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Le Truvada : un médicament efficace pour prévenir le VIH mais difficile d'accès 

Le Truvada, ou PrEP, réduit les risques de contracter le VIH de plus de 90 %.

Le Truvada, ou PrEP, réduit les risques de contracter le VIH de plus de 90 %.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Disponible sur le marché depuis des années pour traiter les personnes séropositives, le Truvada, est de plus en plus utilisé pour prévenir les infections au VIH. Ce médicament est pourtant peu prescrit en Atlantique. 

Santé Canada a approuvé son utilisation pour la prévention en février.

Le Truvada est aussi communément appelé PrEP, un acronyme anglais pour la prophylaxie pré-exposition.

Les études démontrent qu'il est extrêmement efficace et qu'il réduit les risques de contracter le VIH de plus de 90 %.

Facilité d'utilisation

Tous les jours, Matt Numer prend une pilule de Truvada.

Les tests de dépistage du VIH sont très stressants, confie-t-il, même s'ils font partie de sa vie.

Il a donc demandé à son médecin de lui prescrire le médicament.

Pour lui, jusqu'à maintenant, l'expérience est positive.

Après neuf mois d'utilisation, je n'ai pas eu d'effet secondaire. Prendre des vitamines a plus d'effet sur moi que le Truvada.

Matt Numer, utilisateur du Truvada

Quand il y en a, les effets secondaires sont en général minimes, comme des maux d'estomac ou des maux de tête.

Plus rarement, le médicament peut causer des problèmes de reins.

Ignorance des médecins

Malgré sa grande efficacité, le Truvada n'est toujours pas prescrit à grande échelle au pays, encore moins en Atlantique.

Tim Matheson est médecin de famille et a des centaines de patients gais.

Le Dr Tim Matheson dit que ses collègues médecins connaissent mal le Truvada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Tim Matheson dit que ses collègues médecins connaissent mal le Truvada.

Photo : Radio-Canada

Il est un des rares médecins à prescrire le Truvada en Nouvelle-Écosse.

Jusqu'à maintenant, il l'a prescrit à deux de ses patients.

En discutant avec d'autres médecins, le Dr Matheson s'est rendu compte qu'ils sont souvent mal informés sur le Truvada ou qu'ils ne connaissent pas les protocoles entourant son utilisation.

Par exemple, il faut suivre les patients de très près et faire des tests sanguins tous les trois mois.

La peur de sa vie

Davey Dow a cru un moment qu'il avait contracté le VIH, ce qui lui a causé une grande frayeur.

Après des tests négatifs, il a décidé de prendre ses précautions pour qu'une telle situation ne se reproduise plus.

Davey Dow veut utiliser le Truvada mais n'en a pas les moyens.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Davey Dow veut utiliser le Truvada mais n'en a pas les moyens.

Photo : Radio-Canada

Il a discuté avec une professionnelle dans une clinique de santé sexuelle et lui a fait part de sa volonté de prendre le Truvada.

Mais elle n'a pas été aussi réceptive qu'il l'espérait.

« Elle m'a expliqué que les effets à long terme du médicament sont mal connus et ne m'a vraiment pas encouragé à prendre le Truvada », dit-il.

Si elle ne le recommande pas, je me demande comment quelqu'un peut avoir accès au médicament.

Davey Dow, un jeune homme qui espère utiliser le Truvada

Coûts prohibitifs

Mais l'obstacle majeur à l'utilisation du Truvada demeure son coût : le Truvada coûte environ 1000 $ par mois.

Davey Dow n'a simplement pas les moyens de se payer le médicament et sa compagnie d'assurance-médicament ne le couvre pas.

Seules quelques compagnies d'assurance privées couvrent la PrEP.

Le Québec est jusqu'à maintenant la seule province au pays où l'assurance publique paie pour ce médicament.

L'utilisation du condom

Les statistiques démontrent que malgré des décennies de campagnes de promotion de l'utilisation du condom, les taux d'infection au VIH ne baissent pas.

Pour Matt Numer, le Truvada est une solution à ce problème.

On peut jouer à l'autruche ou on peut réduire les coûts en faisant de la prévention.

Matt Numer, utilisateur du Truvada

Une récente étude canadienne conclut d'ailleurs qu'il en coûte moins cher de prévenir le VIH que de le traiter.

Selon le Canadian Journal of Infectious Diseases and Medical Microbiology, le Truvada coûte environ 12 000 $ par année par patient. Pour sa part, le traitement du VIH coûte annuellement de 28 000 $ à 36 000 $.

De plus, le traitement du VIH dure toute une vie, alors qu'une personne qui prend le Truvada à titre préventif peut arrêter de l'utiliser à tout moment.

L'Atlantique attend

Les provinces de l'Atlantique attendent le rapport de l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé, qui leur fera des recommandations sur le remboursement du Truvada.

Les gouvernements ne sont toutefois pas tenus de les suivre.

Entre-temps, avec les avancées dans les traitements, des agences de santé publique et des organismes de prévention entrevoient la fin du SIDA et même du VIH en Occident.

D'après un reportage de Paul-Émile d'Entremont

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