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L'état d'urgence prolongé de six mois en France

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les députés français ont voté dans la nuit de mardi à mercredi par 489 voix contre 26 la prolongation pour une durée de six mois de l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015.

L'exécutif a dans un premier temps souhaité prolonger ce régime d'exception de trois mois, après l'attaque du 14 juillet à Nice, mais a consenti à allonger cette durée à la demande du groupe Les Républicains.

Les groupes PS et radicaux de gauche ont voté pour de même que celui des Républicains (LR), à quelques exceptions près, et de l'UDI (centriste) qui ont réclamé un « durcissement » du texte.

Seuls le Front de gauche et quelques députés écologistes ont, comme les fois précédentes, voté contre ce projet qu'ils jugent au mieux inefficace, au pire comme une atteinte aux droits fondamentaux.

Comme le proposait l'opposition de droite, le gouvernement a accepté de porter cette prorogation de trois à six mois, soit du 26 juillet au 26 janvier 2017.

François Hollande a décidé après la tuerie de Nice, jeudi, de prolonger pour la quatrième fois l'état d'urgence décrété à la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

Attentat à Nice - notre section spéciale

Le premier ministre Manuel Valls, venu présenter lui-même le projet de loi aux députés, a lancé un appel à l'unité nationale et a mis en garde contre « la démagogie ».

Les populismes rôdent, prêts à saisir la moindre occasion pour souffler sur les braises de la discorde, attiser les divisions, alors que chaque division nouvelle nous rend un peu plus vulnérable. Nous devons être unis, concentrés sur l'objectif, car nous devons être forts face à la menace.

Une citation de :Manuel Valls

Perquisitions administratives

Dénonçant les « outrances qui pourrissent le débat public », Manuel Valls a répondu aux critiques de la droite après l'attentat de Nice et à certains de ses projets, tout en se déclarant ouvert à toutes propositions « dès lors qu'elles respectent une double condition : être réellement efficace et s'inscrire dans notre État de droit ».

Le premier ministre français, Manuel Valls, à Nice, le 18 juilletAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre français, Manuel Valls, à Nice, le 18 juillet

Photo : Pascal Rossignol / Reuters

« Nous devons faire bloc autour de nos valeurs. C'est refuser toute tentation de recourir à des mesures arbitraires contraires à nos principes démocratiques et constitutionnels. La fuite en avant, les aventures extrajudiciaires que certains réclament, ont mené à des impasses dans d'autres pays », a-t-il dit.

Nous approuvons la poursuite d'un état d'urgence renforcé, car nous pensons que, parfois, les circonstances imposent de restreindre certaines libertés pour le temps qu'il faut, et aussi longtemps que la sécurité des Français l'oblige.

Une citation de :Christian Jacob, président du groupe LR

Le projet de loi autorise de nouveau les perquisitions administratives et l'exploitation des données retrouvées dans tout système informatique ou de communication saisi dans ce cadre, comme le demande le parti Les Républicains.

De même, si une perquisition révèle l'existence d'un autre lieu fréquenté par la personne visée, un droit de suite permettra de le perquisitionner dans la foulée.

Un rapport récent d'une commission d'enquête sur la lutte contre le terrorisme présidé par Georges Fenech (LR) et cosigné par le député Sébastien Pietrasanta (PS) juge l'apport de l'état d'urgence « utile, mais limité dans le cadre de la lutte antiterroriste ». Si les perquisitions administratives ont un effet déstabilisateur sur les personnes ciblées, celui-ci s'est « rapidement amenuisé », note-t-il ainsi.

L'ancien maire de Nice remet en question les conditions de sécurité

Visite émouvante sur la promenade des Anglais au lendemain de l'attentat de NiceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Visite émouvante sur la promenade des Anglais au lendemain de l'attentat de Nice

Photo : Getty Images / David Ramos

Le président de la fédération des Alpes-Maritimes pour le groupe LR, Christian Estrosi, demande au premier ministre Manuel Valls de saisir l'inspection générale des services pour faire la lumière sur les conditions de sécurité mises en place le 14 juillet.

« Lorsqu'il aura sous les yeux tous les éléments, il ne pourra pas dire la même chose », déclare l'ancien maire de Nice, dans une interview à paraître mercredi dans le quotidien régional Nice Matin.

Les policiers étaient moins nombreux [qu'en 2015] alors que nous étions pourtant en plein état d'urgence. Le ministre de l'Intérieur a affirmé qu'ils étaient 64, le premier ministre qu'ils étaient au total 185. Ces deux chiffres sont mensongers.

Une citation de :Christian Estrosi

Christian Estrosi indique également qu'il n'a eu « connaissance d'aucun élément qui aurait pu me conduire à une annulation ».

Il précise que 42 policiers municipaux étaient présents sur le terrain, comme le lui avait demandé l'État. Ils étaient les seuls, assure-t-il, à être positionnés jeudi soir « à des carrefours stratégiques, comme nous en avons la preuve sur de nombreuses photos ».

Des questions se posent aussi sur l'absence de blocs de béton qui auraient peut-être pu ralentir ou entraver la course folle du camion ayant fait 84 morts sur la promenade des Anglais.

« Pour l'Euro 2016, ils avaient été positionnés pour faire des chicanes. Cette disposition n'a pas été reproduite le 14 juillet » précise-t-il.

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