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L'attentat de Nice planifié longuement avec l'aide de complices

Des gens devant des fleurs déposées le long de la promenade des anglais, à Nice.

Des gens se recueillent devant des fleurs déposées le long de la promenade des anglais.

Photo : La Presse canadienne / AP/Claude Paris

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'auteur de l'attaque de Nice a bénéficié de « soutiens » et de « complicités » dans la préparation et l'accomplissement de son acte, qu'il semble avoir « mûri » pendant plusieurs mois, a déclaré jeudi le procureur de Paris.

Cinq personnes de son entourage ont été appréhendées et incarcérées jeudi dans le cadre d'une enquête pour association de malfaiteurs ouverte par le parquet de Paris.

« Les investigations menées depuis la nuit du 14 juillet n'ont [...] cessé d'avancer, et ont permis non seulement de confirmer plus encore le caractère prémédité du passage à l'acte mortifère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, mais également d'établir que ce dernier avait pu bénéficier de soutiens et de complicités dans la préparation et la commission de son acte criminel », a déclaré François Molins lors d'un point presse.

« Mohamed Lahouaiej Bouhlel semble avoir envisagé et mûri son projet criminel plusieurs mois avant son passage à l'acte », a-t-il ajouté.

Dans l'année précédant son crime, le Tunisien de 31 ans a eu de nombreux contacts téléphoniques avec les cinq personnes présentées jeudi à la justice. Ces contacts ont permis d'interpeller ces quatre hommes et cette femme, âgés de 21 à 40 ans, parmi lesquels figurent un couple d'Albanais, deux Franco-Tunisiens et un Tunisien.

« Leur implication apparaît [...] dans leur participation à la préparation du passage à l'acte », a souligné le procureur.

L'enquête a ainsi révélé que neuf jours avant sa course meurtrière, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a envoyé un texto à trois d'entre eux faisant référence à une réservation de poids lourd pour les 12 et 13 juillet, finalement annulée.

Des photographies et des traces papillaires ont aussi mis en évidence la présence, quelques jours avant l'attaque, de Choukri C., Tunisien de 37 ans, et de Mohamed Wallid G., Franco-Tunisien de 40 ans, dans le camion utilisé par le tueur.

Trois des cinq suspects - Ramzi A., un Franco-Tunisien de 21 ans et le couple d'Albanais - semblent par ailleurs avoir servi d'intermédiaires dans l'obtention du pistolet automatique dont Mohamed Lahouaiej Bouhlel s'est servi.

Un soldat de la Légion étrangère patrouille sur la promenade des Anglais le 18 juillet 2016 au troisième jour de deuil national après l'attentat de Nice.
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Un soldat de la Légion étrangère patrouille sur la promenade des Anglais le 18 juillet 2016 au troisième jour de deuil national après l'attentat de Nice.

Photo : Reuters/Eric Gaillard

Dès 2015, des photos de la promenade des anglais

Le soir du crime, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a envoyé trois textos à Ramzi A. Dans l'un d'eux, il se félicitait du pistolet qu'il lui avait donné, et en sollicitait de nouveaux.

Sur indication de ce jeune homme, une Kalachnikov a été découverte mercredi dans une cave. « La destination et l'utilisation de ce fusil d'assaut n'est pas établie, et on ne sait pas à quoi il était destiné », a indiqué François Molins.

L'enquête, qui a connu des « avancées notables », a aussi permis de mettre à jour plusieurs clichés « révélateurs » dans le téléphone portable du tueur, qui montrent la grande préméditation de l'attaque, un projet mûri pendant près d'un an.

Dès juillet 2015, Mohamed Lahouaiej Bouhlel prenait ainsi en photo le feu d'artifice de Nice et un concert sur la promenade des Anglais, a dit le procureur.

Quant à son « intérêt » pour l'islam radical, jusque-là présenté comme « récent », il pourrait remonter à beaucoup plus loin.

Le 10 janvier 2015, trois jours après l'attaque djihadiste contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, l'un des cinq suspects lui écrivait ainsi : « Je ne suis pas Charlie... je suis content, ils ont amené les soldats d'Allah pour finir le travail. »

Aucun des cinq suspects n'était connu des services de renseignement et tous avaient un casier judiciaire vierge, excepté Ramzi A., condamné à six reprises entre 2013 et 2015 pour des délits de droit commun.

Six magistrats instructeurs sont chargés de ce dossier. « Les investigations devront bien évidemment s'attacher à déterminer d'éventuels liens, non établis à ce jour [...], des protagonistes de l'attentat, notamment avec des acteurs de l'organisation terroriste Daech », a souligné François Molins.

L'attaque de Nice a été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI). Mais l'enquête n'a pas révélé à ce stade une quelconque allégeance du tueur de 31 ans à l'organisation djihadiste.

Quatre-vingt quatre personnes sont mortes dans cette attaque sur la promenade des Anglais. Quinze autres personnes étaient toujours dans un état critique jeudi.

Un citoyen a tenté d'arrêter le tueur

Pendant que Mohamed Lahouaiej Bouhlel fonçait sur la foule, un homme a tenté de l'arrêter en s'accrochant à la portière du camion. La chaîne France 2 a recueilli son témoignage dans la vidéo ci-dessous.

 

Attentat à Nice - notre section spéciale

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