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Bientôt des bateaux-taxis pour relier l'Est au Vieux-Montréal

Explorateur, le bateau de l'entreprise Navark, le type de bateau à utiliser selon l'étude
Explorateur, le bateau de l'entreprise Navark, le type de bateau à utiliser selon l'étude Photo: Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

EXCLUSIF - Un service de navette fluviale entre Pointe-aux-Trembles, dans l'est de l'île, et le Vieux-Montréal devrait être offert dès l'été prochain. La Ville de Montréal annoncera prochainement ce projet pilote environ un an après avoir commandé une étude à la Société de transport de Montréal (STM) pour en évaluer la faisabilité.

Un texte de Jean-Sébastien CloutierTwitterCourriel

Cette étude, dont nous avons obtenu copie, soutient qu'une telle navette serait suffisamment populaire pour que le projet puisse se concrétiser, car elle pourrait relier Pointe-aux-Trembles au centre-ville en 18 minutes. Tout en précisant qu'il est impossible de garantir qu'automobilistes ou utilisateurs d'autobus vont réellement modifier leur comportement, le document avance qu'entre 200 et 1000 déplacements quotidiens pourraient plutôt se faire avec cette navette.

Ces chiffres, basés sur l'hypothèse d'un même tarif pour la navette fluviale que pour les autobus, sont même assez conservateurs, selon Chantal Rouleau, responsable des infrastructures de l'eau à Montréal. Mairesse de l'arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, elle rêve depuis longtemps de cette navette fluviale.

Montréal est une île, on a un fleuve qui sert pour le transport des marchandises, pourquoi ne pas l'utiliser pour le transport des personnes?

Chantal Rouleau

Les données montrent, selon elle, que le projet de navette fluviale est réaliste.

Du Vieux-Pointe-aux-Trembles... au Vieux-Montréal

Les environs du quai McGill, où pourrait se trouver le débarcadère dans le Vieux-Montréal.Les environs du quai McGill, où pourrait se trouver le débarcadère dans le Vieux-Montréal. Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Selon l'étude, l'endroit le plus pratique et le moins cher pour un embarquement serait situé dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, notamment parce qu'il y a plusieurs options de stationnement à proximité.

Du côté de Montréal, on suggère un débarquement au quai McGill, à l'extrémité de la rue McGill dans le Vieux-Montréal. Le lieu a l'avantage d'être près des bureaux et commerces, tout en offrant un accès assez facile aux autobus, au métro et aux stations Bixi.

Est-ce qu'il y a intérêt, est-ce qu'il y a adhésion? On calcule que oui [...] Et à partir de ça, on va aller un petit peu plus loin dans nos analyses pour réaliser ce projet pilote, puis on espère que les gens apprécieront.

Chantal Rouleau

L'étude de la STM propose déjà le meilleur choix de bateau pour offrir ce service. L'exemple retenu est celui de l'Explorateur, une navette actuellement utilisée pour des déplacements récréotouristiques entre Pointe-aux-Trembles, Repentigny et Varennes.

Bateau Explorateur de l'entreprise Croisières Navark

  • Capacité : 50 passagers
  • Vitesse : 30 noeuds (55 km/h)
  • Temps de parcours Pointe-aux-Trembles-Vieux-Montréal : 18 minutes

« Évidemment que 18 minutes comparé à une heure, une heure et quart, c'est assez appréciable », précise Chantal Rouleau, qui connaît bien les embouteillages entre le sud-est de l'île et le centre-ville. Sans compter l'expérience unique et moins stressante que serait pour plusieurs de prendre un bateau pour aller travailler plutôt que de se trouver dans la circulation.

Le président de Croisières Navark, Normand Noël, n'a pas encore d'entente avec la Ville, mais il croit qu'une navette fluviale serait un succès pour le transport en commun. L'Explorateur et un autre de ses bateaux pourraient être utilisés dans le cadre du projet pilote.

« Ils sont quand même assez confortables, ça demeure pratiquement plus spacieux qu'un autobus parce qu'il y a des places assises pour tous. On peut évidemment accueillir les vélos aussi à bord », explique-t-il. Ces bateaux sont également chauffés. Selon lui, le service pourrait être offert neuf mois par année.

De la mi-mars jusqu'à la mi-décembre, pour nous, on ne voit pas d'inconvénient [...] on n'a plus de glaces vraiment qui descendent, on n'utilise pas le système des écluses, donc, c'est un trajet qui est direct, il n'y a pas d'obstacles.

Normand Noël, président, Croisières Navark

Construire d'autres bateaux du genre pour répondre à la demande coûterait 750 000 $ par navire. Toutefois, l'étude de la STM n'a pas abordé la question des coûts, qu'ils soient associés au projet pilote ou à un éventuel service continu. Tout ça fera partie des analyses qui restent à faire.

La Ville de Montréal devrait annoncer ce projet pilote d'ici la fin de l'été.

Société