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Ankara demande à Washington d'extrader l'imam Gülen

Des pro-Erdogan brûlent une photo de l'ennemi juré du président, Fethullah Gülen.

Photo : ? Alkis Konstantinidis / Reuter

Radio-Canada

La Turquie a fait parvenir une demande d'extradition officielle aux États-Unis, mardi, afin de ramener au pays le prédicateur Fethullah Gülen, qu'elle accuse d'avoir tiré les ficelles de la tentative de coup d'État perpétrée la semaine dernière.

Quatre dossiers contenant des preuves alléguées de responsabilité ont été transmis. « Nous n'avons pas le moindre doute au sujet de celui qui a mis en œuvre et exécuté » le putsch avorté, a déclaré le premier ministre turc Binali Yildirim. « Nous leur présenterons plus de preuves qu'ils n'en veulent »

Dès vendredi soir, à peine quelques heures après le début des affrontements entre les forces gouvernementales et les putschistes, le président Recep Tayyip Erdogan avait montré du doigt l'imam Gülen, son ennemi juré, exilé aux États-Unis depuis 1999.

Nous allons éradiquer [Fethullah Gülen], de sorte qu'aucune organisation terroriste clandestine n'ait le courage de trahir de nouveau notre peuple béni.

Recep Tayyip Erdogan

Traité par Ankara de « traître » et de « terroriste en chef », le religieux a nié ces accusations depuis sa résidence actuelle en Pennsylvanie, jugeant que la Turquie ne représentait plus une démocratie.

Alors que les relations turco-américaines se refroidissent, le premier ministre Yildirim a accusé les États-Unis de tenir un double langage sur le terrorisme et a rappelé que la Turquie s'était tenue au côté des Américains après les attentats du 11 septembre 2001.

M. Yildirim a par ailleurs annoncé que des mesures seront lancées mercredi pour extirper le pays des « circonstances extraordinaires » dans lesquelles il est plongé depuis les violences du week-end dernier.

Des hauts gradés militaires inculpés

Par ailleurs, les tribunaux turcs ont ordonné la mise en détention de 85 généraux et amiraux qui auraient joué un rôle dans la tentative de coup d'État de la semaine dernière, selon ce que rapporte mardi l'agence de presse officielle Anadolu.

On retrouve parmi les officiers détenus l'ancien chef de l'armée de l'air et le cerveau présumé du complot, le général Akin Ozturk, ainsi que le général Adem Hududi, qui commande la 2e Armée responsable de défendre la Turquie face aux menaces provenant de la Syrie, de l'Iran et de l'Irak.

Le général Ozturk réfute toutes les allégations contre lui et nie avoir joué quelque rôle que ce soit dans cette affaire, selon Anadolu.

Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis le coup d'État avorté qui a coûté la vie à 204 partisans du gouvernement et à 28 mutins. Des milliers de policiers, de soldats, de fonctionnaires et de juges qui entretiendraient des liens avec l'imam Gülen ont aussi été congédiés.

L'armée turque prétend que tous les éléments responsables des événements de vendredi dernier ont maintenant été neutralisés.

Anadolu ajoute que 257 employés du bureau du président Recep Tayyip Erdogan ont été remerciés et leurs cartes d'identité, saisies. Le conseiller militaire de M. Erdogan pour l'armée de l'air aurait été arrêté.

Au total, 6038 militaires, 755 magistrats et 100 policiers ont été placés en garde à vue, selon le premier ministreYildirim.

Des images de brutalités commises contre des soldats putschistes ont commencé à circuler notamment sur les réseaux sociaux. Certaines d'entre elles montrant des militaires roués de coups après s'être rendus ont provoqué la colère d'internautes du monde entier.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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