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Après la tentative de coup d'État, la répression en Turquie

Des policiers montent la garde aux abords du pont du Bosphore à la suite de l'échec du coup d'État en Turquie.

Photo : Reuters/Murad Sezer

Radio-Canada

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, procède à des arrestations de masse en lien avec la tentative de coup d'État survenue la veille. Il a ordonné l'arrestation de 2745 juges. Ces arrestations s'ajoutent à celles de 2800 militaires interpellés vendredi soir à la suite de l'échec du putsch militaire.

Ces actions ont été vivement dénoncées par Fethullah Gülen, un prédicateur turc et opposant du régime Erdogan. Fethullah Gülen, qui vit en exil aux États-Unis depuis plusieurs années, a condamné la tentative de coup d'État de vendredi.

Il soutient toutefois que le président Recep Tayyip Erdogan pourrait être l'instigateur du mouvement de renversement. Selon le prédicateur, l'opération aurait été menée dans le but de créer de la confusion et de permettre l'arrestation des opposants politiques du parti présentement au pouvoir.

De son côté, l'administration Erdogan accuse Fethullah Gülen de chercher à mettre en place des structures parallèles dans le but de faire tomber le gouvernement.

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a d'ailleurs convoqué une réunion d'urgence pour faire le point sur la situation. Il a également accusé les partisans de M. Gülen d'être à l'origine du coup d'État et a déclaré que tout pays qui appuierait l'opposant turc serait considéré comme en guerre contre la Turquie.

Fethullah GÜlen, l'ennemi juré du président turcAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fethullah Gulen, l'ennemi juré du président turc

Photo : EPA/SELAHATTIN SEVI/ZAMAN DAILY NE

Erdogan soutient avoir repris le contrôle

Recep Tayyip Erdogan a soutenu que les forces de police et les soldats loyaux envers le gouvernement ont réussi à mater la rébellion, après plusieurs heures de combats qui ont fait au moins 194 morts et 1400 blessés, dont de nombreux civils.

Accueilli par une foule massive à l'aéroport d'Istanbul, le président Erdogan a assuré que les auteurs de la tentative de coup d'État « paieront très cher leur trahison envers la Turquie ». Il a remercié la population qui est descendue dans la rue pour contester le couvre-feu imposé par les militaires rebelles.

Un soldat ayant participé au coup d'État est arrêté.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un soldat ayant participé au coup d'État est arrêté.

Photo : EPA/TOLGA BOZOGLU

Des combats entre les forces loyalistes et putschistes se sont poursuivis à Istanbul et Ankara samedi matin. Mais en soirée, le ministre turc de la Défense, Fikri Isik, a donné l'assurance que le gouvernement avait repris le contrôle de tous les secteurs du pays.

La compagnie Turkish Airlines a annoncé la reprise de ses activités à l'aéroport Atatürk. Affaires mondiales Canada invite toutefois les Canadiens à éviter de voyager en Turquie, car « la situation en matière de sécurité s'est considérablement détériorée. »

Berlin et Ottawa invoquent le « respect de l'État de droit »

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, a indiqué en entrevue à ICI RDI qu'il avait « eu des contacts avec plusieurs personnalités étrangères », dont son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, pour discuter du retour au calme dans le pays. Ils ont parlé de la « nécessité de condamner toute tentative de renversement d'une démocratie par action militaire », a-t-il ajouté. 

Entrevue avec Stéphane Dion, ministre canadien des Affaires étrangères

Puisque c’est la démocratie qui a été sauvée, il faut gérer l’après coup d’État selon les règles de la démocratie et non pas avec un esprit qui pourrait relever d’un autre ordre.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion.

Pour le ministre Dion, les putschistes doivent être traduits en justice, mais cela doit se faire en respectant les principes de « l'État de droit ». Il a par ailleurs invité les autorités turques à faire preuve de « discernement » et à éviter les condamnations de masse.

Par ailleurs, le ministre d'Affaires mondiales Canada a admis qu'il était au courant des allégations de violation des droits humains en Turquie, mais a indiqué qu'il « était préférable de maintenir un gouvernement démocratiquement élu et ses institutions en place, quitte à devoir les améliorer ».

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a condamné « de la façon la plus forte » la tentative avortée de putsch contre le président turc. Tout comme Stéphane Dion, elle a également insisté sur l'importance de respecter la loi et la démocratie au cours des procédures judiciaires qui suivront les arrestations.

Washington annonce sa collaboration

Les États-Unis ont indiqué qu'ils allaient soutenir Ankara dans l'enquête sur le putsch déjoué. Le secrétaire d'État américain John Kerry, invite en outre les autorités turques à livrer des preuves contre Fethullah Gülen. Le président Barack Obama a d'ailleurs réuni son conseil de sécurité afin de discuter de la situation en Turquie.

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et Reuters

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