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Fort McMurray : les pompiers hantés par la culpabilité

Des pompiers combattant l'énorme feu de forêt qui a ravagé la ville de Fort McMurray en Alberta en mai 2016.

Des pompiers combattant l'énorme feu de forêt qui a ravagé la ville de Fort McMurray en Alberta en mai 2016.

Photo : Lucas Welsh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les pompiers qui ont lutté contre l'immense feu de forêt surnommé « la bête » qui a ravagé la région de Fort McMurray, en Alberta, combattent désormais des démons intérieurs.

Le chef régional du service d'incendie de Wood Buffalo, Darby Allen, qui a dirigé les opérations pour maîtriser le feu, affirme que les répercussions psychologiques sont intenses pour les équipes qui ont lutté jour et nuit contre les flammes qui ont dévasté la ville dans le nord-est de l'Alberta en mai dernier.

« Ils ont subi un des événements les plus significatifs que peuvent vivre les pompiers », a souligné M. Allen lors d'une récente entrevue à une caserne du centre-ville de Fort McMurray.

Même si du soutien psychologique est actuellement offert aux personnes touchées par la catastrophe, M. Allen a déclaré que de l'aide doit être offerte à long terme.

« On n'aurait pas pu en faire plus »

Le chef du service d'incendie de la municipalité régionale de Wood Buffalo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef du service d'incendie de la municipalité régionale de Wood Buffalo.

Photo : CBC

Environ 10 % de la ville de Fort McMurray a été détruite dans le feu et 2400 bâtiments ont été laissés en ruines. Les quartiers d'Abasand, de Beacon Hill et de Waterways ont été les plus durement touchés.

« La vérité, c'est qu'on n'aurait pas pu en faire plus. Mon travail est de rassurer les pompiers qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient faire. Il a fallu d'incroyables efforts pour sauver autant de propriétés que nous l'avons fait », a affirmé M. Allen.

Il a expliqué que même si les pompiers ont tout fait pour combattre les flammes, ils ressentent encore beaucoup de culpabilité au sujet des zones qui ont dû être abandonnées pour des raisons de sécurité.

Selon M. Allen, la décision de retirer les équipes était une question de vie ou de mort dans certaines situations.

« On a dû rappeler les pompiers à quelques endroits parce qu'ils n'allaient pas survivre s'ils restaient là », a-t-il dit.

Feu de forêt à Fort McMurray

Une période difficile pour les résidents

La mairesse de Fort McMurray, Melissa Blake, a mentionné que de manière générale, la population de la ville traverse une période difficile sur le plan émotif.

Elle a expliqué qu'il y a eu d'emblée « un peu comme une lune de miel » en raison du soutien extraordinaire qui a afflué de partout en Alberta, du Canada et de l'étranger.

« Toutefois, la prochaine étape, c'est celle où l'on revient dans notre communauté et que l'on constate l'ampleur des pertes et de la destruction, où l'on traverse la vallée de la mort, où l'on sombre dans le désespoir, la dépression et l'insomnie », a-t-elle déclaré.

Près de 13 000 séances de consultation psychologique ont été assurées entre le 10 mai et le 28 juin, d'après la porte-parole des services de santé de l'Alberta, Kerry Williamson.

Avec les informations de La Presse canadienne

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