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Cinq questions qu'une maman de triplés entend tout le temps

Andrée-Anne et ses trois trésors, peu après leur naissance.

Andrée-Anne et ses trois trésors, peu après leur naissance.

Photo : Gracieuseté de la famille

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En rencontrant Bruce, de 12 ans son aîné et papa de deux grands garçons, Andrée-Anne Frigon n'a pas changé d'idée : elle voulait des enfants. Mais son mari avait subi une vasectomie... qu'un coup de bistouri a corrigée. Grâce à un traitement en clinique de fertilité, Andrée-Anne a pu devenir enceinte.

Au moment de l'échographie, ce que le couple pressentait s'est confirmé : trois embryons se portaient à merveille.

« Depuis le début, on avait dit - mon mari a un petit côté macho - : "C'est certain que les trois, ça va prendre" », se rappelle la maman. Après confirmation de la technicienne, les amoureux se sont tapé dans la main en guise de félicitations! Leur famille était faite.

Emerick, Caleb et Delphie sont nés à 29 semaines et ont reçu des soins à l'hôpital pendant 63 jours.

« Il fallait que je tire mon lait, que je l'amène à l'hôpital », raconte Mme Frigon. « Quand [les bébés] pèsent 2,4 livres, 2,14 livres et 3,2 livres, ça ne boit pas beaucoup. On était structurés, organisés. Mon mari est militaire : il est organisé de nature. »

Les triplésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les trois petits.

Photo : Gracieuseté de la famille

Depuis, avec trois enfants du même âge, difficile de passer inaperçue. Andrée-Anne se fait souvent poser ces questions :

1) « As-tu une garderie? »
« Non, ce sont les miens! », lance-t-elle en riant. « J'avais 35 ans. Je n'aurais pas eu la chance d'en avoir trois de suite. Je pense que celui qui a décidé du plan de ma vie a bien décidé [...] [Mon mari et moi] on n'a jamais eu de regrets. »

Si j'en avais eu juste un, je l'aurais probablement trop aimé, trop étouffé.

Une citation de :Andrée-Anne Frigon

Andrée-Anne estime par ailleurs qu'il y a beaucoup de mythes entourant les naissances multiples. « Les gens pensent que c'est exponentiellement difficile. Mais non, ce n'est pas trois fois plus difficile qu'un seul », soutient-elle.

Elle voit même certains avantages à la situation. Par exemple, la période des couches a duré en tout et pour tout deux ans. « C'était du travail à la chaîne, mais c'était fait et c'était fini », note-t-elle.

Même chose pour les biberons. « Ce n'est pas si difficile que ça quand on est bien organisé. Et j'ai un bon mari qui contribue, qui adore les enfants », souligne-t-elle.

Le couple, qui habite Ottawa, a également fait des choix. « Les traces de doigts sur les fenêtres, maintenant, je vis avec », explique-t-elle. « Ce n'est pas une priorité. »

La grossesse avance!Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La grossesse avance!

Photo : Gracieuseté de la famille

2) « Est-ce que vous les avez eus de façon naturelle? »

« Dépendamment de l'humeur dans laquelle je me sens, des fois, je dis : "Ils sont surnaturels" », lance André-Anne. « Des fois, je raconte l'histoire ou je leur dis que ce n'est pas une question appropriée, on ne se connaît pas vraiment. »

Quoi qu'il en soit, Andrée-Anne sent que cette question est toujours posée de bon coeur.

3) « Est-ce que c'est courant, des triplés dans votre famille? »

Le mari d'Andrée-Anne a une soeur jumelle. Les gens sont donc portés à faire le lien, mais la biologie de belle-maman n'a pas pu influer sur celle d'Andrée-Anne! Il lui arrive donc de faire un peu d'éducation auprès des gens qui l'abordent.

On aime l'énergie que ça apporte dans la maison. [...] Ça prend du temps, de la place et de l'amour.

Une citation de :Andrée-Anne Frigon

Malgré leur routine bien huilée, Andrée-Anne reconnaît qu'il est difficile de garder du temps pour soi ou pour la vie de couple. « Je me force à prendre du temps pour moi. Et mon chum m'encourage », souligne-t-elle.

Pour la fête des Mères, elle s'est ainsi offert une sortie... dans le rayon des cosmétiques de la pharmacie!

Bruce, le papa, promène les triplés sur la colline du Parlement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Papa Bruce promène les triplés sur la colline du Parlement.

Photo : Gracieuseté de la famille

4) « Est-ce que vos triplés sont identiques? »

Réponse rapide : non!

Identiques ou pas, les trois, à quatre ans et demi, ont de l'énergie, mais ils sont faciles à vivre, précise leur mère.

Bien sûr, le quotidien est très occupé. « Je suis humaine : je ne suis pas toujours patiente. Mais on va prendre des marches! Parce que c'est beaucoup de bruit. [...] Il faut s'habituer à ça. On apprend à aimer les décibels », lance-t-elle.

Pour encadrer le niveau sonore, elle a même établi un système avec les enfants, allant de 1 à 10. « Quand on joue dehors, on crie, on peut parler à 9 ou 10 », explique-t-elle. « Mais autour de la table, c'est 2. [...] Et quand on chuchote, c'est 1. »

La famille au grand complet, prête pour une sortie!Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La famille au grand complet, prête pour une sortie!

Photo : Gracieuseté de la famille

5) « Les as-tu eus par "incinération"? »

C'est la meilleure question, selon Andrée-Anne! Tout en comprenant que la personne voulait parler d'« insémination », elle n'a pu s'empêcher de lui répondre, avec humour : « Est-ce que je sens le brûlé? »

Si certains commentaires font sourire, d'autres font de la peine à Andrée-Anne, notamment : « Je ne voudrais pas être à ta place. »

« Comme si c'était une punition, une malédiction », soupire-t-elle, ce qui n'est vraiment pas le cas, ni pour elle ni pour son mari.

Les réactions varient cependant, en fonction parfois de l'origine culturelle. Au Moyen-Orient notamment, une vaste famille est une bénédiction.

J'ai tendance à pencher plus de leur côté. Je le vois tellement comme une bénédiction: c'est le plus beau cadeau!

Une citation de :Andrée-Anne Frigon

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