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Des Pokémon au cimetière sèment la controverse à Gatineau

Le reportage de Claudine Richard

Le jeu Pokémon Go attire maintenant des joueurs dans des cimetières de Gatineau. L'ambiance est lugubre, certes, mais ce n'est rien pour arrêter les chasseurs.

Parmi ceux-ci, Radio-Canada a rencontré au cimetière Notre-Dame Jonathan Longpré, qui cherchait des PokéStops, soit des endroits où les joueurs peuvent se ravitailler. « Je m'en viens voir les PokéStops », nous a-t-il expliqué.

On m'a dit qu'il y en avait pas mal dans le coin, et il y en a pas mal aussi!

Jonathan Longpré, joueur de Pokémon Go

Si les joueurs disent aimer découvrir de nouveaux lieux grâce à Pokémon Go, des familles des défunts croient que le jeu va maintenant trop loin. C'est le cas des soeurs Joanne et Sylvie Tellier.

« Ben voyons, c'est quoi ça? » s'exclame une des soeurs.

Je trouve ça dépassé et je trouve ça ridicule.

Joanne Tellier

La situation pousse la direction de certains cimetières à renforcer leur surveillance.

Ainsi, pour éviter que des joueurs visitent les lieux, la direction des Jardins du Souvenir, situés à côté du cimetière Notre-Dame, compte embaucher un agent de sécurité.

« Mon inquiétude, c'est d'un, ce sont des cimetières qui ne sont pas éclairés, donc il pourrait y avoir un risque de blessures », soutient le directeur des Jardins du Souvenir, Roger Gagnon. « Deuxièmement, je trouve qu'ils viennent briser le respect. »

Comment fonctionne le jeu?

L'application Pokémon Go mêle la réalité à l'univers Pokémon, peuplé de petits monstres. Le joueur doit regarder l'écran de son téléphone intelligent pour trouver où se cachent ces bestioles virtuelles dans des environnements réels. Pokémon Go place le joueur sur la carte géographique de sa ville, qu'il doit explorer à pied afin de trouver différents éléments, comme des Pokémon, mais aussi des PokéStops (des lieux publics où l'on peut obtenir des objets) et des arènes (pour permettre aux Pokémon de s'affronter).

Jean-Guy OuimetJean-Guy Ouimet Photo : ICI Radio-Canada

Du côté du cimetière patrimonial Barber, Jean-Guy Ouimet, qui travaille à la restauration des lieux, craint aussi le vandalisme.

« Les familles, quand elles viennent et qu'elles voient que les fleurs qu'elles avaient mises sont arrachées ou que les pierres tombales sont jetées par terre, ça les blesse et ça les remet dans le deuil », explique M. Ouimet.

Les joueurs oublient que les cimetières sont des lieux de recueillement et de contemplation, selon lui.

« Puis, le terrain d'un cimetière, ce n'est pas l'endroit pour jouer, disons », ajoute quant à elle Sylvie Tellier.

Les soeurs Tellier souhaitent que leurs parents et grands-parents ne soient plus dérangés par des chasseurs de Pokémon.

D'après un reportage de Claudine Richard

Ottawa-Gatineau

Société