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VIH/sida : les cachettes du virus découvertes

Représentation artistique du VIH dans le sang
Représentation artistique du VIH dans le sang Photo: iStockphoto
Radio-Canada

Certaines cellules qui servent de cachettes au VIH au cours des trithérapies ont été identifiées par des chercheurs québécois. L'annonce de cette importante percée intervient au moment où le monde de la recherche se rencontre à Durban, en Afrique du Sud, pour la XXIe conférence mondiale sur le sida.

Un texte d'Alain LabelleTwitterCourriel

Le Dr Nicolas Chomont et son collègue Rémi Fromentin du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) expliquent avoir trouvé des marqueurs qui permettent d'identifier les réservoirs du VIH. Ces réservoirs sont en fait des cellules et des tissus dans lesquels le virus persiste, malgré les traitements de trithérapie.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives de traitement pour les éliminer et guérir peut-être un jour les personnes infectées par le virus.

Nicolas Chomont, CRCHUM

Les médicaments antirétroviraux actuels empêchent l'évolution de l'infection vers le syndrome d'immunodéficience acquise (sida). La trithérapie fonctionne très bien et permet habituellement de voir la charge virale d'un individu tomber à un niveau indétectable lors de tests sanguins.

Toutefois, si le patient arrête la trithérapie, le virus revient très vite, parce qu'il réussit à se cacher dans ces mystérieux réservoirs.

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Débusquer le virus

Le VIH a besoin d'être hébergé dans une cellule pour vivre et se répliquer. Ses « maisons » sont préférentiellement des lymphocytes T CD4+, un type de globules blancs dont le rôle est d'activer la défense du corps humain contre les infections.

Or, au sein de la vaste population de lymphocytes T CD4+, il y a seulement une cellule réservoir sur un million de cellules. « C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin », explique le Dr Chomont.

Les chercheurs québécois ont toutefois découvert que les cellules réservoirs ont des caractéristiques bien disctintes. En fait, ils ont identifié trois marqueurs cellulaires typiques des réservoirs qui s'expriment à la surface des cellules qui abritent les virus persistants.

C'est un peu comme si les chercheurs avaient trouvé trois distinctions particulières à leurs maisons, comme une grande cheminée, une petite porte et un balcon.

« L'objectif est d'aller détruire toutes les maisons qui ont ces caractéristiques, pour éliminer le virus », affirme Nicolas Chomont.

Son collègue Rémi Fromentin ajoute que cette découverte est importante parce qu'il n'existait jusqu'à maintenant aucune combinaison de marqueurs ayant un potentiel d'intervention thérapeutique sur les réservoirs du VIH.

Il existe déjà des médicaments anticancer qui visent spécifiquement ces marqueurs. On pense qu'on pourrait utiliser les mêmes médicaments pour détruire les réservoirs du VIH.

Rémi Fromentin

Le détail de ces travaux est publié dans la revue PLOS Pathogens (Nouvelle fenêtre).

Une bataille qui reste à gagner

Envions 18 000 scientifiques, médecins, militants et personnalités se retrouvent cette semaine à Durban, en Afrique du Sud, pour la XXIe conférence mondiale sur le sida.

Lors de la séance d'ouverture de la rencontre, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé la communauté internationale « à ne pas perdre du terrain contre l'épidémie ». Il a rappelé aux participants l'importance d'« avancer rapidement et de manière décisive pour atteindre les objectifs » fixés par l'ONU et « mettre fin à l'épidémie » d'ici 2030.

Environ 36,7 millions de personnes dans le monde sont porteuses du VIH, mais la proportion de décès baisse fortement. En 2015,  eviron 1,1 million de personnes sont décédées de causes liées au sida, contre 2 millions en 2005.

Science