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Où y a-t-il eu le plus d'attentats en France? La réponse en carte

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après Charlie Hebdo et le Bataclan, voilà que l'horreur a frappé la promenade des Anglais, à Nice, lors de la fête nationale française. Avec trois attentats en 19 mois, la France et certaines de ses villes semblent des cibles de choix. État des lieux.

Un texte de Pascale FontaineTwitterCourriel

Sur les 36 attentats recensés depuis les années 60, Paris a été 18 fois la cible d'attaques. Les grandes villes comme Paris renferment le plus de diversité culturelle et le moins de xénophobie, analyse Pierre-Alain Clément, directeur adjoint et chercheur en résidence de l'Observatoire de géopolitique à la Chaire Raoul-Dandurand.

« Les djihadistes veulent fractionner, créer du clivage dans la société pour faire en sorte qu'il y ait ce fameux choc des civilisations, dit-il. Ce n'est pas pour rien qu'on frappe les gens sur les terrasses ou ceux qui regardent les feux d'artifice. » Ils frappent, ajoute-t-il, ceux qui militent pour la diversité « afin que se polarisent les discours ».

Carte des attentats en France depuis les années 1960.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les attentats en France depuis les années 1960

Photo : Radio-Canada

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

Plutôt que des villes, « on choisit des cibles identifiées comme des ennemis, des juifs, des gens jugés trop favorables à Israël ou la jeunesse multiculturelle », mentionne M. Clément. 

Les attentats créent un effet d'entraînement, rappelle Stéphane Leman-Langlois, professeur et directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme à la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval

« Quand il y en a un [attentat], ça encourage et galvanise les autres à en faire plus. C'est normal qu'il y ait une vague, causée en partie par cet effet d'entraînement », observe-t-il.

Selon ce qui s'est vu dans l'histoire du terrorisme depuis les années 60, la vague est toutefois temporaire et se résorbe, non pas au bout de quelques mois, mais au bout de quatre ou cinq ans, note M. Leman-Langlois. D'ailleurs, de 2005 à 2007, le Royaume-Uni était régulièrement la cible d'attentats, rappelle-t-il.

Pour bien voir, il ne faut pas regarder sur quelques mois, mais sur 10 ou 12 ans. On a le nez un peu trop collé sur l'arbre, pour le moment.

Une citation de : Stéphane Leman-Langlois, chercheur à l'Université Laval

Malgré la multiplication des attaques, les experts se gardent bien de tirer des conclusions trop vite.

Attentat à Nice - notre section spéciale

Au-delà de la carte

Des discours sont déjà délétères et aliénants à l'égard des communautés d'origine musulmane, font tous deux remarquer les experts.

« La communauté maghrébine qui se trouve dans des impasses sans avenir est assez importante », dit Stéphane Leman-Langlois.

« La France, au-delà des actions militaires, est dans une rhétorique qui paraît plus agressive à l'égard de sa propre population musulmane, mais aussi de celle du Moyen-Orient », convient Pierre-Alain Clément, aussi spécialiste du Moyen-Orient, du terrorisme, du djihadisme et des questions israélo-palestiniennes

C'est l'enjeu d'une psychose, car chaque fois qu'on parle de l'islam, c'est pour parler des problèmes, du manque d'intégration, de l'incompatibilité de l'Islam avec la France, des jeunes de banlieue qui posent problème.

Une citation de : Pierre-Alain Clément, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand

Dans une société d'accueil où il y a de la discrimination et où ils passent toujours pour des étrangers de génération en génération, quelques jeunes en perte de repères peuvent trouver une mission avec le djihadisme, concluent les experts.

« C'est définitivement un facteur sociodémographique qui explique une partie du problème français. Le problème est bel et bien français, pas à l'État islamique ou en Syrie. Ça explique pourquoi envoyer plus de bombes en Syrie ne fait pas diminuer le nombre d'attentats en France », ajoute Pierre-Alain Clément, tout en rappelant qu'on ne connaît pas les motivations derrière l'attaque de jeudi à Nice.

Et si au lieu de faire des frappes à l'étranger, la France avait investi dans des interventions sociales dans les banlieues il y a 5 ou 10 ans, il y aurait peut-être moins d'attentats aujourd'hui, avancent MM. Clément et Leman-Langlois.

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