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Des députés français veulent créer une agence antiterrorisme

Le drapeau français accompagnant les patrouilles de police devant l'hypermarché cacher où un attentat avait fait cinq morts, y compris le tireur, le 9 janvier 2015.

Photo : Yves Herman / Reuters

Associated Press

Des failles importantes du renseignement ont précédé les attentats terroristes qui ont fait un total de 147 morts à Paris l'an dernier, constate une enquête menée par des parlementaires français. Les députés recommandent maintenant la création d'une agence antiterrorisme, semblable à celle qui existe aux États-Unis, afin de mieux prévenir d'autres actes de violence.

« Tous les terroristes qui ont participé aux attentats de 2015 - contre les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une épicerie cacher, le stade national, des cafés parisiens et la salle de spectacles Le Bataclan - étaient connus des autorités », a dit le président de la commission d'enquête, le député républicain Georges Fenech.

Certains de ces terroristes avaient déjà été condamnés ou étaient en liberté surveillée, en France ou en Belgique, au moment des attaques.

L'attaque du Bataclan aurait pu être évitée, n'eût été de ces failles.

Georges Fenech

Les responsables du renseignement interrogés pendant l'enquête ont admis leurs erreurs, selon M. Fenech. Il a montré du doigt un appareil du renseignement lourd, aux couches multiples, et dit que la France lutte contre le terrorisme chaussée de « bottes de plomb ».

L'exemple américain

Georges Fenech, député Les RépublicainsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Georges Fenech, député Les Républicains

Photo : Robert Pratta / Reuters

M. Fenech et le parlementaire qui a présenté le rapport, le socialiste Sébastien Pietrasanta, recommandent la création d'une agence antiterroriste nationale comme celle qui a vu le jour aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 - une des 40 recommandations formulées par leur rapport.

La commission a visité le National Counteterrorism Center des États-Unis (NCTC) et croit que la France a besoin d'une agence similaire. M. Fenech a ajouté que la France a besoin d'une agence comparable au MI5 britannique.

Le NCTC américain a 1500 agents. Notre coordonnateur sous le président [français] dispose de 8 agents.

Georges Fenech

Les autres propositions incluent une aide plus efficace aux victimes, un meilleur partage des données du renseignement et une interdiction à ceux qui ont été reconnus coupables de terrorisme d'obtenir une réduction de leur peine.

Projet critiqué

Les détracteurs se sont rapidement fait entendre, notamment un porte-parole des victimes, Stéphane Gicquel.

« Nous ne voyons pas comment ces propositions pourraient être mises en pratique, qui décidera, dans quels délais », a-t-il dit après la conférence de presse pendant laquelle le rapport a été dévoilé. Il a dit craindre qu'il ne s'agisse que « de voeux pieux alors qu'aujourd'hui nous avons besoin d'un plan d'action très clair ».

M. Pietrasanta a fait remarquer que l'attaque qui a fait 49 morts à Orlando illustre qu'il est impossible de réduire le risque à « zéro », et que la France continuera à être menacée même si elle réforme complètement son appareil du renseignement.

Sécurité européenne

Le rapport parlementaire découle de six mois de rencontres avec près de 200 personnes et de déplacements en Turquie, en Grèce, en Belgique et au quartier général de l'agence policière européenne Europol à La Haye. Il vise à faire la lumière sur ce qui s'est produit avant, pendant et après les attaques de janvier, qui ont fait 17 morts, et celles de novembre, qui ont coûté la vie à 130 personnes.

L'enquête a aussi mis en lumière des problèmes à l'échelle européenne, notamment au chapitre de la coordination et des communications.

« L'Europe n'est pas à la hauteur de la tâche » quand vient le temps de lutter contre le terrorisme, selon M. Pietrasanta.

Les parlementaires ont enfin dénoncé l'inefficacité des mesures de sécurité mises en place après les attaques, et ils reprochent à la Belgique d'avoir tardé à arrêter le fugitif Salah Abdeslam.

International