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Le grand défi albertain de Jason Kenney

Jason Kenney s'est officiellement lancé dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta.

Jason Kenney s'est officiellement lancé dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est officiel : l'ancien ministre fédéral Jason Kenney a annoncé mercredi qu'il se lance dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta. Son objectif ultime : unir la droite dans cette province afin de battre le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley en 2019. Une tâche qui s'annonce difficile.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Les dernières années ont montré que la politique albertaine était tout sauf prévisible. Démission de l'ancienne première ministre Alison Redford, victoire des néo-démocrates après plus de quatre décennies de règne conservateur, les surprises se sont succédé en cinq ans.

C'est dans ce contexte que Jason Kenney saute dans l'arène. Le politicien dispose d'une grande expérience. Élu pour la première fois en 1997 sous la bannière du Parti réformiste, il a été responsable de plusieurs portefeuilles importants au sein du gouvernement Harper, notamment l'Immigration, l'Emploi et la Défense.

Son travail auprès des communautés culturelles est considéré par plusieurs comme un élément clé de la victoire des conservateurs en 2011. Ils avaient pu former un gouvernement majoritaire. 

C'est sur cette expérience et cet enracinement au sein du mouvement conservateur que compte Jason Kenney pour unifier la droite. En ce moment, les forces politiques conservatrices sont divisées en Alberta.

Nous devons nous allier pour former un seul parti qui défendra la libre entreprise. Et nous devons le faire avant la prochaine élection.

Une citation de :Jason Kenney, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta

D'un côté, il y a les progressistes-conservateurs, chassés du pouvoir en avril 2015, qui forment la deuxième opposition à l'Assemblée législative. De l'autre, le Wildrose, une formation plus à droite qui forme l'opposition officielle et qui, à la base, était formée d'anciens progressistes-conservateurs mécontents de ce parti.

Les partisans du Wildrose ne sont pas nos ennemis ou nos adversaires. Ils sont nos amis, nos voisins, nos collègues au sein du parti fédéral. [...] Ils sont des membres de la famille. Nous formons ensemble une famille.

Une citation de :Jason Kenney, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta

L'expérience fédérale

Stephen Harper, chef de l'Alliance canadienne et Peter McKay, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, lors de la fusion de leurs partis en 2003.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stephen Harper, chef de l'Alliance canadienne et Peter McKay, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, lors de la fusion de leurs partis en 2003.

Mettre en commun des forces politiques, cela s'est déjà fait. En 2003, l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur s'unissaient pour former le Parti conservateur du Canada.

Cette fusion a pris du temps. C'est le souvenir qu'en garde Stockwell Day, qui a déjà été chef de l'Alliance.

Il évoque des discussions qui ont débuté à la fin des années 1990. Les formations conservatrices ont essuyé plusieurs défaites électorales contre les libéraux de Jean Chrétien avant d'en arriver à une entente.

Stockwell Day, qui a été ministre provincial en Alberta avant de faire le saut au fédéral, offre ce conseil à quiconque va tenter d'unir les forces conservatrices de la province :

C'est là tout le défi.

Bien que certaines rencontres aient été organisées ces derniers mois par des partisans d'une fusion, il y a toujours une réticence au sein des deux formations politiques.

« Ils ont l'impression, des deux côtés, qu'il y a un potentiel de croissance et que s'il y en a un qui reste dans le champ, on pourra peut-être avaler l'autre et cela complique la tâche », explique Frédéric Boily, politologue au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta.

Un accueil pas nécessairement chaleureux chez les progressistes-conservateurs

Avant même d'envisager une fusion des partis conservateurs albertains, Jason Kenney doit devenir chef du Parti progressiste-conservateur.

Au sein de ce parti, certains, comme la députée Sandra Jansen, ne sont pas prêts à lui dérouler le tapis rouge.

Si Jason Kenney est élu, elle entend quitter les rangs de sa formation politique.

Ce que Sandra Jansen reproche à Jason Kenney, c'est non seulement ses positions conservatrices sur le plan social, mais également ses affinités avec le Wildrose. Elle l'accuse d'avoir appuyé ce parti au cours des dernières campagnes électorales albertaines.

Le politologue Frédéric Boily estime aussi que Jason Kenney est davantage associé aux valeurs idéologiques et politiques du Wildrose.

Son choix logique aurait dû être du côté du Wildrose. Ses affinités idéologiques sont plus là. [...] Pendant les années où il était au gouvernement Harper, quand il donnait son appui, c'était surtout du côté du Wildrose, moins du côté des progressistes-conservateurs.

Une citation de :Frédéric Boily, politologue au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Les conséquences d'une fusion?

Il est clair que l'union des forces politiques de droite aurait un effet majeur sur la scène politique provinciale.

Nous avons transposé les résultats de l'élection albertaine de 2015 selon un scénario où le Wildrose et le Parti progressiste-conservateur n'auraient fait qu'un.

Voici les résultats du dernier scrutin qui a donné un gouvernement majoritaire au NPD de Rachel Notley :

Et voici ce qu'aurait été le résultat avec une seule formation politique. Évidemment, plusieurs autres facteurs, dont le contexte politique, peuvent changer la donne.

Mais tout cela demeure hypothétique. Jason Kenney doit accomplir un travail énorme avant la prochaine élection albertaine de 2019.

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