•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les détracteurs de Canadian Malartic dénoncent les impacts de l'exploitation minière en milieu urbain

Une résidence de la zone sud de la voie ferrée, à Malartic
Une résidence de la zone sud de la voie ferrée, à Malartic Photo: ICI Radio-Canada / Angie Landry

Les groupes environnementaux, citoyens de Malartic et comités qui les représentent sont nombreux à se prononcer contre le projet d'agrandissement de la mine d'or Canadian Malartic et la déviation de la route 117 qui est présentement étudié par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) à Malartic. 

Avec les informations d’Émélie Rivard-BoudreauTwitterCourriel et de Claude BouchardTwitterCourriel

Canadian Malartic projette d'exploiter les gisements Jeffrey et Barnat, ce qui prolongerait la durée de vie de la mine qui emploie 670 personnes de 6 ans, soit jusqu'en 2028. La fosse serait allongée vers l'est pour atteindre une longueur de près de quatre kilomètres.

Déjà irrités par les activités minières qui se déroulent près de chez eux, de nombreux citoyens se braquent contre le projet. En soutien, des groupes environnementaux et autres experts qui talonnent la minière les appuient dans les revendications qu'il font valoir devant le président du BAPE dans ce dossier, Pierre André. 

Bruit, poussière, impacts psychosociaux

Parmi eux, le comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée, le secteur le plus près de l'actuelle fosse à ciel ouvert où sont traités plus de 50 000 tonnes de minerai chaque jour, demande que le projet de la déviation de la route 117 soit revu en entier. Il demande aussi que le principe de zone tampon soit reconnu et qu'une zone tampon soit instaurée pour tout projet futur.

De plus, le comité qui représente les citoyens de la zone sud demande que la minière Canadian Malartic leur offre une option d'acquisition qui inclurait des compensations pour les inconvénients et les nuisances subies.

« Comment se fait-il en 2016 qu'à Malartic, au Québec, que le citoyen impacté a dû subir depuis 6 ans tout cet inconfort causé par les nuisances que lui fait subir la minière? » s'interroge l'un des membres du comité, Louis Trottier.

Les impacts sur leur qualité de vie, sur leur santé psychologique et physique ont largement été démontrés.

Louis Trottier, membre du comité des citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic

De l'eau au moulin des détracteurs de la mine

De nombreuses études publiées au cours des dernières années ont effectivement apporté de l'eau au moulin des gens qui s'opposent au projet de Canadian Malartic, détaillant les impacts des activités minières sur les résidents de Malartic.

Parmi celles-ci, citons notamment l'étude réalisée par la Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, qui concluait en septembre dernier que les mesures d'atténuation mises en place à la mine Canadian Malartic étaient insuffisantes. Ou encore cette enquête de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) qui documente les impacts psychosociaux liés à l'exploitation de la mine.

Ce printemps, les citoyens les plus impactés par la présence de la minière menaçaient même d'intenter un recours collectif contre Canadian Malartic, une action qui n'a finalement jamais abouti, mais qui témoigne tout de même des relations houleuses qu'entretiennent certains citoyens avec la minière. 

Appuis extérieurs et accompagnement de proximité

Le Comité de vigilance de Malartic, tout comme la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, qui a déposé un mémoire conjointement avec l'Association canadienne des médecins pour l'environnement et MiningWatch Canada, a aussi déposé un mémoire mardi soir. L'avocate Nicole Kirouac est venue témoigner de son expérience d'accompagnement auprès de nombreux résidents dans leurs revendications depuis les débuts de l'exploitation.

« Du bruit excessif, une division et une fracture sociale importante. Des vibrations et des perturbations perturbantes suite aux sautages, une baisse de la population, la non-revitalisation du centre-ville, perte de qualité de vie et une richesse économique passagère concentrée auprès d'une certaine catégorie de personnes directement rattachées à la minière », a illustré la militante impliquée dans ce dossier depuis 2007 et qui demeure, contre vents et marées, une Malarticoise d'origine et de coeur. 

La Ville plaide pour une qualité de vie durable

Partagée entre les intérêts financiers et la qualité de vie, la Ville de Malartic a aussi présenté son mémoire mardi soir. Le maire, Martin Ferron, a mentionné au BAPE que depuis que Canadian Malartic est en opération, la population de la municipalité a baissé et que cette situation est préoccupante pour les contribuables.

Pour assurer sa pérennité et s'assurer d'une vitalité économique après l'exploitation de la mine, Malartic souhaiterait atteindre près de 5000 habitants sur son territoire, alors que présentement, environ 3300 personnes y vivent. Pour ce faire, la Ville sollicite l'aide de la minière pour inciter des travailleurs et des entreprises à s'implanter chez elle.

Les audiences se poursuivent à Malartic mercredi. Le rapport du BAPE doit être présenté au ministre de l'Environnement, David Heurtel, au plus tard le 5 octobre. Il doit être rendu public dans les 60 jours suivant son dépôt.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais