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Manitoba : une nouvelle loi qui ira bien au-delà des services en français

drapeau franco-manitobain
Photo: ICI Radio-canada
Radio-Canada

La loi 5 sur l'appui à l'épanouissement de la francophonie manitobaine adoptée jeudi va bien au-delà des services en français, croient plusieurs intervenants du milieu franco-manitobain.

Un reportage de Christine CharestTwitterCourriel

Cette nouvelle loi encadrera les dossiers liés au ministre des Affaires francophones et au Secrétariat aux affaires francophones tout en appuyant des programmes et des institutions provinciales instaurés depuis la création du secrétariat il y a 35 ans.

Rien n'est exclu lors des rencontres annuelles exigées dans le cadre législatif et les intervenants seront libres de discuter de ce qu'ils jugent pertinent pour l'épanouissement de la francophonie manitobaine. Pour l'analyste politique Roger Turenne, il est plutôt réducteur de parler d'une loi sur les services en français.

La loi manitobaine parle d'aller au-delà des services et elle présente ça non pas comme une tâche administrative onéreuse mais comme un bienfait pour la province.

Roger Turenne, analyste politique

Le ministre aura le mandat d'agir à titre de défenseur pour s'assurer que les programmes et les politiques soient bel et bien mis en place pour la communauté francophone.

Mieux évaluer les besoins

Pour Dominique Arbez, professeure à l'Université de Saint-Boniface spécialisée en petite enfance, la loi permettra de mieux évaluer l'ampleur des besoins dans les centres de la petite enfance et de la famille (CPEF) afin d'être en mesure de planifier à plus long terme.

« Il est impossible d'évaluer avec justesse les besoins dans les services à la petite enfance même si nous savons qu'il y a une pénurie pour les francophones au Manitoba. En ce moment, nous n'avons pas les moyens de la mesurer et avec cette loi on sera en mesure de le faire ».

L'importance d'utiliser les services

La présidente de la Société franco-manitobaine et historienne Jacqueline Blay croit que la communauté a aussi un rôle à jouer pour permettre à cette loi d'atteindre son plein potentiel.

Elle rappelle l'importance d'utiliser les services en français, plus spécialement pour les jeunes générations. « Si vous téléphonez au gouvernement ou si vous demandez un service et que vous voyez que vous devez attendre 30 minutes, 40 minutes pour avoir quelqu'un qui parle français, ne vous découragez pas, ne raccrochez pas! Allez simplement prendre votre place et demandez un service en français ou exigez d'avoir quelqu'un qui parle français », implore Jacqueline Blay, présidente de la Société franco-manitobaine et historienne.

Le français à l'extérieur du cadre scolaire

Les jeunes ont besoin de voir le français à l'extérieur du cadre scolaire et sa présence à l'extérieur des murs de l'école valorisera la langue, croit Bernard Lesage, président de la division scolaire franco-manitobaine.

Lorsque pour la jeunesse on voit que les services en français sont disponibles, ça valorise la langue française, ils voient que ça ne se passe pas seulement dans les classes et pas seulement au sein de l'école, mais qu'on voit cette langue vivante aussi à l'extérieur.

Bernard Lesage, président de la division scolaire franco-manitobaine

Un rapport chaque année

Des mécanismes formels permettront également d'assurer de rendre public le rapport soumis chaque année par le ministre. Ce document permettra à tous de constater les progrès effectués dans les différents dossiers et d'expliquer les mesures prises pour améliorer les services en français durant l'année.

Le ministre devra également présenter un plan d'action pour l'année à venir. La Société franco-manitobaine (SFM) inscrite dans le cadre législatif pourra également demander des comptes lorsque des dossiers stagnent ou régressent.

Pas de poste de commissaire

Le poste de commissaire à la langue française est absent de la loi sur l'appui à l'épanouissement de la francophonie manitobaine, mais son ajout serait superflu parce que le poste de directeur général remplit déjà ses responsabilités, croit l'analyste politique Roger Turenne.

Je ne vois pas comment on pourrait en demander plus au directeur général. Si on avait un commissaire en plus, cet individu n'aurait franchement rien à faire.

Roger Turenne, analyste politique

Le commissaire aux langues officielles de l'Ontario, l'avocat François Boileau, souligne que des éléments manquants de la loi ontarienne sont présents dans la loi manitobaine et que le texte de loi est très clair.

Le Conseil consultatif des affaires francophones jouera un rôle bien défini et c'est définitivement un élément manquant dans la loi que nous avons en Ontario.

Me François Boileau, commissaire aux langues officielles de l'Ontario

Le Conseil consultatif se réunira au moins deux fois par année et ses membres seront nommés pour un mandat maximal de trois ans.

Son mandat sera de fournir au ministre des conseils et des recommandations sur les mesures visant à favoriser l'épanouissement de la francophonie manitobaine et à appuyer son développement.

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