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L'Acadie des terres et forêts : 15 ans, une nouvelle salle et beaucoup de talents

Le spectacle L'Acadie des terres et forêts
Le spectacle L'Acadie des terres et forêts Photo: Radio-Canada/Anne-Marie Parenteau

Après la controverse des derniers mois sur la tenue du spectacle l'Acadie des terres et forêts, les organisateurs ont finalement présenté la première mercredi au centre d'amusement Grey Rock, à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Un billet d'Anne-Marie ParenteauTwitterCourriel

C'est ce qu'on appelle avoir un Plan B. Un mois et demi à peine avant la présentation du spectacle au parc de la République à Edmundston et après avoir occupé la salle pendant 15 ans, les producteurs apprennent qu'elle n'est plus disponible. C'est le choc.

« Dans ma tête à moi ce n'était vraiment pas une option que le spectacle arrête. C'est une école, ça fait partie de notre identité », raconte la jeune artiste Sabah-Izayah Cyr, qui fait partie du spectacle depuis six ans.

« Ce qui est touchant, c'est qu'on a reçu beaucoup d'appuis de la communauté », ajoute la comédienne et chanteuse Frédérique Cyr Deschênes, qui chante dans le spectacle depuis 15 ans.

Le producteur Étienne Deschênes confirme : « on a reçu des offres de neuf municipalités ou salles environnantes qui souhaitaient présenter le spectacle. Grand-Sault, Saint-Quentin, Saint-Basile, et même jusqu'à Rivière-du-Loup et Dégelis au Québec », précise-t-il.

L'équipe a choisi d'accepter l'invitation de l'homme d'affaires John Bernard, propriétaire du centre d'amusement et casino Gray Rock à Edmundston.

« Il a vu la possibilité d'attirer plus de monde à son centre et diversifier sa clientèle, pas seulement les gens qui jouent », ajoute M. Deschênes. Mais les défis qui attendaient le producteur et l'équipe étaient de taille.

Transformer un bingo en salle de spectacle

Aucun spectacle n'avait encore été présenté dans ce complexe. Qui plus est, la salle qui était mise à la disposition de l'équipe servait surtout au bingo. « Il a fallu bâtir une scène, louer de l'équipement de son et d'éclairage, bloquer les immenses baies vitrées avec les moyens du bord, installer des chaises confortables, monter des loges pour les artistes », raconte Étienne Deschênes.

Le résultat est impressionnant. L'utilisation de ce nouvel espace augmente la qualité du spectacle. La qualité du son et des éclairages est notoire. Le confort du spectateur également, grâce à l'air conditionné. En pleine canicule, la chaleur au théâtre du parc de la République peut devenir insoutenable.

Pour le moment, l'équipe n'utilise que la moitié de la salle qui compte 350 places. Mais elle pourrait en accueillir le double si les changements nécessaires étaient apportés. On parle d'investissements de l'ordre de 500 000 $ pour construire une véritable salle de spectacle. Mais, cela permettrait à la ville de se positionner sur le circuit des casinos dans les Maritimes et d'accueillir des artistes de renom.

« On sert un peu de test cet été. Si l'expérience est concluante, le propriétaire serait intéressé à aller de l'avant avec le projet de salle », ajoute Étienne Deschênes.

Un spectacle en quête d'identité

D'abord promu comme un spectacle racontant l'histoire de l'Acadie de la région du Madawaska, l'Acadie des terres et forêts se donne aussi le mandat de faire une revue humoristique des événements marquants de l'année.

Si bien que se côtoient sur scène tante Blanche Thibodeau, la princesse Malobiannah, Évangéline, soeur Maillet, mais aussi René Angélil, Donald Trump, la chanteuse britannique Adele, Céline Dion, Jean Leloup et plusieurs autres.

Leur apparition donne lieu à de nombreux tours de chant qui mettent en valeur le formidable talent des jeunes interprètes. Ils sont le clou du spectacle. Certains d'entre eux ont déjà 300 spectacles dans le corps à un très jeune âge.

Mais aussi bons soient-ils, ces numéros sont sans rapport avec l'histoire. À force de vouloir tout être à la fois, le spectateur ne sait plus où donner de la tête. La confusion des genres nous fait perdre le fil. Il faudrait sérieusement revoir les textes et attacher tous ces bouts de ficelles ensemble.

« On ne voulait pas raconter l'histoire de façon didactique. On fait le spectacle pour le public, pour le faire rire et le divertir. Ce qui est important c'est de remplir la salle », se défend Étienne Deschênes. Et le public semble lui donner raison. Les nombreux spectateurs rencontrés après la représentation étaient enchantés. De plus, le spectacle connaît son meilleur départ au niveau des réservations en 15 ans. Plus de 115 000 spectateurs ont vu l'Acadie des terres et forêts en fête à ce jour.

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