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Conseil de la fédération : Ottawa pourrait imposer une taxe sur le carbone

Les premiers ministres des provinces et des territoires se rencontrent au Yukon dans le cadre du Conseil de la fédération.

Les premiers ministres des provinces et des territoires se rencontrent au Yukon dans le cadre du Conseil de la fédération.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La possibilité que le gouvernement fédéral impose une taxe sur le carbone a provoqué des réactions à Whitehorse, au Yukon, où sont réunis les 13 premiers ministres provinciaux et territoriaux durant le Conseil de la fédération, le premier à se tenir dans un Territoire du Nord canadien.

En entrevue à CBC, le premier ministre Justin Trudeau a ouvert la porte à l'imposition d'une telle taxe.

« Nous devons être sérieux en ce qui a trait à la protection de l'environnement, a-t-il dit, et mettre un prix sur le carbone est un élément essentiel [pour y arriver]. »

Il croit qu'il est primordial de réconcilier l'économie et l'environnement afin d'assurer la prospérité du pays.

« Les Canadiens le savent, on a besoin d'emplois, on a besoin d'emplois pour nos enfants, mais ils ne doivent pas venir au coût de notre prospérité à long terme, de notre environnement », a dit le premier ministre.

Il soutient que les provinces sont d'accord pour mettre de l'avant des mesures afin de mieux protéger l'environnement, mais qu'elles doivent être mieux encadrées.

Nous voulons nous assurer que les initiatives provinciales sont suffisantes.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

 Les provinces s'inquiètent

Même s'ils ne s'opposent pas à l'idée d'une taxe sur le carbone, certains premiers ministres provinciaux ont sursauté à l'idée de se faire imposer une manière de faire par Ottawa.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, rappelle « qu'il y a des mécanismes de fixation de prix du carbone qui sont déjà en place [au Québec] ». Et, ajoute-t-il ce qui est important pour lui, « c'est que toute initiative fédérale respecte ce qui est déjà en place ».

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, croit pour sa part qu'une telle taxe pourrait être un mécanisme efficace pour stimuler l'économie. Mais « les particularités de chaque province, insiste-t-elle, doivent être prises en compte par le fédéral ».

Les Autochtones veulent être consultés

Les chefs autochtones, présents à la rencontre du Conseil de la fédération, réclament les mêmes égards que les provinces et demandent à être consultés avant toute décision.

« Avant de construire quoi que ce soit, construisez une relation de respect avec les Autochtones », s'est exclamé le chef national de l'Assemblée des Premières nations, Perry Bellegarde.

Les dirigeants autochtones sont à Whitehorse pour discuter de collaboration avec les provinces, d'éducation, de développement économique et de gestion des situations d'urgence et des sinistres.

La contribution des provinces dans l'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées était aussi à l'ordre du jour de leur rencontre annuelle avec les premiers ministres.

Les provinces ont reconnu être d'accord sur la nécessité d'aller de l'avant dans ce dossier.

Philippe Couillard estime qu'il est préférable de former une seule commission nationale plutôt que de se retrouver avec plusieurs enquêtes parallèles. Il souhaite toutefois que le tout se fasse dans le respect des responsabilités, des juridictions, de la Constitution et même de la Charte de la langue française.

M. Couillard a rappelé qu'il avait pris l'engagement de se pencher sur le mandat d'une telle commission pour s'assurer que les allégations de sévices sexuels contre des femmes autochtones par des policiers y figurent.

Le gouvernement fédéral doit annoncer prochainement les modalités de cette commission d'enquête.

Un menu chargé

Plusieurs sujets sont à l'ordre du jour de la réunion de trois jours.

Le libre commerce entre les provinces est en tête des sujets qui seront abordés pendant la rencontre. Un traité avec le gouvernement du Canada et ceux des provinces et territoires est d'ailleurs en préparation à ce sujet. Déjà, plusieurs provinces de l'ouest et de l'est du pays ont formé des zones de libre-échange.

La question des transferts de fonds fédéraux-provinciaux sera aussi discutée. Au Québec, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, affirmait il y a quelques jours qu'Ottawa a déjà prévenu qu'il réduirait de moitié le taux de croissance annuel des paiements de transfert aux provinces.

Plus tôt mercredi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a donné peu de détails sur l'état des négociations, mais il s'est fait rassurant.

« Notre ministre de la Santé s'est engagé avec ses homologues dans une conversation extrêmement positive pour établir comment nous allons nous assurer que tous les Canadiens aient accès à un service de santé de qualité partout au pays », a-t-il affirmé.

Les changements au régime de pensions du Canada seront également abordés.

Une dynamique renouvelée

La dynamique au sein de la fédération canadienne a changé depuis la dernière rencontre estivale des premiers ministres, sous le gouvernement Harper, l'élection de Justin Trudeau ranimant les espoirs de bonne entente entre Ottawa et les provinces.

De plus, la chute des prix du pétrole permet maintenant aux provinces du centre de retrouver la voix prépondérante qu'elles avaient historiquement au sein de la fédération.

Avec les informations d'Hugo Lavallée

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