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Le travail des policiers fera-t-il partie de l'enquête nationale sur les femmes autochtones?

femmes autochtones assassinées ou disparues
Photo: CBC
Radio-Canada

La présidente de Femmes autochtones du Québec et le chef régional de l'Assemblée nationale des Premières Nations du Québec et du Labrador sont formels : le travail des policiers doit faire partie du processus d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Toutefois, une version préliminaire du mandat des commissaires, dont Radio-Canada a obtenu une copie, l'exclut.

Ghislain Picard, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations, insiste sur l'importance d'avoir un mandat le plus inclusif possible pour permettre d'obtenir des réponses, plus spécialement pour les familles directement affectées.

Devant le nombre de cas recensés à l'échelle nationale, il croit qu'il est temps de se pencher sur tous les aspects de la question.

Tout le monde doit prendre part à cette enquête, autant les juridictions provinciales et territoriales que les forces policières à l'échelle du pays.

Ghislain Picard, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations

Il souligne l'impossibilité d'élucider plusieurs questions, dont des problèmes systémiques, si la commission ne se penche pas sur le travail policier dans le cadre de certaines enquêtes. 

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Vivianne Michel, croit que la question s'imposera d'elle-même lorsque les femmes autochtones témoigneront.

Ça va être vraiment inévitable pour les femmes qui seront consultées dans toutes les régions du Canada et du Québec qui font face à la discrimination lorsqu'elles ont à dénoncer des abus et des agressions.

Vivianne Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Selon elle, on ne peut passer sous silence ce qu'elle considère comme des inégalités dans le traitement des femmes autochtones de la part des policiers.

« Lorsqu'une femme québécoise ou canadienne est portée disparue, les médias sont mis en branle, il y a tout un mouvement qui se fait. Il y a même des battues qui sont faites, qui ne se font pas lorsqu'il s'agit de femmes autochtones. Donc, il y a quand même cette discrimination existante et ces inégalités aussi », déplore Vivianne Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec.

La prévention de la violence en priorité

Selon la version préliminaire du document, le commissaire aura pour mandat de déterminer les causes de la violence et de recommander des actions concrètes pour enrayer cette violence dont les femmes et filles autochtones sont souvent victimes. 

Les témoignages des membres des communautés autochtones semblent être au centre du processus d'enquête destiné à déterminer les causes des cas de violence trop nombreux contre les femmes autochtones au Canada.

Rien de précis sur la conduite des policiers

Lors des consultations menées dans 17 communautés autochtones un peu plus tôt cette année, des demandes avaient été faites au gouvernement fédéral pour qu'il se penche sur les comportements de la police envers les Autochtones. Certaines familles soutenaient que la police agissait de façon discriminatoire envers les Autochtones et accusaient même la police d'inconduite.

Malgré ces recommandations, rien dans le document préliminaire ne semble spécifier de directives à ce sujet. Le document ordonne aux commissaires de ne pas interférer avec des enquêtes criminelles en cours. Il décourage les commissaires de faire des recommandations sur la responsabilité civile ou criminelle d'une personne ou d'une organisation.

La phase 1 de l'enquête nationale a été annoncée par le gouvernement en décembre dernier. En juin, la ministre fédérale de la Condition féminine Patty Hajdu soutenait que le gouvernement s'apprêtait à faire une annonce au sujet de la phase 2 de l'enquête.

Abitibi–Témiscamingue

Société