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Quatre policiers du SPVM arrêtés

Le reportage de Karine Bastien
Radio-Canada

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé l'arrestation de quatre policiers, dont deux font l'objet de plusieurs accusations après des irrégularités constatées dans le contrôle des informateurs.

Deux des agents arrêtés sont Fayçal Djelidi et David Chartrand, deux enquêteurs de la Section des enquêtes multidisciplinaires et coordination jeunesse de la Division Sud. Ils font face à des accusations de « parjure et de tentative d'entrave à la justice ». Le premier est aussi accusé d'« abus de confiance et de sollicitation et d'obtention de services sexuels moyennant rétributions », pour un total de neuf chefs d'accusation. David Chartrand fait face, quant à lui, à quatre chefs d'accusation.

Fayçal Djelidi compte 16 années d'ancienneté au sein du SPVM, dont 6 à titre d'enquêteur. Son collègue David Chartrand a 11 années de métier, dont 3 comme enquêteur. Les deux policiers ont été suspendus sans solde et seront libérés avec promesse de comparaître.

Deux autres policiers ont aussi été arrêtés. Leur identité n'a pas été révélée. L'enquête se poursuit et des accusations supplémentaires pourraient être déposées contre les deux hommes.

Le dépôt des accusations est le fruit de près de six mois de recherches, a précisé en conférence de presse le directeur du SPVM, Philippe Pichet. Une enquête avait été lancée en décembre 2015, après que la Division du renseignement eut soulevé des irrégularités quant à la gestion des informateurs. Cela avait mené à des interventions administratives dans le but de rectifier la situation.

Devant l'absence de correctifs, la Division des affaires internes s'est vue dans l'obligation de lancer une enquête criminelle, a ajouté M. Pichet. Les preuves accumulées ont finalement été envoyées au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

M. Pichet soutient que les irrégularités recensées n'auraient pas compromis la sécurité des informateurs ou des collègues des deux accusés. Toutefois, il reconnaît que le SPVM devra vérifier et étudier les impacts de l'arrestation des deux hommes sur les dossiers dans lesquels ils ont été impliqués.

Un souci de transparence

« Les infractions commises sont en lien avec des informateurs et nous rappellent d'autres dossiers qui ont déjà été largement médiatisés, nous nous devons, comme organisation policière et par souci de transparence, de rassurer la population quant à la sécurité des informateurs et aux leçons apprises », a expliqué le directeur du SPVM.

Personne n'est au-dessus des lois et les policiers ne font pas exception. C'est une situation déplorable et comme policiers, nous nous sentons tous concernés lorsqu'un des nôtres franchit une ligne. En fait, c'est toute la communauté policière qui s'en trouve affectée.

Philippe Pichet, directeur du SPVM

Philippe Pichet a justifié l'ouverture de l'enquête par la nécessité de maintenir le lien de confiance entre les services de police et les citoyens. « La très grande majorité des policiers et des employés civils du SPVM font leur travail avec éthique et intégrité, dans le respect des valeurs organisationnelles et de façon professionnelle », a-t-il soutenu.

Il a par ailleurs affirmé que le SPVM avait appris des affaires passées « hautement médiatisées » et que c'est la mise en place de nouvelles « mesures de sécurité à plusieurs niveaux » qui avait permis de mener à terme le processus d'enquête concernant MM. Djelidi et Chartrand.

Le directeur du SPVM admet d'ailleurs qu'il n'est pas exclu que l'enquête conduise à d'autres arrestations au sein du corps policier montréalais.

Justice et faits divers