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Grandes Fêtes : la collecte de renseignements personnels soulève des questions

Grandes Fêtes : la collecte de renseignements personnels soulève des questions

L'obligation de fournir une multitude de renseignements personnels pour assister aux Grandes Fêtes Telus pourrait être excessive, juge le professeur de droit Pierre Trudel.

D'après le reportage de Sébastien DesrosiersTwitterCourriel

Pour activer leur laissez-passer et entrer sur le site du festival rimouskois, les spectateurs doivent fournir leur nom, adresse courriel, adresse postale, de même que leur date de naissance et la couleur de leurs yeux et de leurs cheveux.

Les informations demandées aux festivaliers pour enregistrer leur laissez-passer.Les informations demandées aux festivaliers pour enregistrer leur laissez-passer. Photo : Radio-Canada

Le principe, c'est qu'on ne peut demander de renseignements personnels que dans la mesure où c'est justifié par le type d'activité.

Pierre Trudel, professeur au Centre de recherche en droit public à l'Université de Montréal

L'organisation du festival a instauré ce système pour éviter que plusieurs personnes utilisent le même laissez-passer pendant les cinq jours du festival. Reste toutefois à démontrer qu'il est nécessaire de recueillir autant de renseignements pour parvenir à cette fin, soutient Pierre Trudel, professeur au Centre de recherche en droit public à l'Université de Montréal.

« Pourquoi, en plus de la couleur des yeux, il faut la couleur des cheveux ? Pourquoi, en plus de tout ça, il faut l'adresse de courriel ? Pourquoi faut-il aussi la date de naissance ? » questionne Pierre Trudel.

Il ajoute qu'en vertu de la loi, l'organisation a l'obligation d'assurer la protection des renseignements personnels contre d'éventuels pirates et fraudeurs, et de les détruire une fois l'événement terminé.

L'organisation des Grandes Fêtes refuse de commenter

Impossible de vérifier quelles mesures ont été mises en place pour protéger les informations et les détruire. Le directeur général des Grandes Fêtes Telus, Sébastien Noël, a refusé d'accorder une entrevue à ce sujet.

M. Noël a toutefois précisé que l'échange de laissez-passer entre plusieurs festivaliers coûte plusieurs dizaines de milliers de dollars à l'organisation.

Spectateurs qui s'apprêtent à entrer sur le site des Grandes Fêtes TelusSpectateurs qui s'apprêtent à entrer sur le site des Grandes Fêtes Telus Photo : Radio-Canada / Gaston Beaulieu

Pierre Trudel croit pour sa part que l'organisation n'est pas à l'abri d'éventuels recours.

« Une entreprise qui organise des événements publics comme celui-là et qui a des pratiques de collecte très extensive de renseignements personnels doit être consciente du fait qu'elle court le risque que ses pratiques soient contestées, même après coup, devant la Commission d'accès à l'information », souligne-t-il.

Néanmoins, des festivaliers rencontrés jeudi soir ne semblaient pas s'inquiéter de devoir fournir ces informations.

Je trouve ça génial. C'est plus vite, c'est plus rapide, c'est moins compliqué.

Une spectatrice

La Commission d'accès à l'information du Québec, le tribunal qui s'occupe de la protection des renseignements personnels, dit n'avoir reçu aucune plainte dans la dernière année au sujet de collecte de renseignements personnels dans des festivals.

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