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Les personnes transgenres pourront servir dans l'armée américaine

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, lors de l'annonce sur les personnes transgenres dans l'armée, le 30 juin 2016.

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, lors de l'annonce sur les personnes transgenres dans l'armée, le 30 juin 2016.

Photo : Getty Images / Allison Shelley

Radio-Canada

Dans une décision historique, le Pentagone a levé jeudi l'interdiction pour les personnes ouvertement transgenres de s'engager dans l'armée américaine.

Cette décision, présentée comme une mesure d'égalité, fait suite à celle, prise en 2011, d'autoriser les homosexuels et les lesbiennes déclarés à porter l'uniforme.

« Nous mettons fin aux pratiques qui pourraient conduire des personnes transgenres à être traitées différemment des autres sur la seule base de leur identité sexuelle et non de leur aptitude au combat », a dit le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter.

C'est la bonne chose à faire pour notre peuple et pour notre armée.

Ashton Carter, secrétaire américain à la Défense

Le secrétaire Carter a annoncé que les personnes transgenres qui serviront dans l'armée pourront recevoir les soins médicaux appropriés du système de santé militaire.

Ashton Carter a cité Boeing et Ford en exemple, en expliquant que plus du tiers des 500 plus grosses entreprises américaines offraient une assurance maladie couvrant les personnes transgenres.

L'administration américaine se donne un an pour s'ajuster à ces nouvelles mesures et recruter des personnes ayant changé de sexe.

Ashton Carter soutient toutefois que, dès le 1er octobre 2016, les militaires déjà engagés qui ont besoin de traitements pour changer de sexe pourront les obtenir des services de santé militaires.

L'administration américaine affirme que les coûts seront minimes pour l'armée, puisque la décision concerne relativement peu de personnes.

Une étude menée par la Rand Corporation estime qu'il y aurait entre 2500 et 7000 personnes transgenres sur 1,3 million de soldats, mais la Human Rights Campain, une importante association qui défend les personnes transgenres, évalue plutôt leur nombre à 15 500 dans les rangs de l'armée.

Les républicains critiquent la décision

La levée de cette interdiction, qui a notamment été décrétée pour favoriser le recrutement militaire, soulève l'ire de plusieurs républicains qui s'attaquent ouvertement à la reconnaissance des personnes transgenres.

La Caroline du Nord a adopté à la fin de mars un texte qui impose l'utilisation des toilettes publiques selon le sexe biologique de naissance.

Onze États ont aussi attaqué les directives de l'administration Obama visant à protéger les personnes transgenres contre la discrimination, qui demandent aux écoles de laisser les élèves utiliser les toilettes de leur choix.

Le président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, Mac Thornberry, accuse le Pentagone et le président Barack Obama de « donner la priorité à la politique politicienne ».

Il soutient que la sécurité nationale du pays dépend de troupes « médicalement prêtes et déployables » et que l'administration n'a pas prouvé au Congrès que les personnes transgenres rempliraient ces conditions.

Interrogé sur l'absence du chef d'état-major des armées lors de l'annonce, Ashton Carter a confirmé que les chefs militaires soutenaient le calendrier fixé pour le recrutement des personnes transgenres.

Le secrétaire à la Défense a assuré que les demandes des chefs militaires avaient été prises en compte, notamment sur la formation des troupes, et que c'est pour cette raison que le recrutement ne commencera que l'an prochain. Le Pentagone travaille sur cette question depuis plus d'un an.

Au moins 18 pays permettent aux personnes transgenres de servir dans l'armée, selon Ashton Carter. Le Royaume-Uni, Israël et l'Australie en font partie.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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