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Légumes et fruits imparfaits à bons prix

Carotte imparfaite

Radio-Canada

De nouvelles études américaines dévoilent que les Américains jettent près de la moitié des aliments qu'ils produisent. Un gaspillage qui est souvent le reflet d'une quête de perfection des fruits et les légumes.

Un texte de Maxime BertrandTwitterCourriel

Il y a un an, la chaîne de supermarchés l'Intermarché a lancé un mouvement de réhabilitation des fruits et légumes imparfaits. La campagne a eu des échos au Québec dans les épiceries Maxi et IGA. 

Depuis, l'engouement est tel que les bannières Maxi et Maxi&Cie veulent en remplir leurs étals. Depuis un an, la devise des bannières est : « C'est le goût qui prime et non l'apparence. »

C'est ainsi que les poivrons à cicatrices, les champignons et les pommes de petites tailles, bref, les fruits et légumes imparfaits ont trouvé leur place dans les épiceries.

Et, pour augmenter leur attrait, Maxi les vend à prix réduit. Ces fruits et légumes coûtent 30 % de moins que leurs confrères parfaits.

« C'est un débouché additionnel pour les producteurs parce que beaucoup de ces fruits et légumes là n'auraient tout simplement pas été cueillis, soit parce qu'ils sont de taille plus petite ou que leur couleur n'est pas parfaite ou qu'ils ont de petites taches », affirme Johanne Héroux, directrice principale, Affaires corporatives et communications pour Loblaw.

Mme Héroux soutient également que la vente à prix réduit contribue à lutter contre le gaspillage alimentaire.

La chaîne qui a commencé modestement en vendant quelques produits imparfaits - pommes, pommes de terre, poivrons et champignons - est ravie du succès de l'initiative.

Sans donner de chiffres, elle parle d'une réussite qui dépasse les attentes et compte ajouter d'autres produits (avocats, carottes) à sa gamme.

Des producteurs inquiets

Mais les producteurs agricoles sont inquiets.

Environ 15 % des fruits et légumes qu'ils produisent peuvent être qualifiés de « moches ».

Et si l'on en croit André Plante, directeur général de l'Association des producteurs maraîchers du Québec, « le 10 % à 15 % qui reste de disponible, si tout le monde décide de vendre, de mettre au détail des légumes moches, rapidement, les producteurs vont arriver à une rupture de stock », dit-il.

On ne demande pas à nos fournisseurs de faire exprès de produire des légumes imparfaits. C'est vraiment ce qu'ils ont, ce qui ne serait pas cueilli dans leurs champs. C'est selon la disponibilité.

Johanne Héroux, directrice principale, Affaires corporatives et communications chez Loblaw

André Plante craint que les agriculteurs ne soient tentés de mettre des produits « parfaits » dans des sacs de produits « imparfaits ».

Quoi qu'il en soit, déjà, il faut chercher pour trouver les imperfections dans les produits vendus ici. Elles se résument souvent à une petite tache ou à des produits de plus petite taille.

Voilà qui pousse les producteurs à croire que les grandes chaînes devraient plutôt revoir leurs critères de qualité et renoncer à l'esthétisme à tout prix.

« Quand on parle d'une carotte, une chaîne d'alimentation, son standard d'une qualité numéro 1 c'est que faut pas que la carotte soit plus grande que 9 pouces, faut pas qu'elle soit plus petite que 7 pouces, faut pas qu'elle ait un diamètre de plus qu'un pouce et demi, pas moins qu'un pouce et un quart. Voyez-vous les standards de plus en plus exigeants? », estime André Plante.

Selon le quotidien britannique The Guardian, des études gouvernementales évaluent le gaspillage de nourriture, aux États-Unis, à 60 millions de tonnes par année, ce qui représente 160 milliards de dollars américains.

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