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Retour sur la colonisation de l'Abitibi

Colonisation de l'Abitibi

Colonisation de l'Abitibi

Photo : BAnQ - Fonds Canadien National

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que l'historien de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Sébastien Tessier, est revenu ce matin sur la colonisation de l'Abitibi dans le cadre de sa chronique généalogique à l'émission Des matins en or, Ici Abitibi-Témiscamingue saisit l'occasion pour présenter des photos des débuts de l'une des régions les plus jeunes du Québec. 

Un article d’Émilie Parent-BouchardTwitterCourriel d'après une chronique de Sébastien Tessier de BAnQ

« L'Abitibi, tout comme le Témiscamingue a été colonisée en premier par les Autochtones », lance d'emblée l'historien, rappelant que la région tire d'ailleurs son nom de l'algonquin signifiant « là où les eaux se séparent » puisque la région est sise sur une ligne de partage des eaux.

C'est d'ailleurs cette ligne de partage des eaux, véritable barrière géographique, qui explique les 30 ans qui se sont écoulées entre la colonisation du Témiscamingue et la colonisation de l'Abitibi, plus au nord. 

« Les eaux qui étaient au sud de la ligne de partage des eaux s'écoulaient vers Montréal, ce qui était [une voie] naturelle pour le commerce du bois, tandis qu'au nord de la ligne de partage des eaux, [les eaux] s'écoulent vers la Baie-James, donc il n'y avait pas de voie d'accès pour coloniser la région », explique l'historien, rappelant aussi l'existence d'une « barrière psychologique » puisque la région est alors considérée comme un territoire « sauvage, austère et inhabitable », une image par ailleurs entretenue par les compagnies de fourrure soucieuses de conserver la mainmise sur les terres du nord.

Le train arrive en gare à Senneterre

C'est la complétion du chemin de fer du National Transcontinental, un « un projet politique du premier ministre Sir Wilfrid Laurier pour unifier le Canada », qui brisera définitivement l'isolement et concrétisera le début de la colonisation de l'Abitibi. L'historien rappelle que pour obtenir la faveur du gouvernement du Québec, le premier ministre de 1896 à 1911 décide de contourner le trajet du chemin de fer pour passer plus au nord du tracé initial. 

« Il y a deux groupes de travailleurs qui ont commencé la construction du chemin de fer, un qui partait dans l'Ouest et un qui partait dans l'Est, dans les Maritimes, et l'unification du Canada, la fin du chemin de fer, s'est faite le 17 novembre 1913 à Senneterre. »

L'unification du Canada s'est faite à Senneterre.

Sébastien Tessier, historien et archiviste à BAnQ

Un chemin de fer qui essaime les villages

L'historien poursuit en mentionnant que les villages essaiment peu à peu le long du National Transcontinental, traçant des mouvements de colonisation bien encadrés par la Société de colonisation qui s'occupe du recrutement, de l'organisation du transport, du financement, du support moral et même du soutien financier durant les premières années de la vie en région. 

Si la colonisation de l'Abitibi ressemble à celle du Témiscamingue dans la mesure où les colons vivent de l'exploitation de la terre et de la forêt, elle en diffère cependant par le moteur économique que devient le camp de travail de Spirit Lake, où étaient détenus les prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale et qui soulignait ses 100 ans l'année dernière. 

Vue d'un village de colonisation en Abitibi en 1940Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vue d'un village de colonisation en Abitibi en 1940

Photo : BAnQ - Canadien National

Le camp de Spirit Lake, un moteur économique

« Ça a été un moteur économique surtout pour le développement de la ville d'Amos. Au départ, le camp était supposé être à Belcourt et le premier maire d'Amos, Hector Authier, a fait des pressions pour que ce soit plus près du village d'Amos. Il y avait environ 1200 détenus et 200 soldats qui habitaient dans le camp. Donc ça fait plusieurs bouches à nourrir, ce qui a fait vivre les commerces de l'époque parce qu'on était dans un temps précaire, l'économie ne roulait pas trop bien. »

On parle de retombées de 200 000 dollars en nourriture et 50 000 dollars en vêtements, ce qui est considérable à l'époque, en 1915-1917.

Sébastien Tessier, historien et archiviste à BAnQ
Vue générale d'un secteur agricole et d'un chemin de fer près d'Amos en Abitibi, vers 1927-1928Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vue générale d'un secteur agricole et d'un chemin de fer près d'Amos en Abitibi, vers 1927-1928

Photo : BAnQ - Fonds Canadien National

Une colonie de Turcotte, de Gourd, de Perron...

Outre Hector Authier, premier maire d'Amos et député libéral du comté d'Abitibi de 1923 à 1936 considéré comme le « père de l'Abitibi », le développement de la région est aussi dû aux familles qui viennent s'y établir. Les Turcotte, « les premiers à vouloir s'installer dans la région de l'Abitibi », partent en canot du Témiscamingue pour accéder à Amos par les voies maritimes en 1910, quelques années avant l'arrivée du chemin de fer. 

« On parle aussi d'Armand Gourd, qui est arrivé en 1912 et a été le deuxième maire d'Amos après Hector Authier. Il a ouvert le magasin général D. Gourd et Fils, et c'est aussi le père de David-Armand Gourd et le grand-père de l'historien Benoit-Beaudry Gourd. »

Henri Perron s'installe pour sa part à La Sarre en 1914. Il fondera en 1939 l'entreprise familiale Normick-Perron, qui verra les plus beaux jours de l'industrie forestière de la région et même au-delà de ses frontières. « L'Abitibi, ce n'est pas une région, c'est un pays à développer », avait-il l'habitude de dire à ses fils...

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