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Les programmes de prévention du suicide remis en question

Une personne déprimée

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude de la Chaire de recherche sur la santé mentale des adolescents Sun Life de l'Hôpital IWK d'Halifax et de l'Université Dalhousie remet en question l'efficacité des programmes de prévention du suicide.

Un texte de Maryse LemieuxTwitterCourriel

L'étude a été publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie. Les chercheurs ont étudié plusieurs recherches pour tenter d'amasser des preuves de l'efficacité ou de la non-efficacité des programmes de prévention du suicide.

Ils ont étudié deux programmes de prévention du suicide en milieu scolaire (Yellow Ribbon et Silence on Suicide) et un programme en milieu communautaire (SafeTALK), qui sont utilisés un peu partout au Canada. Ils concluent que rien ne prouve dans les recherches universitaires que ces programmes aident à réduire le taux de suicide chez les jeunes.

Le Dr Stan Kutcher, de l'Hôpital IWK et de l'Université Dalhousie, précise que les chercheurs ont également étudié la sécurité de ces programmes.

Les chercheurs ont notamment étudié une recherche qui a fait une comparaison entre deux groupes : l'un qui a reçu l'intervention et un autre qui ne l'a pas reçue. Cinq personnes qui ont reçu l'intervention ont tenté de s'enlever la vie, alors qu'il n'y a pas eu de tentative dans le groupe qui n'a pas reçu l'intervention.

Il y a une corrélation entre la popularité et la distribution de ces programmes de prévention du suicide chez les jeunes et la hausse du taux de suicide depuis 30 ans.

Dr Stan Kutcher, de l'Hôpital IWK et de l'Université Dalhousie

À la lumière de cette étude, le Dr Kutcher espère que les éducateurs vont réfléchir davantage avant d'acheter un de ces programmes de prévention du suicide et de payer des coûts de formation.

Un expert apporte des nuances

Jimmy Bourque, titulaire de la Chaire de recherche sur la santé mentale des jeunes à l'Université de Moncton, souligne que certaines recherches étudiées comportent des failles, et que les conclusions peuvent être interprétées.

Dans le cas de la recherche qui démontrait que cinq jeunes ont tenté de se suicider après l'intervention, M. Bourque note qu'il peut simplement s'agir de la marge d'erreur de l'étude ou d'un échantillon qui n'a pas été pris au hasard.

On ne peut pas conclure nécessairement que les tentatives de suicide plus élevées sont causées par l'intervention, mais ça soulève le besoin encore une fois, surtout en l'absence de preuves d'efficacité, d'étudier davantage pour s'assurer qu'il n'y a pas cette possibilité-là d'effet pervers ou nocif des interventions. Il est possible parce que des fois quand on en parle plus, plus ouvertement du suicide, les gens peuvent peut-être comprendre que c'est plus acceptable ou accepté.

Jimmy Bourque, titulaire de la Chaire de recherche sur la santé mentale des jeunes à l'Université de Moncton

Jimmy Bourque croit qu'il faut plus d'études avant de promouvoir des programmes de prévention du suicide auprès des jeunes, pour s'assurer que ces programmes fonctionnent effectivement et qu'ils ne causent pas plus de suicides.

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