•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec lance une campagne de promotion du français auprès des immigrants

Un professeur donne un cours de francisation à de nouveaux arrivants. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Québec lance une campagne de promotion dans l'espoir d'attirer davantage d'immigrants dans les cours de francisation.

La ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, a annoncé lundi à Montréal que cet effort de promotion, doté d'une enveloppe de 750 000 $, vise surtout à attirer les conjoints d'immigrants qui sont acceptés comme travailleurs spécialisés et ceux qui entrent au pays en vertu du programme de réunification des familles.

La première phase de 250 000 $ consiste en une campagne d'affichage en plusieurs langues qui sera concentrée à Montréal où se trouvent 80 % des nouveaux arrivants.

Les données du ministère de l'Immigration rendues publiques en janvier dernier indiquent que seulement un peu plus de 40 % des immigrants anglophones ou allophones jugent bon d'apprendre le français formellement, alors que la proportion était complètement inversée en 2008, quand 60 % des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l'État.

Mme Weil a tenu à préciser que la baisse s'explique par plusieurs facteurs, notamment une proportion beaucoup plus élevée d'immigrants dans la catégorie des travailleurs spécialisés qui ont appris ou perfectionné le français avant d'arriver au Québec.

Delfino Campanile, directeur général de l'organisme de francisation PROMIS (Promotion, Intégration, Société nouvelle) estime de son côté qu'il faut déployer davantage d'efforts pour rejoindre les gens.

« Nous avons peut-être été un peu trop passifs en pensant que les gens viendraient d'eux-mêmes s'inscrire. Pour les enfants et les ados, c'est moins problématique, car la francisation se fait par l'école. Pour les adultes, c'est une question de faire un effort supplémentaire », explique-t-il.

La ministre Weil note qu'il y a une réduction du nombre de personnes dans les cours à temps plein et une croissance dans les cours à temps partiel parce que les personnes immigrantes s'intègrent davantage en emploi et préfèrent travailler en même temps qu'elles apprennent le français.

Malgré tout, elle reconnaît qu'il y a matière à amélioration : présentement, quelque 26 000 personnes suivent des cours de français, un nombre qu'elle souhaite faire hausser.

L'objectif est d'augmenter de 10 % la participation à ces cours temps plein et temps partiel. On a bon espoir de rejoindre une clientèle qu'on ne rejoint pas actuellement.

Kathleen Weil, ministre québécoise de l'Immigration

Une fois au Québec, les nouveaux arrivants ont accès à des cours gratuits à temps complet, à temps partiel ou en ligne, ainsi qu'à des formations linguistiques spécialisées dans les domaines de la santé et des soins infirmiers, du génie et des sciences appliquées, de l'administration, du droit et des affaires.

Les personnes qui suivent un cours à temps complet ont droit à une aide financière de 115 $ par semaine ainsi qu'au remboursement de leurs frais de garde et de transport. Ces frais sont également remboursés pour ceux qui choisissent des cours à temps partiel.

La campagne de promotion, préparée en 11 langues, sera diffusée dans les journaux, radios et sites web des différentes communautés ethnoculturelles, dans les médias traditionnels et les médias sociaux, ainsi que dans le métro et les autobus Montréal.

Budget record

Le budget alloué à la francisation a été augmenté au Québec pour atteindre le niveau record de 70 millions de dollars. Malgré certains progrès, il y a toujours environ 200 000 immigrants qui ne parlent toujours pas français au Québec.

La province peine aussi à retenir ses immigrants francophones qui estiment pouvoir trouver plus facilement un emploi à Toronto qu'à Montréal.

Avec les informations de Michel Marsolais

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique