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Les combats au Soudan du Sud font craindre une guerre civile

Des soldats sud-soudanais montent la garde à la suite de la reprise des combats à Juba.

Des soldats sud-soudanais montent la garde à la suite de la reprise des combats à Juba.

Photo : Reuters/Samir Bol

Reuters

De nouveaux affrontements ont eu lieu dimanche à Juba, la capitale du Soudan du Sud, portant le nombre de victimes depuis les premiers heurts jeudi à 272 morts, dont 33 civils.

Les forces loyales au vice-président sud-soudanais Riek Machar affirment que sa résidence a été attaquée par les troupes du président Salva Kiir, ce qui laisse craindre un basculement vers un conflit ouvert dans ce pays âgé de cinq ans à peine.

« La résidence du Dr Machar a été attaquée à deux reprises aujourd'hui, y compris à l'aide de chars et d'hélicoptères de combat », a déclaré le porte-parole du vice-président, ajoutant qu'un calme relatif était revenu à Juba dimanche après plusieurs heures de combats.

Le gouvernement de Salva Kiir n'a pas répondu dans l'immédiat aux déclarations du porte-parole de Riek Machar. Le ministre de l'Information Michael Makuei avait dit plus tôt que la situation était maîtrisée et avait demandé aux personnes de rester chez elles.

Le président et l'ancien chef rebelle Riek Machar, qui ont discuté ensemble vendredi, ont dit ignorer la cause de cette reprise des violences et ont lancé un appel au calme.

Commencés jeudi, ces affrontements sont les premiers depuis le retour en avril de Riek Machar à Juba, en vertu de l'accord conclu en août dernier qui a mis fin au soulèvement de ses partisans.

Dimanche, des tirs ont été entendus à Gudele et à Jebel, deux faubourgs de la capitale, aux abords de casernes des forces de Riek Machar, qui a repris ses fonctions de vice-président dans le cadre du fragile processus de paix, rapportent des témoins.

« Pendant 30 à 40 minutes, nous avons entendu des tirs d'artillerie lourde en direction du secteur de Jebel », a confirmé un membre du personnel humanitaire.

Des Casques bleus parmi les victimes

Un Casque bleu chinois des Nations unies a été tué, a annoncé un responsable de l'ONU. Plusieurs autres Casques bleus chinois et rwandais ont été blessés, a rapporté l'ambassadeur du Japon aux Nations unies, Koro Bessho, à l'issue de la réunion du Conseil de sécurité, que son pays préside ce mois-ci.

Les bâtiments de l'ONU à Juba ont été la cible de tirs à l'arme lourde, ainsi que d'attaques à l'arme légère, a rapporté la mission de l'ONU dans le pays (MINUSS).

Le Conseil de sécurité a exprimé sa volonté d'envisager un développement de la MINUSS pour mieux assurer la capacité de la mission et de la communauté internationale à prévenir et répondre aux violences au Soudan du Sud.

Koro Bessho, ambassadeur du Japon aux Nations unies

Le Conseil de sécurité a encouragé les pays de la région à se préparer à envoyer des troupes supplémentaires si le Conseil décidait de développer la MINUSS, déjà forte de quelque 13 500 personnes. Le Conseil a également souligné la nécessité de protéger les civils par tous les moyens possibles.

Le département d'État américain a demandé un arrêt immédiat des combats et a appelé ses employés à l'ambassade de Juba, qui ne sont pas attachés à la gestion de la crise, à partir.

« Nous sommes très préoccupés sur ce qui semble être une absence de commandement et de contrôle sur les troupes », a déclaré l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Samantha Power, qui se rendait à la réunion du Conseil de sécurité demandée par les États-Unis.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, s'est dit profondément préoccupé vendredi par cette reprise des violences qui, selon lui, « illustre une fois de plus le manque d'implication sérieuse des parties dans le processus de paix ».

La MINUSS en action

Dans une note confidentielle que Reuters a pu consulter dimanche, le département du maintien de la paix déclare : « La MINUSS a adopté une position proactive et a effectué des patrouilles à l'intérieur et en dehors » de ses bâtiments et a renforcé le périmètre de sécurité pour améliorer la sécurité des civils déplacés et du personnel de l'ONU.

Les combats entre camps rivaux « comportent l'usage d'hélicoptères d'attaque et de chars », précise la note, qui rapporte que les bâtiments onusiens sont pris au milieu des combats.

Selon la note des Nations unies, 3000 civils, y compris de hauts responsables de l'opposition, ont trouvé refuge sur un site de l'ONU, tandis que 800 sont entrés dans un autre bâtiment de l'organisation.

Le conflit, alimenté par les tensions entre Nuers et Dinkas, ethnies respectives de Riek Machar et de Salva Kiir, a éclaté en décembre 2013 quand le second a limogé le premier. Il a fait plusieurs milliers de morts et deux millions de déplacés.

L'International Crisis Group a invité récemment les chefs d'État africains à faire pression sur les anciens belligérants pour qu'ils réaffirment leur attachement à l'accord de paix conclu en août.

« Au cours des neuf mois de cessez-le-feu, les forces en présence ont seulement mis fin aux hostilités, mais sont restées face à face. Il n'y a pas eu de mesures conjointes pour superviser la sécurité ni d'initiative en faveur de l'unification et de la démobilisation », déplore l'ONG dans un rapport publié en juillet.

Conflits armés

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