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Deuil national après la prise d'otages meurtrière du Bangladesh

Un homme place une affiche à la mémoire des victimes du Bangladesh; en Inde, comme ailleurs en Asie, l'attaque de l'EI dans un café de Dacca a suscité un mouvement de solidarité.

Photo : Rupak De Chowdhuri/Reuters

Radio-Canada

Le Bangladesh a entamé ce dimanche un deuil national de deux jours, à la mémoire des 20 personnes tuées par un commando lors d'une prise d'otages dans un restaurant de la capitale Dacca.

Plusieurs hommes armés se sont présentés au restaurant Holey Artisan, un endroit très fréquenté par les touristes, vendredi vers 21 h, heure locale, prenant une trentaine de personnes en otage.

Bien que le groupe armé État islamique ait revendiqué l'attaque, le ministre de l'Intérieur du Bangladesh, Asaduzzaman Khan, affirme que les assaillants étaient plutôt affiliés à un groupe islamiste local, appelé Jamayetul Mujahideen.

Cette organisation djihadiste est pourtant interdite depuis une dizaine d'années au pays. Selon le ministre Khan, « ils n'ont donc aucun lien avec l'EI ». Le gouvernement nie d'ailleurs catégoriquement que des groupes djihadistes d'envergure internationale soient actifs au Bangladesh, ce qui est cependant contesté par plusieurs observateurs.

Être djihadiste, « à la mode »

Le nom de six assaillants bangladais tués dans l'assaut a été dévoilé. La police a également indiqué que cinq d'entre eux, fichés comme « activistes », étaient recherchés. Ils provenaient de milieux aisés et avaient fait de longues études. « Il s'agit de jeunes hommes très instruits qui ont fréquenté l'université », et non une « école coranique », a précisé le ministre. S'ils se qualifient de djihadistes, c'est parce que « c'est à la mode », selon lui.

Un septième assaillant, arrêté après l'attaque, est présentement interrogé par les services de renseignement afin de découvrir les motifs derrière la prise d'otages du restaurant prisé par des ressortissants étrangers.

Armés de fusils d'assaut et de grenades, ils ont échangé des tirs sporadiques avec la police à l'extérieur, quelques heures après le début de l'attaque. Deux policiers bangladais ont été abattus au cours de cette première intervention.

Les assaillants ont séquestré les occupants du restaurant pendant 12 heures avant que des militaires ne donnent l'assaut final. Quatre pistolets, un fusil d'assaut semi-automatique AK-22, quatre engins explosifs et plusieurs armes blanches ont été retrouvés sur les lieux.

Le général Naim Asraf Chowdhurya a indiqué que 13 otages avaient pu être libérés à la suite d'une intervention des forces armées bangladaises.

Forcés de réciter le Coran

Cette femme attend de revoir son fils et sa belle-fille, secourus par les autorités alors qu'ils se trouvaient à l'intérieur du restaurant lors de la prise d'otages à Dacca.

Cette femme attend de revoir son fils et sa belle-fille, secourus par les autorités alors qu'ils se trouvaient à l'intérieur du restaurant lors de la prise d'otages à Dacca.

Photo : AP

Selon un témoin, les assaillants auraient obligé leurs otages à réciter des versets du Coran sous peine d'être punis. Rezaul Karim, le père d'un des survivants de la prise d'otages, affirme que les attaquants cherchaient à « distinguer les vrais musulmans des faux ».

« Ceux qui étaient en mesure de réciter correctement les versets du Coran étaient épargnés et se faisaient offrir des repas. Les autres étaient torturés », a-t-il expliqué. Rezaul Karim et son fils Hasnat sont présentement interrogés par la police bangladaise dans le cadre de l'enquête.

Des ressortissants étrangers parmi les victimes

La police du Bangladesh patrouille dans le quartier de Dacca, très fréquenté par des ressortissants étrangers, où a été donné l'assaut pour mettre fin à une prise d'otages dans un restaurant la veille.

La police du Bangladesh patrouille dans le quartier de Dacca, très fréquenté par des ressortissants étrangers, où a été donné l'assaut pour mettre fin à une prise d'otages dans un restaurant la veille.

Photo : A.M. Ahad/AP

Les autorités bangladaises ont indiqué plus tôt samedi que la nationalité des victimes ne serait pas annoncée publiquement avant quelques heures, mais le ministère italien des Affaires étrangères les a devancées en annonçant qu'au moins neuf Italiens avaient perdu la vie au cours de la prise d'otages.

Selon des sources proches du dossier, la plupart des victimes seraient des ressortissants étrangers, principalement d'origine italienne ou japonaise. Les autorités américaines ont pour leur part indiqué qu'un citoyen américain faisait également partie des victimes.

État islamique, le règne de la terreur

Des attaques de plus en plus fréquentes

Les attaques attribuées à des groupes islamistes sont de plus en plus fréquentes au Bangladesh. Elles visent généralement les personnes athées et les personnes d'autres confessions religieuses que l'islam, dans ce pays à majorité musulmane. Alors que la majorité des attaques sont généralement désorganisées et conduites à la machette, celle de samedi semblait plus structurée et plus élaborée, selon des personnes interrogées. 

Les islamistes ont tué deux étrangers l'an dernier, ce qui a conduit plusieurs sociétés occidentales ayant des intérêts dans le secteur textile bangladais à cesser temporairement leurs visites à Dacca.

L'EI et Al-Qaïda ont chacun revendiqué des attaques au Bangladesh. Mais le gouvernement dément l'implication de groupes étrangers et montre du doigt deux groupes armés locaux, Ansar al-Islam et Jamayetul Mujahideen.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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