier maître dans la Marine royale canadienne

M. MacLaughlin, qui a pris sa retraite de la marine canadienne en 2005, mais qui a travaillé comme fonctionnaire dans le département d'ingénierie navale à la Défense nationale jusqu'en 2013, affirme avoir tiré la sonnette d'alarme à maintes reprises à ce sujet.

Il soutient qu'on lui a dit qu'il n'y avait pas d'argent - soit dans le budget général, soit dans le programme de maintenance en cours - pour corriger le problème.

« La marine n'a plus d'argent, tranche M. MacLaughlin. Nous ne disposons pas de l'argent pour acheter des pièces. La marine n'a plus d'argent. Lorsqu'il est question de l'entretien, la marine n'a pas d'argent. »

De la moisissure dans les systèmes de ventilation d'une frégate
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De la moisissure dans les systèmes de ventilation d'une frégate

Photo : CBC

Le commandant de la flotte de la côte est, Commodore Craig Baines, reconnaît que la moisissure est une préoccupation pour toute la flotte. Il soutient toutefois que la marine a été proactive afin d'en arriver à une solution en dehors du programme de remise en état de la flotte.

Un correctif d'ingénierie sur 10 des 12 frégates a été mis en place, mais les travaux de réparation feront l'objet d'une nouvelle évaluation, dit-il.

« Nous allons voir ce que le résultat de nos changements va donner, puis nous allons déterminer si nous avons encore un problème ou non », déclare M. Baines.

Ce dernier affirme que le retard n'a pas été occasionné par un manque de financement, mais qu'il s'agissait plutôt de trouver la bonne solution sur le plan technique.

« Nous n'avons absolument aucune inquiétude au sujet de la moisissure dans les navires », dit M. Baines.

« Ce qui nous préoccupe, c'est d'assurer l'environnement le plus sûr possible à nos marins. Et c'est la raison pour laquelle nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous assurer que la moisissure soit réduite », a-t-il ajouté.

Des problèmes de santé?

L'enquête de CBC révèle également une myriade de plaintes de marins qui souffrent de maladies débilitantes, mais pas à long terme.

Être exposé à court terme à de la moisissure peut causer de la congestion nasale et des sinus, de la toux, ainsi que des maux de gorge. La moisissure provoque de l'asthme, des saignements du nez et des infections des voies respiratoires supérieures.

M. MacLaughlin affirme que des membres de l'équipage lors des déploiements se plaignent régulièrement de ce qu'ils appellent la « grippe AC » et le « hack CPF ».

Avant d'aller en mer, ils s'approvisionnent en médicaments contre la toux et contre le rhume, car ils savent qu'ils vont tomber malades à un moment donné pendant le voyage.

« S'ils ont un nom pour cela, c'est évident qu'il y a un problème », a déclaré M. MacLaughlin.

M. Baines rétorque que la Marine royale canadienne a suivi la santé des membres d'équipage et qu'aucun cas de maladie dû à la moisissure n'a été répertorié.

« Nous surveillons la qualité de l'air dans les navires. Il y a un système de filtration complexe qui est utilisé à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du navire. Nous changeons ces filtres régulièrement et nous surveillons la qualité », a déclaré M. Baines.

M. MacLaughlin soutient qu'avant son départ il a mis au point un système de nettoyage pour les équipages des frégates, mais qu'il n'a aucune idée si celui-ci a été mis en œuvre.

« Non seulement nous n'avons pas l'argent pour maintenir le système, mais nous n'avons pas le personnel pour le faire. Nous ne disposons pas des connaissances et des compétences techniques, car la formation des marins a été réduite », argumente-t-il.

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