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En Europe, Justin Trudeau veut rassurer la communauté ukrainienne

Le premier ministre Justin Trudeau et le président Petro Porochenko à Paris en novembre 2015.

Le premier ministre Justin Trudeau et le président Petro Porochenko à Paris en novembre 2015.

Photo : Adrian Wyld/Canadian Press

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau fait un arrêt en Ukraine pour une visite officielle, lundi. Une occasion de rappeler l'appui du Canada dans le conflit qui l'oppose à la Russie. 

Un texte de Louis BlouinTwitterCourriel

Les attentes de la communauté ukrainienne sont grandes envers le nouveau gouvernement libéral.

Sous le gouvernement conservateur, la communauté ukrainienne a reçu un soutien indéfectible. En 2013, l'image du ministre des Affaires étrangères de l'époque, John Baird, à Kiev parmi les manifestants qui réclamaient un nouveau gouvernement a été le symbole de cette relation forte. Après l'annexion de la Crimée, en 2014, le premier ministre Stephen Harper ne s'est pas gêné pour critiquer sévèrement la Russie et imposer des sanctions à Moscou.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird avec les manifestants à Kiev en 2013.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird avec les manifestants à Kiev en 2013.

Photo : Sergei Chuzavkov/Associated Press

Depuis, environ 200 membres des Forces armées canadiennes sont déployés en Ukraine pour offrir de la formation. L'ancien premier ministre Harper a aussi reçu en grande pompe le président Petro Porochenko en 2014 et a effectué plusieurs voyages en Ukraine.

La marche est haute pour Justin Trudeau. Avec 1,3 million de Canadiens d'origine ukrainienne, il n'a pas le choix d'entretenir soigneusement cette relation. La communauté ukrainienne aura l'occasion de juger de l'appui de ce nouveau gouvernement dans plusieurs dossiers.

Quelle relation avec la Russie?

Les libéraux désirent rétablir un dialogue avec la Russie et éviter la politique de la « chaise vide », une position critiquée par l'opposition officielle à Ottawa. Ce réengagement diplomatique est délicat à défendre auprès des représentants ukrainiens au Canada.

« Pour s'engager à quoi? Parler de quoi? », demande l'ambassadeur ukrainien au Canada, Andriy Shevchenko. Le diplomate semble avoir des doutes sur l'approche choisie par Ottawa envers la Russie. « En fin de compte, il s'agit d'un choix moral. Il s'agit de choisir son camp », fait-il valoir.

Andriy Shevchenko, ambassadeur de l'Ukraine au Canada.

Andriy Shevchenko, ambassadeur de l'Ukraine au Canada.

Photo : Radio-Canada

L'ambassadeur s'attend à ce que le Canada livre un message fort sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine s'il doit communiquer avec les autorités russes.

Lors de l'annonce de cette visite officielle en Ukraine, le bureau du premier ministre a souligné qu'elle visait à « réitérer le soutien du Canada en faveur de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine ».

Des armes létales pour l'Ukraine

Le Congrès des Ukrainiens-Canadiens aimerait que le Canada fournisse des armes létales à ses forces armées et ajoute l'Ukraine à la liste des pays auxquels il peut exporter des armes automatiques dites prohibées. « Quand nous discutons avec le gouvernement, c'est l'une des priorités que nous soulevons », dit Orest Zakidalsky, conseiller en politiques pour le Congrès des Ukrainiens-Canadiens. Un besoin urgent, d'après M. Zakydalsky, pour permettre à l'Ukraine de « défendre son territoire ».

L'ambassadeur Andriy Shevchenko aimerait voir le processus bouger plus rapidement, mais se dit « optimiste » quant à l'issue du dossier.

Depuis le début du conflit, le Canada a envoyé beaucoup de matériel non létal à l'Ukraine, dont des vestes pare-balles, des manteaux, des pantalons, des bottes, des casques, des tentes et des sacs de couchage.

Un accord pourrait bientôt être signé entre les ministres de la Défense des deux pays pour augmenter la coopération militaire.

Un accord de libre-échange

Lors de son passage, Justin Trudeau devrait annoncer que l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Ukraine est finalisé. L'entente est jugée essentielle par Orest Zakidalsky, du Congrès des Ukrainiens-Canadiens. Le fait de créer des liens entre les entreprises des deux pays « permettra de développer l'économie ukrainienne et des standards de transparence occidentaux », explique M. Zakidalsky.

Il reconnaît que la corruption est toujours un problème dans son pays qui ne se réglera pas du jour au lendemain. D'après lui, des efforts importants sont en cours pour l'enrayer et réformer les institutions.

L'accord de libre-échange avec l'Ukraine a été conclu sous le gouvernement conservateur après six ans de négociations. Le Canada doit éliminer les droits de douane sur 99,9 % de ses importations courantes. L'Ukraine fera de même pour 86 % des siennes.



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