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84 personnes fauchées à Nice : que sait-on de l'auteur du carnage?

Carte de résident de Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

Carte de résident de Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

Photo : Nouvel Observateur

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les autorités françaises ont commencé à lever le voile sur l'identité du terroriste à l'origine de l'attentat qui a fait 84 morts jeudi soir sur la promenade des Anglais, à Nice. Le procureur de Paris, François Molins, a confirmé vendredi qu'il s'agissait de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Niçois d'origine tunisienne de 31 ans.

Des cartes d'identité ont été trouvées à bord du camion et des analyses d'empreintes digitales ont permis d'identifier le conducteur.

Né le 3 janvier 1985 à Msaken, en Tunisie, Mohamed Lahouaiej Bouhlel travaillait à Nice comme chauffeur-livreur. Marié et père de trois enfants, il était connu des services de police français pour des actes de délinquance et de violence, mais pas des services de renseignement.

Les autorités tunisiennes disent pour leur part qu'il n'était pas connu pour avoir des opinions radicales ou islamistes.

La police a mené vendredi matin une perquisition à son domicile de Nice. Son ex-femme a également été placée en garde à vue.

Le camion qui a servi à commettre l'attentat avait été loué auprès d'une compagnie de location de Saint-Laurent-du-Var le 11 juillet. Il devait être rapporté deux jours plus tard.

Alors que la remorque du camion était vide ou presque, les enquêteurs ont retrouvé dans la cabine un pistolet automatique, un chargeur et des cartouches, ainsi que plusieurs armes factices, dont un pistolet, deux fusils d'assaut – kalachnikov et M16 – et une grenade percée. Un téléphone mobile et des documents, dont la nature n'a pas été précisée, ont également été découverts.

Le pare-brise du camion qui a foncé sur la foule à Nice est criblé de balles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pare-brise du camion qui a foncé sur la foule à Nice est criblé de balles.

Photo : Claude Paris

L'attaque n'a pas encore fait l'objet de revendication de la part d'un groupe terroriste mais, selon François Molins, « ce type d'actions s'inscrit et correspond très exactement aux appels permanents au meurtre des organisations terroristes tel qu'elles le prescrivent régulièrement dans les nombreuses revues et vidéos qu'elles diffusent. »

C'est la section antiterroriste du parquet de Paris qui est responsable de l'enquête.

Attentat à Nice - notre section spéciale

Selon François Molins, « Mohamed Lahouaiej Bouhlel était connu des services de police et de justice pour des faits de menace, violence [ainsi que] vol et dégradation commis entre 2010 et 2016 ». Il avait été condamné le 24 mars 2016 par le tribunal correctionnel de Nice à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence volontaire avec arme commis en janvier 2016.

Le fil des événements

Le fil des événements :

  • Vers 22 h 45, un camion frigorifique de 19 tonnes accède à la promenade des Anglais par sa partie ouest;
  • Le chauffeur lance son poids lourd sur la foule réunie pour les festivités du 14 juillet;
  • Des piétons sont écrasés sur près de 2 kilomètres;
  • À la hauteur de l'hôtel Negresco, le chauffeur ouvre le feu sur trois policiers, qui répliquent en vain;
  • Les policiers poursuivent le camion sur 300 mètres;
  • Une seconde fusillade éclate en face d'un autre hôtel, le Palais de la Méditerranée;
  • Le chauffeur est abattu par les forces de l'ordre vers 23 h.

« Il y avait des mouvements de foule de partout, a raconté un témoin. Moi, je me trouvais devant un lieu d'animation. Des centaines de personnes se sont mises à courir dans tous les sens. On pensait à une alerte à la bombe. [...] Beaucoup de gens tapaient aux portes pour se réfugier dans les maisons. Des scènes de terreur. »

Un commerçant de la promenade, Johnny Prévost, a raconté avoir vu les gens tomber les uns après les autres. « Le 14 juillet ici, ils ferment la promenade aux voitures, aux scooters, et ils mettent des scènes. Il y a 10 groupes de rock, de salsa et donc il y a des centaines, des milliers de personnes qui viennent danser, auxquelles se joignent d'autres personnes et des touristes qui viennent voir le feu d'artifice à 22 h. [...] Quatre minutes après la fin, à 22 h 30, le camion a passé. »

Le dernier bilan fait état de 84 morts et 202 blessés, dont 52 « en état d'urgence absolue ». Vingt-cinq « sont en réanimation », selon François Molins.

Parmi les morts : un père texan et son fils, trois Allemands – un enseignant et deux lycéennes –, de même qu'une Suissesse, une Russe, une Arménienne et un Ukrainien. Aucun Canadien ne figure sur la liste des victimes.

Le point de presse de François Molins

Le président français François Hollande a décrété trois jours de deuil national à compter de samedi. Il a aussi annoncé qu'il prolongeait de trois mois l'état d'urgence, qui devait prendre fin le 26 juillet. L'ironie du sort a voulu que le président ait annoncé sa levée jeudi, quelques heures avant l'attentat, dans le cadre des festivités du 14 juillet.

En plus de mobiliser 10 000 militaires, la gendarmerie et la police, L'Élysée fera appel à la « réserve opérationnelle », constituée de soldats et gendarmes à la retraite, pour assurer le contrôle des frontières notamment.

Avec les informations de Reuters, BBC, L'OBS, et Agence France-Presse

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