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Le sauvetage d'un béluga naissant en images

Photo : Courtoisie /GREMM

Radio-Canada

Le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) a dévoilé des images saisissantes du sauvetage d'un béluga naissant qui s'était échoué sur une plage de Rivière-du-Loup en fin de semaine dernière.

Un texte de Caroline CyrTwitterCourriel

Le mammifère a été secouru par une famille de Sherbrooke en vacances au Bas-Saint-Laurent, qui l'a aperçu et qui l'a arrosé pendant plus de quatre heures, jusqu'à l'arrivée d'une équipe du GREMM.

De faibles chances de survie

Même si les chercheurs, remplis d'espoir, ont par la suite relâché le bébé béluga au sein d'un groupe de femelles, près de l'Île-aux-Lièvres, le président du GREMM, Robert Michaud, reconnaît que ses chances de survie sont minces.

On ne connaît pas l'issue de l'intervention, à savoir si l'animal a été effectivement adopté par une femelle qui pourra le nourrir.

Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

Robert Michaud espère que le jeune mammifère s'est taillé une place au sein d'un groupe de bélugas. « Soit qu'on retrouvait par une chance inouïe sa mère ou une femelle qui l'accepterait et qui serait disponible pour le nourrir », explique-t-il.

Le béluga naissant retrouvé sur la plage de Rivière-du-LoupAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le béluga naissant retrouvé sur la plage de Rivière-du-Loup

Photo : GREMM

« C'est comme si on donnait un petit coup de main à la nature. Mais c'est la nature qui suit son cours habituellement dans ces événements-là », dit Robert Michaud.

« Mais étant donné la situation actuelle des bélugas, ajoute-t-il du même souffle, on croit qu'ils ont besoin de tous les petits coups de main qu'on peut leur donner. »

Une 2e opération de sauvetage

En 2008, les chercheurs avaient tenté une intervention de sauvetage semblable, sans non plus en connaître l'issue.

C'est seulement la deuxième fois qu'on tente ça avec les bélugas du Saint-Laurent.

Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

« On avait réussi à suivre l'animal un peu plus longtemps, en 2008, presque une dizaine d'heures », raconte Robert Michaud.

« À la fin de la journée, quand on avait perdu le contact, le jeune béluga était avec une femelle qui se comportait comme si elle était pour s'en occuper, sauf qu'on n'a jamais pu revoir l'animal », dit-il.

L'équipe du GREMM au secours du béluga naissant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'équipe du GREMM aux secours du béluga naissant.

Photo : GREMM

Un prélèvement d'ADN

Au cours de l'intervention de 2008, comme lors de celle qui a eu lieu il y a quelques jours, un morceau de peau a été prélevé de l'animal, duquel on peut extraire l'ADN.

« Ça nous donne une chance de le réidentifier ultérieurement. Si jamais l'animal venait à s'échouer. En comparant l'ADN prélevé sur l'animal qui a été remis à l'eau, éventuellement on pourrait le retrouver », fait valoir Robert Michaud.

Le béluga sauvé en 2008 n'a jamais été retrouvé mort. « On garde espoir que ça avait fonctionné, sauf qu'on ne peut pas en avoir la certitude », ajoute le président du GREMM.

L'équipe du GREMM emmène le bébé béluga au large de l'île aux Lièvres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'équipe du GREMM emmène le bébé béluga au large de l'Île-aux-Lièvres.

Photo : GREMM

Des interventions qui permettent d'approfondir les connaissances

Robert Michaud se montre sans contredit optimiste quant aux impacts de telles opérations de sauvetage sur les études et les connaissances des chercheurs sur le béluga.

Il envisage même, en collaboration avec les chercheurs de Pêches et Océan Canada et ceux de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, de mettre en place un mécanisme pour suivre l'animal.

Un groupe de femelles au large de l'île aux LièvresAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un groupe de femelles, au large de l'Île-aux-Lièvres

Photo : GREMM

« Parce que là, on s'en remet à la nature, on lui donne un coup de main et on se croise les doigts. [...] Mais on est de plus en plus intéressé à connaître l'issue de telles interventions. Si on pouvait suivre les animaux, on pourrait mieux documenter », fait valoir le chercheur.

On avance à petits pas, mais on avance sûrement avec nos études sur les bélugas du Saint-Laurent.

Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

Une espèce menacée

Robert Michaud rappelle la situation précaire dans laquelle se trouve l'espèce dans les eaux du Saint-Laurent.

« Depuis 2010, on fait face à une mortalité assez importante des femelles et des nouveau-nés. Les causes présumées sont multiples, on ne peut pas mettre le doigt sur une seule cause », souligne le chercheur.

« Est-ce que ce sont les changements de conditions des femelles suite à un changement dans l'alimentation? Les hivers qui sont plus durs parce qu'il n'y a pas de glace? » s'interroge-t-il. Il ajoute qu'il y a de nouveaux contaminants qui se sont accumulés au cours des dernières années dans l'habitat des bélugas.

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