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L'alerte Amber : un programme efficace pour retrouver les enfants disparus

Une voiture de police

Photo : Radio-Canada/François Gagnon

La Presse canadienne

L'alerte Amber, comme celle qui mobilise les services policiers albertains depuis mardi matin, a connu un succès retentissant depuis son implantation dans les provinces canadiennes, particulièrement au Québec.

Les statistiques obtenues par La Presse Canadienne auprès de divers corps policiers démontrent qu'il s'agit d'une démarche efficace pour retrouver et protéger les enfants victimes d'enlèvement.

À l'échelle canadienne, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) recense 92 activations de l'alerte Amber d'un océan à l'autre, excluant celle lancée mardi à Calgary pour retrouver une petite fille de cinq ans portée disparue après que sa mère eut été trouvée morte.

En tout, les enfants ont été retrouvés vivants dans 86 cas, soit un taux de succès de plus de 93 %.

Malheureusement, quatre enfants ont été retrouvés morts, un autre est toujours porté disparu, bien que des accusations de meurtre aient été portées contre le suspect, et un des cas a été annulé, car il a été déterminé par la suite qu'il ne correspondait pas aux critères.

Au Québec, sur une période de 13 ans, 11 alertes Amber ont été déclenchées et toutes, sans exception, ont connu un dénouement heureux, les enfants étant retrouvés sains et saufs.

La dernière de ces opérations est survenue le 17 juin à Wotton, en Estrie, quand une femme et sa fillette d'un an avaient été retrouvées sauves à Sherbrooke dans les heures suivant leur enlèvement par l'ex-conjoint de la dame.

L'alerte Amber vise à répandre le plus d'informations possible, le plus rapidement possible, lorsqu'une disparition d'enfant est signalée, puisqu'il est maintenant clairement établi que les premières heures sont cruciales dans ce type de situation.

Une alerte en mémoire d'une jeune victime 

L'idée a vu le jour à la suite du décès de la petite Amber Hagerman, âgée de 9 ans, à Arlington, au Texas, le 13 janvier 1996.

À l'époque, bien qu'un citoyen avait fait la description du suspect ayant enlevé la fillette et de son véhicule, l'enfant avait été retrouvée morte quatre jours plus tard.

C'est alors que plusieurs citoyens ont communiqué avec des stations de radio et avec les policiers d'Arlington pour suggérer d'utiliser du temps d'antenne spécial afin d'émettre un avis à la population. 

Message sur Facebook des autorités albertaines concernant une alerte AmberAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les messages sur les médias sociaux aident à retrouver les enfants disparus en cas d'alerte Amber.

Photo : Facebook/Alberta Emergency Alert

Le 30 avril 2003, le Congrès américain adoptait l'Amber Alert Bill pour assurer l'application uniforme de l'alerte dans les États et, moins d'un mois plus tard, l'alerte était adoptée au Québec. L'Alberta avait pourtant été la première province canadienne à adopter ce programme, à la fin 2002. Toutes les provinces canadiennes ont mis en place un système d'alerte Amber.

Bien qu'elle fasse toujours référence à la petite Amber Hagerman, l'alerte Amber au Québec signifie désormais « Alerte Médiatique But Enfant Recherché ».

Critères

Chaque juridiction peut déterminer les critères qui doivent être remplis pour déclencher une alerte Amber.

Les critères qui sont généralement utilisés sont les suivants :

- l'enfant doit avoir moins de 18 ans;
- il y a raison de croire que l'enfant a été enlevé;
- il y a raison de croire que l'enfant court un danger imminent;
- les autorités disposent d'informations à communiquer pour aider à localiser l'enfant ou son ravisseur.

Les forces policières ont établi de nombreux partenariats pour s'assurer que l'information concernant l'enfant disparu soit diffusée le plus largement et le plus rapidement possible.

Ces partenariats incluent les médias, les médias sociaux, le Réseau enfants retour Canada, les centres d'appels d'urgence 911 et l'Association canadienne des télécommunications sans fil, qui distribue gratuitement les alertes Amber aux clients canadiens de la téléphonie cellulaire.

Au Québec, par exemple, un partenariat a également été conclu avec le ministère des Transports, qui affiche l'information sur ses panneaux à messages variables sur le réseau routier, et avec Astral Affichage, qui en fait autant sur ses panneaux digitaux dans la grande région de Montréal.

La Société de l'assurance automobile du Québec transmet aussi l'information à tous les contrôleurs routiers qui sillonnent les routes et qui sont bien placés pour repérer un véhicule suspect.

Statistiques canadiennes :

  • Activations totales depuis l'existence du programme : 92 (excluant celle du 12 juillet 2016 à Calgary)
  • Nombre total d'enfants touchés : 50 garçons, 58 filles
  • Enlèvements impliquant un inconnu : 22
  • Enlèvements impliquant un parent ou un membre de la famille : 54
  • Enlèvements impliquant une personne connue de la famille ou de l'enfant : 11
  • « Autres » (qui ne se sont pas avérés des enlèvements) : 5
  • Déclenchements d'alerte où les enfants ont été retrouvés vivants : 86
  • Déclenchements d'alerte où les enfants ont été retrouvés morts : 4


Note
: Une alerte en Colombie-Britannique a été annulée après qu'il eut été déterminé qu'elle ne correspondait pas aux critères. Dans un autre cas, une accusation de meurtre a été portée, mais la dépouille de l'enfant n'a jamais été retrouvée.


Alertes par province :

  • Terre-Neuve : 0
  • Nouveau-Brunswick : 0
  • Nouvelle-Écosse : 0
  • Île-du-Prince-Édouard : 0
  • Québec : 11
  • Ontario : 37
  • Manitoba : 0
  • Saskatchewan : 6
  • Alberta : 22 (excluant celle du 12 juillet 2016 à Calgary)
  • Colombie-Britannique : 16

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