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BAPE à Malartic : citoyens et organisations divisés quant à l'agrandissement de la mine et à la déviation de la 117

Sébastien Leclerc, propriétaire de l'entreprise Chaussures R. Leclerc à Malartic lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE)
Sébastien Leclerc, propriétaire de l'entreprise Chaussures R. Leclerc à Malartic lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) Photo: Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

L'agrandissement de la mine d'or Canadian Malartic et la déviation de la route 117 divisent la communauté de Malartic, en Abitibi-Témiscamingue. Le Bureau d'audiences publiques environnement (BAPE) écoute, mardi et mercredi, l'opinion de cette communauté de près de 3500 habitants sur la possible extension du projet.

Avec les informations d’Émélie Rivard-BoudreauTwitterCourriel et de Claude BouchardTwitterCourriel

Mardi, 17 citoyens et 8 organisations y ont présenté un mémoire lors des audiences. Déjà, les avis sont partagés.

Des voix s'élèvent contre le projet...

Parmi ceux qui émettent des réticences à l'égard du projet, on croit notamment que le gouvernement du Québec devrait mettre à jour sa règlementation sur l'exploitation minière en milieu urbain, notamment pour imposer une distance tampon entre la mine et les résidents les plus proches.

« De la poussière en abondance, des fissures dans les fondations, du bruit excessif, une division et une fracture sociale importante », a énuméré l'avocate Nicole Kirouac, qui a agi comme personne-ressource auprès de citoyens de Malartic et qui est impliquée auprès de Québec meilleure mine et de Mining Watch Canada pour illustrer les impacts négatifs rapportés par certains citoyens. 

Des vibrations et des perturbations perturbantes suite aux sautages, une baisse de la population, la non-revitalisation du centre-ville, perte de qualité de vie et une richesse économique passagère.

Nicole Kirouac, avocate
Anette Ayotte, citoyenne de Rivière-Héva, lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement à MalarticAnette Ayotte, citoyenne de Rivière-Héva, lors des audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement à Malartic Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Organisations et citoyens opposés au projet de Canadian Malartic plaident également pour la mise en place d'un protocole d'acquisition de résidences qui serait neutre. Le projet de déviation de la route 117 est pour sa part remis en question, certains citoyens arguant que la ville devrait plutôt être contournée.

Les risques sur la santé physique et mentale des citoyens font aussi partie des inquiétudes de citoyens et d'organismes qui se sont exprimés à l'occasion du premier jour de prise de parole citoyenne.

« Les études sur la santé à long terme sont complètement déficientes, a fait valoir le porte-parole du Regroupement Vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), Marc Nantel. Le discours de la minière est réducteur en ce qui a trait aux problèmes causés à la santé physique des gens et au niveau du psychosocial, ça n'a pas vraiment été traité. Ça, ce sont des éléments qui nous ont sauté aux yeux. Risques de contamination à long terme au niveau de l'environnement. »

...alors que d'autres n'hésitent pas à l'appuyer

Des mémoires en appui à l'agrandissement de la mine ont aussi été déposés. Parmi ceux qui sont favorables à ce projet qui allongerait la durée de vie de la mine jusqu'en 2028, on compte notamment l'entreprise Chaussures R. Leclerc, l'Association minière du Québec et la Chambre de commerce de Val-d'Or. On insiste notamment sur les bénéfices économiques et sociaux positifs de la mine.

« Déjà, reconnaître que les activités de la mine peuvent générer des impacts et déployer des efforts pour minimiser et trouver des solutions viables comme ils le font nous envoie un message qu'ils travaillent avec intégrité à mettre en place un meilleur climat de cohabitation, a insisté l'ancien président de la Chambre de commerce de Val-d'Or, Marcel Jolicoeur.

C'est pourquoi la Chambre de commerce de Val-d'Or a l'ultime conviction que le projet d'agrandissement de la mine doit aller de l'avant tant pour le bienfait de la communauté de Malartic que pour nos entreprises.

Marcel Jolicoeur, ancien président de la Chambre de commerce de Val-d'Or

La présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec (AMQ), Josée Méthot, a pour sa part rappelé que la compagnie minière a dû composer avec de nombreux défis en cours de route, alors qu'il n'existait pas de manuel pour l'exploitation d'une mine à ciel ouvert en milieu urbain.

« Osisko et ensuite, le Partenariat Canadian Malartic ont eu à défricher le terrain puisqu'aucun précédent n'existait, que ce soit à l'égard de son emplacement en milieu urbain, de la mise en place d'un comité de suivi ou encore de la mise en place de mesures innovatrices d'atténuation des impacts dans plusieurs cas qui ont été conçues sur mesure pour ses opérations, et j'en passe », rappelle-t-elle. 

La Ville de Malartic a aussi présenté son mémoire mardi soir.

Le maire Martin Ferron a mentionné au Bureau d'audiences publiques que, depuis que Canadian Malartic est en opération, la population de la municipalité a baissé et que cette situation est préoccupante pour les contribuables.

Pour assurer sa pérennité et s'assurer d'une vitalité économique après l'exploitation de la mine, Malartic souhaiterait atteindre près de 5000 habitants sur son territoire, alors que présentement, environ 3300 y vivent.

Pour ce faire, la Ville sollicite l'aide de la minière afin d'inciter des travailleurs et des entreprises à s'implanter chez elle.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais