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Le myriophylle à épi : toujours une menace en Estrie

Le Myriophylle à épi est une plante submergée qui croît dans les herbiers aquatiques.

Le Myriophylle à épi est une plante submergée qui croît dans les herbiers aquatiques.

Photo : Richard Carignan, Université de Montréal

Radio-Canada

Le beau temps ramène les baigneurs dans les plans d'eau du Québec, mais également un invité non désiré : le myriophylle à épi.

Cette plante envahissante exotique se propage à vue d'œil depuis quelques années dans plusieurs lacs du Québec et l'Estrie n'est pas épargnée.

Le lac Lovering, à Magog est notamment touché et les citoyens ont même pris différentes mesures pour tenter de contrer sa propagation. Des initiatives ont également été implantées au lac O'Malley, d'Austin.

Les plantes envahissantes sont présentes dans presque tous les plans d'eau du Québec, affirme Julie Grenier, coordonnatrice de projets au conseil de la gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François, mais difficile de tirer un portrait clair de la situation.

Il n'y a aucun registre des apparitions de plantes envahissantes au Québec. Il y a un programme de sentinelles mis sur pied par le ministère de l'Environnement qui, sur une base volontaire, recueille les informations des riverains. Mais c'est difficile d'avoir un état général.

Julie Grenier, coordonnatrice de projets au conseil de la gouvernance de l'eau des bassins verssants de la rivière Saint-François
Julie Grenier, coordonnatrice de projets au conseil de la gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-FrançoisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie Grenier, coordonnatrice de projets au conseil de la gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François

Photo : COGESAF

Le myriophylle est toutefois facile à détecter, car il s'agit d'une plante « très performante », souligne Mme Grenier, qui s'installe rapidement dans les plans d'eau.

« Les gens sont alertes [mais] cela limite beaucoup les usages. Les gens n'ont pas nécessairement le goût d'aller se baigner dans un lac couvert de plantes. »

Mme Grenier estime que les citoyens doivent continuer d'être vigilants et de rapporter les plantes envahissantes pour tenter de garder les plans d'eau en santé.

« Les algues bleu vert, les cyanobactéries, elles ont suscité l'intérêt il y a quelques années et là, c'est moins présent parce que les gens ont été désensibilisés. Mais c'est tout de même une problématique encore très présente dans nos plans d'eau. »

Les gens, souvent, vont faire le lien lorsqu'ils ne pourront plus jouer dans leur plan d'eau ou voir la valeur de leur propriété descendre [...] c'est important de toujours les observer si on veut jouir longtemps de nos plans d'eau.

Julie Grenier

Plusieurs facteurs en cause

Mme Grenier explique que la dissémination du myriophylle se fait facilement à travers les cours d'eau qui sont interreliés entre eux. Comme elle se reproduit par bouturage, cela signifie qu'elle se répand et se multiplie quand elle est coupée par une hélice de bateau.

Des citoyens au lac Lovering de MagogAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des citoyens au lac Lovering de Magog

« Les changements climatiques et tout ça, on a maintenant des facteurs qui nous permettent de penser que les plantes qui avancent, qui se retrouvaient au Sud, migrent vers le haut à cause de l'eau qui est plus chaude. »

De nombreux programmes ont été mis sur pied pour limiter la pollution des cours d'eau, ce qui a grandement aidé à l'amélioration de la situation, souligne Mme Grenier, mais l'urbanisation a entraîné d'autres problèmes.

« Les nutriments arrivent par les eaux usées, les fosses septiques, les zones agricoles, les zones urbaines. Ces nutriments, c'est la nourriture de base de ces plantes. »

Un site a été mis sur pied par le gouvernement du Québec (Nouvelle fenêtre) pour permettre de rapporter les observations de plantes envahissantes.

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