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Des plantes envahissantes redoutables dans votre cour arrière

Un plant de renouée du Japon (fallopia japonica)

Photo : Simon Turcotte

Radio-Canada

Même si elles ont fière allure, toutes les plantes n'ont pas leur place au jardin. Certaines espèces sont même carrément à proscrire et peuvent vite devenir un véritable cauchemar. De nouvelles espèces exotiques envahissantes prolifèrent à une vitesse impressionnante dans la région depuis les dernières années. 

Un texte de Caroline CyrTwitterCourriel

Depuis l'achat de sa propriété il y a trois ans à Lac-au-Saumon, Sonia St-Onge se bat contre un envahisseur feuillu de quatre mètres de hauteur : la renouée du Japon. « On essaie bien de s'en débarrasser, mais elle repousse à chaque année! », lance-t-elle. 

Sonia St-Onge, résidente de Lac-au-SaumonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sonia St-Onge, résidente de Lac-au-Saumon

Photo : Simon Turcotte

« On les coupe avec des ciseaux, mais ça repousse toujours. C'est de plus en plus gros », affirme Sonia St-Onge.

C'est à l'aide de machinerie lourde, en enlevant toutes les racines, qu'ils ont réussi à en finir avec une haie de renouée du Japon qui avait poussé devant la maison. Mais l'espèce, avec ses tiges de bambou, a poursuivi sa prolifération partout autour.

Sonia St-Onge n'a maintenant plus accès au ruisseau situé à côté de la maison. Hydro-Québec a même dû déplacer un poteau d'électricité en raison de la prolifération rapide de la plante et de l'érosion qu'elle crée à proximité du cours d'eau.

Malgré des coupes répétées, la renouée du Japon croît à une vitesse fulgurante.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Malgré des coupes répétées, la renouée du Japon croît à une vitesse fulgurante.

Photo : Simon Turcotte

Une espèce nuisible et pratiquement indélogeable

La plante séduit bien des horticulteurs, mais pas pour longtemps... Sa taille imposante, ses racines profondes et ses toxines nocives empêchent la croissance des autres plantes. « C'est hyper envahissant, on le voit bien ici », indique la biologiste Valérie Delisle-Gagnon, chargée de projet pour l'Organisme de Bassin Versant Matapédia-Restigouche (OBVMR).

Ces racines-là vont descendre jusqu'à deux mètres de profond, puis vont s'étendre jusqu'à sept mètres en largeur, pour un plan qui a seulement un mètre de haut.

Valérie Delisle-Gagnon, biologiste, Organisme de Bassin Versant Matapédia-Restigouche
Mireille Chalifour, directrice générale de l'Organisme de Bassin Versant Matapedia-RestigoucheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mireille Chalifour, directrice générale de l'Organisme de Bassin Versant Matapedia-Restigouche

Photo : Simon Turcotte

La renouée japonaise se propage à une vitesse spectaculaire. « C'est l'une des 100 espèces les plus envahissantes au monde! », s'exclame la directrice de l'OBVMR, Mireille Chalifour.

« Il faut la couper constamment », explique-t-elle. Mais sans retirer la terre et ses racines, impossible de s'en débarrasser. « Les racines peuvent rester actives de 10 à 20 ans. », ajoute Mireille Chalifour.

Une espèce dangereuse dans la Matapédia

La berce commune se répand avec une ardeur redoutable dans la Matapédia. L'Organisme de Bassin Versant Matapedia-Restigouche l'a formellement identifiée au cours de la dernière année.

L'OBVMR tente de sensibiliser la population à ses risques, et lance un appel à la collaboration, afin de contrôler sa propagation.

La fleur de la berce communeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La fleur de la berce commune

Photo : Simon Turcotte

Elle va venir envahir les bandes riveraines, elle va venir envahir un milieu. Puis elle va faire étouffer toutes les plantes qui sont là donc on vient perdre la biodiversité qui était originairement là.

Mireille Chalifour, directrice générale de l'Organisme de Bassin Versant Matapédia-Restigouche

Cousine de la berce du caucase, qui est plus connue, la berce commune peut aussi causer des lésions cutanées semblables à des brûlures avec sa sève. « Quand on la manipule, il faut faire vraiment attention », prévient Valérie Delisle Gagnon. 

« Le mieux à faire, c'est vraiment la couper à la racine, d'y aller à la pelle et d'aller enlever le plus de racines possibles », explique-t-elle. « Il ne faut pas la mettre dans le compost c'est sûr. Idéalement pas dans les vidanges non plus, donc ce serait de brûler les restes de la plante. » 

Des enjeux environnementaux et de santé publique

La question préoccupe les autorités municipales et de santé publique. Car les espèces envahissantes sont redoutables. Une fois introduites, il est presque impossible de les éliminer.

Valérie Delisle-Gagnon, biologiste chargée de projet à l'Organisme de Bassin Versant Matapédia-RestigoucheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Valérie Delisle-Gagnon, biologiste chargée de projet à l'Organisme de Bassin Versant Matapédia-Restigouche

Photo : Simon Turcotte

Il va falloir monter un plan d'action là, avec tous les acteurs ici. Voir comment on s'y prend, elle est tellement abondante sur le territoire qu'on ne peut pas penser faire le même cheminement que la berce du caucase, puis gérer plant après plant.

Valérie Delisle-Gagnon, biologiste chargée de projet pour l'Organisme de Bassin Versant Matapédia-Restigouche

Le contrôle des plantes envahissantes représente un véritable défi, selon Valérie Delisle-Gagnon : « il est difficile d'être agressifs parce qu'on se retrouve souvent sur les rives de cours d'eau ».

Elle fait valoir qu'il s'agit de secteurs fragiles, avec une biodiversité particulière. Hors de question d'utiliser des pesticides, qui se retrouveraient dans les lacs et des rivières.

Prendre le temps de s'informer avant de planter reste un moyen efficace pour éviter la prolifération des plantes exotiques envahissantes et préserver le fragile équilibre des écosystèmes.

Le roseau commun gagne du terrain au Bas-Saint-Laurent

Au Kamouraska, une autre espèce exotique envahissante a fait son apparition sur le littoral : le roseau commun ou phragmite. L'espèce, souvent observée aux abords des autoroutes, se fraie un chemin vers l'est du territoire.

La phragmite ou roseau commun, s'étend sur la batture, devant l'atelier des Jardins de la mer à Saint-André-de-KamouraskaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La phragmite ou roseau commun, s'étend sur la batture, devant l'atelier des Jardins de la mer à Saint-André-de-Kamouraska

Photo : François Gagnon

Déjà, moi je peux observer, depuis 18 ans, avec la cueillette sauvage que je fais sur les battures, que j'ai deux belles grosses talles d'épinards et de salicornes en moins, qui ont été envahies par cette plante-là.

Claudie Gagné, fondatrice des Jardins de la mer

Claudie Gagné craint que de telles espèces aient été introduites au Québec par les eaux de ballast rejetées par les navires provenant d'outremer. Elle estime qu'une règlementation plus serrée s'impose pour protéger la biodiversité.

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