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Sans majorité, Malcolm Turnbull estime être en mesure de gouverner l'Australie

Malcolm Turnbull
Malcolm Turnbull Photo: David Gray/Reuters
Reuters

Les marchandages politiques ont commencé dimanche en Australie pour tenter de sortir de l'impasse après les premiers résultats des élections parlementaires anticipées de samedi qui n'ont pas permis de donner la majorité absolue ni à la droite sortante ni à l'opposition travailliste.

Le premier ministre sortant et chef du Parti libéral, Malcolm Turnbull, qui gouverne avec le soutien du Parti national, a provoqué ces élections après avoir dissous en mai les deux chambres du Parlement, dans l'espoir d'obtenir une majorité stable et les coudées franches pour mettre en oeuvre son programme de réformes économiques.

L'Australie a connu quatre premiers ministres en trois ans.

Après dépouillement d'environ deux tiers des bulletins de vote, la coalition libérale-nationale du premier ministre devrait obtenir 67 députés à la Chambre des représentants et le Labour 71, tandis que cinq sièges iraient aux indépendants et aux Verts. Sept sièges restent à pourvoir.

S'ils veulent gouverner, la Coalition libérale-nationale ou le Parti travailliste ont besoin de 76 sièges sur les 150 que compte la Chambre des représentants.

Ils vont donc devoir regarder du côté des petits partis ou des élus indépendants.

Dimanche, Malcolm Turnbull a dit s'estimer en mesure de rester au pouvoir pour un nouveau mandat de trois ans. Il a dit avoir déjà communiqué avec les petits partis.

« Nous cherchons toujours à travailler de façon constructive avec tous les membres du Parlement comme nous avons, de fait, cherché à le faire par le passé », a déclaré Malcolm Turnbull.

Bill Shorten, le chef du Parti travailliste, a pour sa part déclaré que les Australiens avaient rejeté sans équivoque les réformes économiques voulues par le premier ministre, comme la baisse des dépenses de santé conjuguée à une baisse de 50 milliards de dollars de l'impôt sur les sociétés sur dix ans.

Bill Shorten, le chef du Parti travailliste australienBill Shorten, le chef du Parti travailliste australien Photo : Jason Reed/Reuters

« Clairement un perdant », scande l'opposition

« Ce dont je suis particulièrement sûr est que, si nous ne savons pas qui est le gagnant, il y a clairement un perdant : le programme de Malcolm Turnbull pour l'Australie et ses efforts pour réduire les dépenses sociales », a déclaré Bill Shorten.

Les opérations de dépouillement du scrutin de samedi pourraient prendre une semaine, voire plus.

Parmi les indépendants, la formation Nick Xenophon Team du sénateur centriste Nick Xenophon a obtenu un siège à la Chambre et est en passe d'en obtenir quelques-uns au Sénat.

« Nous devons travailler en coopération pour le bien de la nation », a déclaré Nick Xenophon, qui a fait savoir qu'il voulait bloquer la baisse de 50 milliards de dollars australiens de l'impôt sur les sociétés.

Avec l'incertitude postélectorale, la question de la capacité de Malcolm Turnbull et Bill Shorten à se maintenir à la tête de leurs partis est également posée.

La pression est particulièrement forte sur Malcolm Turnbull, qui a évincé son prédécesseur à la tête du Parti libéral et précédent premier ministre Tony Abbott, en septembre 2015, sur une promesse de stabilité.

Malcolm Turnbull figure parmi les dirigeants politiques australiens ayant eu un des taux d'approbation les plus élevés après son arrivée au pouvoir en septembre dernier, puis sa popularité a baissé quand il est apparu qu'il s'arc-boutait sur ses valeurs de droite à propos de questions comme le changement climatique et le mariage entre personnes de même sexe, sous la pression de l'aile la plus conservatrice de son parti.

Dans ce contexte d'incertitude, certains observateurs estiment que l'Australie pourrait perdre la note AAA de sa dette souveraine. Seuls dix pays au monde sont notés triple A par les trois grandes agences de notation financière.

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